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Les croisiéristes franco-ontariens toujours dans l’inconnu

Temps de lecture : 3 minutes

Désormais confinés à bord du navire le Rotterdam, les deux couples franco-ontariens, partis en croisière en Amérique du Sud début mars avant la pandémie, attendent toujours de savoir où ils pourront enfin accoster pour rejoindre le Canada.

« Nous avons passé le canal de Panama la nuit dernière. On nous avait demandé d’éteindre toutes les lumières et de tirer les rideaux, car il ne fallait pas qu’on nous voie. Quand on s’est réveillé ce matin, on était dans la mer des Caraïbes », explique Denise Lemire.

Avec son mari, Gilles Laporte, le couple franco-ontarien d’Ottawa est désormais dans une cabine, avec balcon, à bord du Rotterdam, à hauteur de l’île de San Andres, au large de la côte du Nicaragua.

« On a reçu un coup de téléphone nous indiquant qu’on allait recevoir une enveloppe pour notre transfert. Puis, le samedi matin, un officier médical est venu vérifier notre état de santé et plusieurs heures après, on a quitté le Zaandam à bord des navettes d’urgence », raconte Mme Lemire.

Les Franco-Ontariens Denise Lemire et Gilles Laporte. Gracieuseté

Sur les 1 243 passagers à bord du Zaandam, près de 800 d’entre eux, en bonne santé, ont ainsi été relocalisés sur le Rotterdam. C’est également le cas de Lucie et Michel Cayouette qui ont toutefois été moins chanceux puisqu’ils sont confinés dans une cabine dont la fenêtre ne s’ouvre pas.

« Il fait chaud et on n’a aucune promesse de pouvoir sortir se promener rapidement. Ce n’est pas plaisant, mais comme l’a dit le capitaine, nous ne sommes plus sur un bateau de croisière, mais dans une situation d’aide humanitaire. On tient le coup et on est content d’être sur ce bateau, car on s’y sent plus en sécurité », explique le couple d’Orléans.

Discussions avec la Floride

Vendredi, Holland America Line confirmait quatre décès à bord du Zaandam, auxquels s’ajoutaient deux cas de coronavirus et plusieurs personnes présentant des symptômes grippaux.

Le capitaine du Rotterdam ne donne aucune nouvelle aux passagers de ce qui se passe sur l’autre navire, qui les précède d’une courte distance. Désormais, la priorité est de trouver un endroit où les deux bateaux de croisière pourront enfin jeter l’ancre et où les 247 Canadiens à leurs bords pourront ensuite tenter de regagner le Canada.

« On se dirige toujours vers la Floride, mais on ne sait pas encore si on va pouvoir accoster », indique Mme Lemire.

Selon les dernières nouvelles, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, ne semble pas très ouvert à accueillir les deux embarcations. Les négociations se poursuivent en coulisses et Affaires mondiales Canada a pris contact avec les Canadiens à bord des deux navires, explique Mme Cayouette.

Lucie et Michel Cayouette. Gracieuseté

« On est dans la bonne direction ! », lance, optimiste, son mari.

Au jour le jour

Les deux couples continuent de garder le moral.

« On essaie de ne pas s’inquiéter. On regarde moins les nouvelles. C’est un peu long, mais on joue aux cartes, on lit, on regarde la télé… », témoigne Mme Cayouette.

Pas question pour eux de sombrer dans l’alarmisme.

« On a vu les gens aux nouvelles avec les affiches « Help me ! ». Ça nous énerve, car ça ne sert à rien. C’est sûr qu’on est un peu anxieux, mais on y va au jour le jour. Les journées passent assez vite », assure Mme Lemire qui garde le contact régulièrement avec sa famille et passe pas mal de temps sur Facebook à répondre aux commentaires. « On a des gens avec qui on n’avait pas parlé depuis 30 ans qui reprennent contact avec nous. C’est sympathique ! »

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