Passer au contenu Passer au pied de page

Les dés sont-ils jetés dans Acadie-Bathurst ?

Temps de lecture : 5 minutes

C’est le dernier droit pour les candidats de la circonscription d’Acadie-Bathurst. Pour cette circonscription francophone située dans le nord du Nouveau-Brunswick, la crise sanitaire, la francophonie, la relance économique ou encore le logement sont les points focaux lors de cette campagne électorale. Mais, est-ce que pour autant l’issue de cette élection est déjà toute faite ?

Selon le rapport sur la situation du logement locatif au Nouveau-Brunswick, on observe une augmentation des prix de loyers et une diminution des niveaux d’occupation au sein de la province.

« D’après cet examen, le Nouveau-Brunswick ne connaît pas de crise du logement à l’heure actuelle, car le système fonctionne pour une bonne partie de la population. Toutefois, une crise pourrait survenir si nous ne faisons pas attention. L’examen a également révélé que certains groupes de population sont actuellement vulnérables et que la province doit agir ».

Pour la candidate néo-démocrate Mélissa Hébert, le logement est un problème préoccupant au sein de la circonscription.

« Une chose que j’entends beaucoup, c’est le prix des logements. J’ai moi-même eu beaucoup de difficulté à trouver un appartement lorsque je suis revenue dans la région après mes études postsecondaires. La majorité des appartements était bien au-dessus de mon budget. C’est pourquoi nous voulons nous assurer non seulement d’un accès au logement abordable, mais aussi rendre la vie plus abordable pour tous », déclare-t-elle

Pour le candidat libéral Serge Cormier, même s’il est plus difficile d’avoir accès à un logement abordable, la région ne souffre pas forcément d’une crise du logement.

Le député libéral sortant, Serge Cormier. Gracieuseté

« Dans nos régions, on n’est pas forcément habitué à parler de logement abordable, parce que les gens [à Acadie-Bathurst en particulier] ont pratiquement déjà un logement. Cependant, on voit de plus en plus de personnes qui arrivent dans nos régions ou qui ont des difficultés de logement. Ce sont ces derniers qui ont besoin de logement abordable », explique-t-il.

Crédité de 52 % des intentions de vote par le site Qc125, loin devant le PCC et le NPD, M. Cormier ajoute que le gouvernement a mis en place plusieurs programmes afin d’aider cette partie de la population. Il garantit qu’en cas de réélection, il continuera à apporter son soutien à une meilleure accessibilité au logement pour tous.

« Au gouvernement, nous avons mis en place des programmes de plusieurs milliards de dollars, en vue d’aider nos communautés à avoir accès à des logements abordables (…) cela va nous aider non seulement à attirer plus de personnes mais aussi à combler notre besoin en main-d’œuvre », indique-t-il.

Une autre urgence sanitaire à gérer

En dehors de la pandémie de la COVID-19, le Nouveau-Brunswick est confronté à une toute nouvelle maladie qui affecte principalement la péninsule canadienne et plus particulièrement, la circonscription d’Acadie-Bathurst.

Depuis le mois d’avril, un nouveau syndrome neurologique a fait son apparition au sein de la province. Avec des symptômes similaires à la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie cérébrale rare et mortelle, selon une note de la santé publique obtenue par Radio-Canada le 5 mars, ce nouveau syndrôme est un enjeu sanitaire important pour la localité.

Pour Serge Cormier, lorsqu’il advient à la santé publique, il est important de mettre la politique de côté pour prioriser la santé et la sécurité de toute la population. « Dès le tout début, je me suis entretenu avec le premier ministre, le ministre de la Santé et nos collègues du Nouveau-Brunswick pour donner tous les outils nécessaires à la province. Nous collaborons avec eux, à travers certaines agences, afin d’identifier les causes de cette maladie », ajoute-t-il

De son côté, la candidate néo-démocrate déplore l’état de la situation et exhorte tout un chacun à suivre les recommandations médicales. « Il est tellement important de donner au système médical les ressources et le soutien nécessaires. Ce sont eux les experts et nous devons écouter leurs recommandations. Malheureusement, pour le moment, il n’y a pas beaucoup d’informations sur cette maladie », déclare Mme Hébert.

Les enjeux francophones toujours aussi présents

Pour la politologue Stéphanie Chouinard, le vote francophone n’est pas acquis pour les partis politiques dans la course fédérale. Selon elle, la modernisation de La loi sur les services en français, passant par l’investissement dans l’éducation postsecondaire en français ou encore les intérêts des fonctionnaires acadiens, seront des enjeux à défendre fermement si l’on souhaite obtenir la confiance des Acadiens et Acadiennes.

« Au contraire de la population anglophone, la population francophone en milieu minoritaire porte plus attention à ces enjeux-là », décrypte Mme Chouinard. « Par ailleurs, une forte proportion de la communauté acadienne occupe des postes au sein de la fonction publique fédérale. Cette dernière risque mettre de l’avant des attentes spécifiques lors de la campagne. »

Mélissa Hébert représente le camp néo-démocrate. Source : site du NPD

Du côté du Nouveau Parti démocratique, on mise sur l’art et la culture pour assurer la valorisation de la communauté francophone acadienne. « Je veux m’assurer que les francophones d’ici en Acadie-Bathurst, mais également partout ailleurs au Canada, ont une voix à Ottawa. Avoir un support fédéral pour les arts et culture est primordial. Inspiré par les efforts d’Yvon Godin, je veux continuer la tradition et défendre les intérêts des Acadiens et me battre afin d’avoir le meilleur support pour nos communautés », déclare Mélissa Hébert.

Pour le candidat libéral Serge Cormier, il est essentiel de miser sur l’écoute et le support avec la communauté francophone acadienne. « Je suis un député francophone et acadien de surcroît. Depuis le tout début de notre mandat, je pense que les francophones ont vu que le parti libéral voulait toujours les mettre au premier plan. Dire que le Parti libéral tient les francophones pour acquis est faux. Au contraire, on les écoute et on fait en sorte de remettre en place des programmes coupés par le gouvernement conservateur », réagit-il.

ONFR+ a tenté de rejoindre à plusieurs reprises le candidat du Parti conservateur mais sans succès. On peut tout de même retrouver les points défendus par le parti sur leur plateforme virtuelle Ensemble, nous agirons pour l’avenir du Canada.

Principaux candidats en lice :  Serge Cormier (Parti libéral du Canada) Jean-Paul Lanteigne (Parti conservateur du Canada)  Mélissa Hébert (Nouveau Parti démocratique) Rachel Johns (Parti vert du Canada)  Kenneth Edward Langford (Parti populaire du Canada)

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !