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L’immigration francophone s’approche de la cible de 5 %

Temps de lecture : 3 minutes

Au terme d’une année marquée par des restrictions de voyages dues à la pandémie, l’immigration a chuté de moitié en Ontario. Malgré cette tendance, les nouveaux arrivants francophones sont restés nombreux, portant l’immigration francophone à 4,09 % pour 2020.

Il s’agit du meilleur chiffre enregistré depuis une dizaine d’années. Pour la première fois, la cible de 5 % d’immigration francophone fixée par le gouvernement en 2012 semble devenir une réalité.

Au total, 3 390 résidents permanents de langue française sont venus s’installer en Ontario en 2020, selon les chiffres d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le chiffre est certes en baisse par rapport aux 5 245 nouveaux arrivants de langue française comptabilisés en 2019, mais bien plus important en valeur relative. Un total de 82 650 immigrants ont choisi l’Ontario comme terre d’accueil en 2020, soit quasiment la moitié moins que l’année précédente (153 395).

Il s’agit d’une tendance à la hausse puisque les années 2018 et 2019 avaient vu l’immigration francophone représenter 2,15 %, puis 3,4 % des résidents permanents accueillis en Ontario.

Les chiffres sont d’autant plus encourageants que l’immigration francophone avait accusé un gros coup entre avril et juin, les trois mois succédant au déclenchement de la pandémie. Seulement 420 nouveaux résidents permanents d’expression française avaient été admis durant cette période.

Les chiffres ont ensuite augmenté pour le troisième trimestre (1 055 immigrants), et enfin pour la période d’octobre à décembre (675).

L’impact du programme Entrée express

Pour la titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa, Luisa Veronis, le fait de voir « les francophones moins affectés » par cette année creuse pour l’immigration prend directement sa source dans le programme Entrée express.

« Les responsables d’entreprises peuvent dorénavant choisir leurs candidats. Il se peut qu’ils aient eu besoin de francophones. Les employeurs peuvent influencer en sélectionnant, c’est une bonne chose. »

Une référence directe à l’initiative lancée en 2015 par le gouvernement fédéral pour accélérer les démarches d’immigration d’un nouvel arrivant francophone. En 2019, la moitié des résidents permanents francophones acceptés en dehors du Québec avaient utilisé ce programme. Pour 2020, ce taux approchait les 60 %.

« On voit très clairement une progression, et c’est prometteur, d’autant que les immigrations sous forme de parrainage sont stables, tandis que l’arrivée de réfugiés est en légère baisse. »

Le président de l’AFO, Carol Jolin. Archives ONFR+

Défenseur d’une immigration francophone forte pour contrer le déclin démographique des Franco-Ontariens, Carol Jolin se réjouit. Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) voit dans ces chiffres encourageants plusieurs causes.

« Des initiatives ont été mises sur pied, comme les communautés accueillantes [projet fédéral lancé en 2019 et visant des municipalités rurales hors Québec à développer des services d’accueil pour les immigrants francophones], le kiosque d’accueil à l’Aéroport Pearson, ou encore la publicité à l’international pour l’Université de l’Ontario français (UOF). »

Le responsable de l’organisme estime les Franco-Ontariens « sur la bonne voie », et aimerait « essayer d’aller à 6, 7, voire 8 % » d’immigration francophone.

« On a des chances de progresser, si on fait un lien avec le livre blanc sur les langues officielles dévoilé récemment par la ministre Mélanie Joly. On parle en effet dans ce document d’un corridor d’immigration francophone réservé au recrutement d’enseignants pour être capable de contrer la pénurie, mais aussi d’une politique d’immigration. »

Le bureau de Mulroney dit collaborer avec le fédéral

Du côté du bureau de la ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, les chiffres de l’immigration francophone pour 2020 sont bien accueillis.

« Notre gouvernement est résolu à favoriser l’immigration francophone et l’augmentation de 3,4 % en 2019 à 4,09 % en 2020 est une bonne nouvelle », laisse entendre la porte-parole de la ministre, Natasha Tremblay, dans un échange de courriels avec ONFR+.

« En raison de la fermeture des frontières liée à la COVID-19, l’Ontario a constaté une diminution du nombre d’immigrants admis en 2020. À partir du 27 octobre 2020, les candidats francophones et bilingues ont commencé à recevoir des points supplémentaires dans le système Entrée express, soit une augmentation de 15 à 25 points pour les candidats francophones et de 30 à 50 points pour les candidats bilingues. »

Et de conclure : « L’Ontario continue de proposer des mesures et des activités promotionnelles et à collaborer avec le gouvernement fédéral afin d’encourager et encadrer l’immigration francophone. Par exemple, en septembre 2020, nous avons annoncé que l’Ontario soutiendrait les enseignantes et les enseignants francophones formés à l’étranger par des cours de transition, en vue d’attirer plus d’enseignants de français langue seconde dans la province. »

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