L’Ontario dépose un projet de loi pour bloquer la grève en éducation

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce. Archives ONFR+

TORONTO – C’est ce lundi que le gouvernement Ford a déposé un projet de loi pour empêcher les travailleurs de soutien dans le milieu de l’éducation de faire la grève. Projet de loi ou non, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui représente le personnel d’entretien, les bibliothécaires et les éducateurs de la petite enfance, compte bien faire la grève dès le 4 novembre.

Pour Laura Walton, présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) et dans un acte de défi, «le SCFP et ses 55 000 membres se mettront en grève, quelle que soit la législation du gouvernement». Selon le gouvernement, les grévistes pourraient recevoir une amende allant jusqu’à 4 000 $ par jour et jusqu’à 500 000 $ par jour pour le syndicat.

Le gouvernement dit faire son possible pour garder les enfants en classe. Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce affirme avoir proposé une augmentation salariale de 10 % sur une période de quatre ans, une offre que le SCFP aurait refusée. Le ministère de l’Éducation propose une augmentation annuelle de 2,5 % pour les syndiqués qui gagnent moins de 43 000 $ par an et de 1,5 % pour les autres.

Laura Walton, habillée en Rosie la riveteuse, une icône symbolisant les femmes qui travaillent dans l’industrie. Dans le domaine de l’éducation, on compte 70% de femmes. Capture d’écran

Le gouvernement de l’Ontario a aussi inclus dans le projet de loi une clause nonobstant pour imposer un contrat aux travailleuses et travailleurs de l’éducation. Cette clause dérogatoire protégera le gouvernement contre des contestations judiciaires.

Lecce veut que  «les élèves restent en classe»

Pour Stephen Lecce, «les élèves sont enfin de retour en classe et ont commencé leur rattrapage, après deux années de perturbations causées par la pandémie».

 «Nous sommes déçus de voir que le SCFP refuse tout compromis concernant sa demande d’augmentation. Le SCFP a décidé de faire grève et de mettre son propre intérêt avant celui de près de deux millions d’élèves de l’Ontario qui méritent de rester en classe pour continuer leur apprentissage», a-t-il ajouté.

Le syndicat demande une augmentation annuelle de 11,7 % pour ses membres, dont le salaire moyen est actuellement inférieur à 40 000 dollars.

Cinq mois de négociations infructueuses

Les travailleurs de l’éducation tentent de négocier leur convention collective avec le gouvernement Ford depuis plusieurs mois, sans véritable succès, selon les organismes demandeurs, soit le CCSCSO et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Les 55 000 travailleurs de l’éducation sous l’égide du SCFP seraient payés en moyenne 40 000 $ par an.

Stephen Lecce demande que les travailleurs et travailleuses en éducation fassent preuve de bon sens. Il leur demande de ne pas faire grève ce 4 novembre et affirme que: «Si l’union continue avec la grève, alors, nous continuerons avec la législation.»

«On leur a donné une chance et ils ont préféré dire non.» Le ministre affirme n’avoir pas d’autres choix.

Cet article a été modifié le 1er novembre à 9h