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Les Franco-Ontariens obtiennent les accents sur leurs permis de conduire

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Depuis des décennies, les Franco-Ontariens dont le nom comporte un signe phonétique en français doivent se résigner à le voir évacuer sur leurs documents officiels. Sous l’impulsion de la ministre Caroline Mulroney, les accents, trémas et cédilles feront soudainement leur apparition sur les permis de conduire, dès les prochains jours. Les autres cartes officielles de la province connaîtront le même sort, prochainement.

« Mettre les accents là où il le faut » : cette phrase de la célèbre chanson Notre place de Paul Demers prend dorénavant tout son sens en Ontario.

Anaïs, François et René ne le savent peut-être pas encore, mais le 25 septembre 2020 marquera un tournant dans leur vie de Franco-Ontarien. René Dubé ne se lira plus « Rene Dube » sur un permis de conduire ontarien. Les pressions soutenues des leaders franco-ontariens et une volonté politique inattendue permet au dossier de débloquer après des décennies de surplace.

À partir du lundi 28 septembre, pour la première fois de l’histoire, les Franco-Ontariens pourront demander gratuitement un permis de conduire affichant leur nom en caractères français. Ils pourront faire cette demande afin de remplacer leurs anciens documents sans les précieux caractères de la langue française.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a annoncé la nouvelle face au monument des Franco-Ontariens, devant Queen’s Park à Toronto. Elle l’a fait en portant son chapeau de ministre des Transports de la province.

« La communauté francophone de l’Ontario verra désormais son identité se refléter dans ces produits grâce à l’utilisation d’une orthographe et de caractères français appropriés. Cela démontre l’engagement continu de notre gouvernement à soutenir la francophonie ontarienne », a-t-elle soutenu.

Caroline Mulroney, ministre des Transports et de la Francophonie. Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Depuis son accession au conseil des ministres en juin 2018, les différents portefeuilles de la ministre Mulroney ont teinté ses annonces en francophonie. Alors qu’elle était Procureure générale de l’Ontario, Caroline Mulroney, a fait avancer le dossier de l’accès à la justice en français en finançant notamment un projet-pilote à Sudbury.

Petits accents, longue saga

Des dizaines d’articles, de chroniques et d’éditoriaux ont porté sur l’absence d’accents, de trémas et de cédilles sur les cartes gouvernementales dans la presse au cours des dernières décennies.

En 2019, Denis Gratton du journal Le Droit rappelait l’interminable attente des Franco-Ontariens dans ce dossier.

« Il y a 26 ans, le ministère de la Santé de l’Ontario affirmait qu’il poursuivait ses efforts pour trouver une solution à ce problème. Plus d’un quart de siècle plus tard… rien. Toujours rien », écrivait-il.

L’ancienne ministre libérale des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a déjà soutenu que l’ajout des caractères français était une opération technique complexe et coûteuse. Par le passé, elle a affirmé que la facture pour y arriver pourrait s’élever à 60 millions de dollars.

Vendredi, Caroline Mulroney a nié avoir dû prévoir une telle somme pour les changements annoncés. Les changements n’étaient pas relatifs aux équipements utilisés, mais plutôt informatique au niveau des logiciels, a-t-elle affirmé.

« Les modifications du système ont été effectuées dans les semaines qui ont précédé l’annonce d’aujourd’hui. Afin de permettre l’enregistrement des caractères français (accent français) sur les permis de conduire et les cartes-photos de l’Ontario, des modifications du système ont été nécessaires au coût d’environ 580 000 $ », a précisé le bureau de la ministre Mulroney.

En 2019, la députée néo-démocrate France Gélinas avait lancé une pétition pour forcer la main du gouvernement dans ce dossier. La question s’était aussi taillée une place dans le rapport 2019-2020 de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé.

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