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L’Ontario et la Wallonie nouent une alliance en francophonie

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – La province de l’Ontario et la Fédération Wallonie-Bruxelles – la collectivité francophone de Belgique – ont signé une déclaration commune internationale afin de promouvoir les échanges d’ordre culturel, éducatif et économique entre elles. C’est la première entente du genre pour l’Ontario.

Si cet accord n’engage encore aucune des deux parties sur un projet concret, il ouvre la voie, selon le ministère des Affaires francophones de l’Ontario, à « un élargissement éventuel de la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, du numérique, de la jeunesse et de la promotion de la langue française, ainsi que de la francophonie commune aux deux juridictions ».

Ce rapprochement découle d’une première réunion en janvier dernier pour discuter des possibilités de collaboration, selon l’entourage de Caroline Mulroney.

C’est une deuxième discussion, en avril dernier, pour élaborer une proposition de collaboration qui aurait conduit à la signature définitive, ce mercredi. Plusieurs ministères ont été impliqués dans le processus, notamment les Affaires intergouvernementales, le Développement économique et les Collèges et Universités.

De son côté, la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1980, espère tirer des gains substantiels pour exporter ses savoir-faire en établissant un pont avec les autres pays francophones. Déjà présente au Québec, via une délégation qui dispose de ses propres bureaux à Montréal, elle entend maintenant aller plus en avant avec l’Ontario.

En Belgique, cette fédération – également appelée Communauté française – coexiste avec deux autres entités fédérées : la communauté flamande et la communauté germanophone. Elle abrite près de 5 millions de francophones et dispose de son propre parlement, d’un gouvernement et de services publics – via son ministère ou encore la Radio-Télévision belge (RTBF) .

Ses compétences couvrent les champs de l’enseignement, de la culture, du sport, de l’aide à la jeunesse, de la recherche scientifique, de la justice ou encore de la coopération internationale. Autant de domaines susceptibles d’intéresser l’Ontario.

« Une vision partagée d’une francophonie forte et unie »

L’Ontario, qui a rencontré des défis à développer ou préserver des services en français dans la justice, le postsecondaire ou encore la culture, pourrait s’inspirer de politiques ou d’initiatives en place dans le territoire francophone de la Belgique. Jamais la province n’avait encore noué un partenariat de cette nature avec un membre de l’OIF, même s’il existe un accord de coopération liant l’Ontario et le Québec en francophonie.

« Notre gouvernement est fier de signer la première déclaration commune internationale de l’Ontario relative à la Francophonie, qui s’inscrit dans notre vision de soutenir le développement et la prospérité de la communauté franco-ontarienne », indique la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

« En tant que membres de la communauté francophone mondiale, l’Ontario et la Fédération Wallonie-Bruxelles partagent la vision d’une francophonie forte et unie. »

Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones. Archives ONFR+

« Dans un contexte mondial en plein bouleversement, je suis convaincu que la francophonie internationale doit avoir son rôle à jouer, souligne pour sa part Pierre-Yves Jeholet, ministre-président du gouvernement de la Communauté française de Belgique.

« Cette signature s’inscrit pleinement dans ma volonté de promouvoir la langue française et, à travers elle, des valeurs qu’elle incarne. Permettre à nos gouvernements respectifs de développer les échanges dans les domaines de la culture, de l’éducation, du numérique et de la jeunesse ne peut que renforcer la francophonie. »

La Fédération Wallonie-Bruxelles représente le 14e marché d’exportation le plus important de l’Ontario. En 2019, les échanges commerciaux entre l’Ontario et la Belgique ont atteint plus de trois milliards de dollars. Cette fédération belge offre chaque année à des candidats ontariens la possibilité de perfectionner leur français sur son territoire.

Dévoilement des bénéficiaires du PAFO en vue

Cette annonce intervient à quelques jours du Jour des Franco-Ontariens, le 25 septembre, et de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le 27 septembre.

Elle précède de 24 heures une autre annonce : la ministre Mulroney s’apprête à officialiser ce jeudi la liste des projets retenus dans le cadre du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO). Ce programme soutient les initiatives francophones d’ordre culturel ou économique, via une enveloppe de 2 millions de dollars.

L’Ontario chercherait par ailleurs à signer d’autres partenariats de collaboration à l’international via son réseau de bureaux du commerce et des investissements à l’étranger.

« Situés dans des missions diplomatiques canadiennes à travers le monde, ils font la promotion des exportations de l’Ontario, attirent de nouvelles entreprises, de nouveaux bureaux et de nouvelles installations en Ontario, et facilitent les partenariats internationaux en matière de recherche et d’innovation », explique Natasha Tremblay, attachée de presse de la ministre des Affaires francophones.

Mme Mulroney a en outre confirmé à ONFR+ qu’elle participerait virtuellement les 20 et 21 novembre prochain au 17e Sommet de la francophonie organisé à Djerba par l’OIF, dont l’Ontario est membre observateur. On se souvient qu’en octobre 2018 la province n’avait envoyé aucun représentant au précédent sommet d’Erevan.

Cet article a été actualisé jeudi 23 septembre à 14h.

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