Natalia Kusendova-Bashta, ministre des Affaires francophones, ne se rendra pas au Cambodge. Photo : Rudy Chabannes/ONFR
Autour du monde

L’Ontario se rendra au Sommet de la Francophonie sans sa ministre

Natalia Kusendova-Bashta, ministre des Affaires francophones, ne se rendra pas au Cambodge. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

TORONTO – Changement de programme pour l’Ontario. Actuellement enceinte, la ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, qui devait se rendre au 20e Sommet de la Francophonie, à Phnom Penh, au Cambodge, dans une dizaine de jours, sera finalement représentée par son adjoint parlementaire Stéphane Sarrazin, appuyé par la sherpa et sous-ministre Roda Muse.

Ce sera sans la ministre des Affaires francophones que l’Ontario se rendra au Sommet de la Francophonie, pour des raisons liées à sa grossesse. Mme Kusendova-Bashta entend toutefois que l’Ontario soit fortement présent, notamment à travers les différents événements qui vont graviter autour du Sommet.

« Notre province a la chance de compter sur une société francophone forte contribuant grandement à sa construction sociale, culturelle et économique, dit-elle. Ce sommet sera l’occasion de mettre l’Ontario français de l’avant, tout en faisant des affaires et en établissant des partenariats. »

Sur place, ce sera donc à Stéphane Sarrazin, son adjoint parlementaire, de porter la voix de la province, en tant que chef de la délégation ontarienne. Il sera aidé en cela par la sherpa de l’Ontario, la sous-ministre des Affaires francophones, Roda Muse.

« On a pour objectif d’y promouvoir l’Ontario français et ses services. Ça va être une belle opportunité de le faire auprès de gens venus de presque 90 pays francophones », déclare M. Sarrazin, qui escompte amorcer de futurs partenariats, dans le même esprit que ceux déjà noués avec la Wallonie (2021), le Nouveau-Brunswick (2024), la Nouvelle-Écosse (2025), la Louisiane (2025) et la France.

Stéphane Sarrazin, adjoint parlementaire à la ministre des Affaires francophones. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Une délégation d’une quarantaine de Franco-Ontariens

Autour d’eux, une délégation composée de fonctionnaires du ministère des Affaires francophones, de leaders communautaires et de chefs d’entreprise se déploiera au cœur de plusieurs temps forts. Ils seront plus de 40, le plus gros contingent envoyé jusqu’ici.

Citons le Village de la Francophonie, qui abritera des conférences, des performances culturelles ainsi que de multiples pavillons nationaux au jardin de Wat Botum du 13 au 17 novembre. C’est au cœur de ce village que l’Ontario mettra de l’avant ses atouts et ses spécificités.

On retrouvera une partie de la délégation à la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF), du 14 au 16 novembre, ainsi qu’au salon de l’innovation Francotech, aux mêmes dates, lors d’une deuxième édition – après Paris 2024 -, qui fera la part belle à l’intelligence artificielle, aux femmes dans l’innovation, à la sécurité alimentaire et à l’inclusion financière.

Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

« On a des entrepreneurs de talent dans de nombreux secteurs comme l’éducation, l’énergie, la technologie, et cet atout fait qu’on peut être un partenaire important pour les pays francophones », met en exergue M. Sarrazin, qui considère que, cette année, la candidature d’Ottawa comme ville hôte en 2028 et la possible entrée du Manitoba dans l’OIF apportent du vent dans le dos à tous les membres canadiens.

« Ce sommet est une occasion de faire rayonner toute la richesse de la société franco-ontarienne et de susciter de nouvelles occasions de développement, renchérit Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Nous ferons découvrir les différentes régions de l’Ontario français à travers un parcours dynamique qui montre ce que nous sommes, ce que nous créons et ce que nous avons à offrir. »

Une place spéciale prévue pour le drapeau vert et blanc

L’Ontario règle par ailleurs les dernières touches d’une initiative inédite centrée sur les 50 ans du drapeau franco-ontarien, intitulée « 50 ans de fierté! Ensemble pour demain ». L’intention est de faire voyager ce projet à Phnom Penh, même si peu d’informations filtrent à ce stade.

Dévoilé en septembre dernier à Queen’s Park, ce catalogue numérique rassemble 17 œuvres (arts visuels, documentaires, musique, théâtre, animation, arts textiles et créations interdisciplinaires) réalisées dans différentes régions de la province et à travers lesquelles le public peut naviguer virtuellement, de salle en salle, comme dans un musée.

« Il y a un an, nous lancions cette initiative avec la conviction que le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien devait être célébré par la francophonie elle-même, dans toute sa diversité et à travers toute la province », relate la lieutenante-gouverneure de l’Ontario Edith Dumont. Il est temps à présent, selon elle, que ces créations nées d’une « mobilisation extraordinaire » s’exportent au-delà de l’Ontario afin de « continuer à inspirer les générations futures ».

Edith Dumont, lieutenante-gouverneure de l’Ontario, a soutenu directement l’initiative « 50 ans de fierté! Ensemble pour demain ». Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Patrick Breton, président de l’Alliance culturelle de l’Ontario, lors du dévoilement du catalogue numérique en septembre dernier. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Alison Leroux a créé une exposition racontant le talent des agriculteurs de la province. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Isabelle Bourgeault-Tassé (à droite) aux côtés de Michelle Love Awana. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Natalia Kusendova-Bashta, ministre des Affaires francophones, lors du dévoilement du catalogue numérique. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

Lors de l’inauguration du projet, fruit d’un an de travail, ONFR a rencontré plusieurs de ces créateurs, à l’image de la cheffe cuisinière et musicienne Alison Leroux, auteure d’une exposition racontant le talent des agriculteurs de la province. « C’était important pour moi de raconter quelque chose qui fait partie de notre héritage. Voir que cela s’est transformé en un projet plus vaste qui va voyager sans frontière est excitant. »

Au sein de ce projet numérique accessible en ligne, le public peut découvrir Ancrage et exil, un recueil de poèmes, d’essais et de chansons codirigé par la conteuse et blogueuse sudburoise Isabelle Bourgeault-Tassé qui s’est entourée de jeunes talents tels que Michelle Love Awana, une Hamiltonienne originaire du Cameroun. « J’ai voulu mettre en valeur la diversité franco-ontarienne, une francophonie ancrée mais aussi venue d’ailleurs. Peu importe qu’on vienne de Hearst ou Yaoundé, on a le même avenir commun. »

Le Sommet de la Francophonie, dont l’Ontario est membre observateur depuis 10 ans, se tiendra du 14 au 16 novembre prochain à Phnom Penh, la capitale du Royaume du Cambodge.