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L’Ontario écarte le couvre-feu mais déclare l’état d’urgence

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – Pas de couvre-feu en Ontario. Le gouvernement Ford a décidé de ne pas emboîter le pas de son voisin québécois mais de déclarer l’état d’urgence, le deuxième depuis le début de la pandémie, et ordonne de rester chez soi. Effectif dès le 14 janvier, l’état d’urgence durera au moins 28 jours.

« Tout le monde doit rester à la maison pour sauver des vies », a lancé le premier ministre Doug Ford, ce mardi, en conférence de presse à Queen’s Park, décrivant un système de santé « au bord de la rupture et de l’effondrement ».

Pour lutter contre la propagation du virus et réduire les contacts en dehors du foyer familial, le gouvernement a émis un décret de maintien à domicile, exigeant que tout le monde reste à la maison, excepté pour des déplacements essentiels (épicerie, pharmacie, médecin) ou pour faire de l’exercice physique et des travaux essentiels.

Des écoles fermées jusqu’au 10 février

Les rassemblements publics sont interdits en intérieur et limités à cinq à l’extérieur. Les commerces non essentiels fermeront à 20 heures. Situation inchangée pour les bars et restaurants, limités au service à emporter et à la livraison.

Les entreprises doivent demander à tous leurs employés en mesure de le faire d’adopter le télétravail. Seuls les chantiers de construction « critiques » se poursuivront, notamment ceux liés à la santé, l’éducation ou encore les transports.

Les écoles en zone grise – dans les régions de Toronto, Peel, York, Windsor, Hamilton – ne reprendront pas les cours en présentiel avant le 10 février. Dans les autres régions, les écoles ouvertes devront veiller à ce que les élèves portent le masque, y compris de la 1re à la 3e année. Les services de garde pour les enfants non scolarisés resteront ouverts.

Il ne s’agit pas pour autant d’un couvre-feu. « Je ne suis pas en faveur d’un couvre-feu », a plaidé Doug Ford. « C’est trop rigoureux et j’ai foi en la population de l’Ontario. Prendre en chasse quelqu’un s’il ferme son garage le soir après 20h, je n’y ai jamais cru. » Le premier ministre a promis un renforcement des contrôles et des sanctions sévères aux contrevenants.

« Le gouvernement a perdu le contrôle », selon l’opposition

« Le gouvernement agit trop peu et trop lentement », critique la députée libérale Lucille Collard, partisane d’un couvre-feu qui aurait été à la hauteur de la situation. « Doug Ford répète le message Rester à la maison pour sauver des vies depuis le début, sans être capable de contrôler la situation. À un moment donné, il faut sévir d’une autre façon, d’autant que le rythme de la vaccination n’est pas à la hauteur. »

« Le gouvernement a perdu le contrôle », estime celle qui milite pour une aide plus volontariste envers les entreprises, les parents d’élèves et les plus fragiles de la population.

Le manque d’aide est aussi la principale pique d’Andrea Horwath, la cheffe de l’opposition : « Les jours de maladie payés devraient être le fer de lance dans la lutte contre la COVID19 », fustige la députée néo-démocrate. « Au lieu de cela, plus de gens vont souffrir et mourir à cause du refus de Doug Ford de dépenser l’argent pour assurer la sécurité des gens. »

Une deuxième vague plus meurtrière

Un peu plus tôt en matinée, la Dr Barbara Yaffe, médecin hygiéniste en chef adjointe, avait appelé à des mesures plus sévères pour éviter le pire : un débordement des hôpitaux et une hécatombe dans le système de soins de longue durée pire que celle de la première vague de COVID-19.

Alors que la moitié des unités sont déjà à pleine capacité, le nombre de patients en soins intensifs pourrait en effet grimper à 1000 en février, selon les dernières projections dévoilées, ce mardi, par les autorités de santé publique ontariennes. Un scénario jugé extrême, mais réaliste, notamment en raison de la propagation du nouveau variant, dont le taux de transmission pourrait passer de 56 à 74 %.

Les projections indiquent par ailleurs une montée en flèche des décès, particulièrement dans les foyers de soins de longue durée. Dans l’état actuel des choses, il faut s’attendre à une mortalité deux fois plus importante, soit une centaine de morts par jour d’ici la fin février.

Alors que les cas de COVID-19 ont doublé au cours des deux dernières semaines, la vaccination de masse ne devrait pas intervenir avant avril-mai. En attendant, les personnes plus vulnérables continuent d’être vaccinées en priorité.

Les hospitalisations aux soins intensifs ont progressé de 72,2 % en quatre semaines.
Une centaine de décès par jour d’ici fin février, anticipent les autorités de santé publique.
Plus de 2600 décès d’ici la mi-février, si l’Ontario n’inverse par la tendance.

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