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L’Université Laurentienne veut se mettre à l’abri des créanciers

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY – L’Université Laurentienne souhaite se mettre à l’abri des créanciers dans « une opération visant à restructurer la gestion financière et opérationnelle de l’Université ».

Arguant des « défis financiers sans précédent », l’université a entamé une procédure de restructuration sous supervision judiciaire en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

La LACC est une loi fédérale autorisant les entreprises insolvables qui doivent plus de cinq millions de dollars à leurs créanciers à restructurer leurs affaires et leurs finances. En avril, l’établissement sudburois rapportait un déficit autour de 15 millions de dollars qui aurait augmenté avec la situation autour de la COVID-19.

« Le conseil des gouverneurs et de l’administration de la Laurentienne a estimé que cette procédure est le meilleur moyen de restructurer la gestion financière et opérationnelle de l’Université. Cette mesure vise à faire de l’Université un établissement entièrement réorganisé et financièrement viable », a déclaré l’université sudburoise dans un communiqué.

Le recteur de l’université, Robert Haché, affirme que les déficits récurrents, la réduction et le gel des frais de scolarité des étudiants en 2019 et la pandémie ont forcé cette procédure judiciaire.

« Nous faisons face à des défis financiers sans précédent, et notre santé financière est actuellement parmi les plus fragiles de la province en comparaison aux autres universités. Nous avons l’intention d’y remédier (…) C’est un problème qui peut être réglé et qui le sera si tous les protagonistes collaborent à la concrétisation d’une vision intégrant un fonctionnement financièrement viable », ajoute M. Haché.

Le recteur de l’Université Laurentienne, Robert Haché. Gracieuseté

Les professeurs « choqués »

Cette annonce survient quelques jours après que l’Association des professeurs et des professeures de l’Université Laurentienne (APPUL) avait demandé à ce que l’université dévoile publiquement ces états financiers dans le cadre de négociations contractuelles.

« Nous sommes aussi choqués que le reste de la communauté. On a été informé en même temps que tout le monde. Maintenant, il faut dire que durant les dernières années nous avons exprimé un grand nombre de préoccupations concernant les décisions de l’administration », a indiqué le président de l’APPUL, Fabrice Colin en entrevue à ONFR+.

Pour l’APPUL, les « surinvestissements » dans la modernisation du campus, de « généreux contrats » octroyés à de précédents administrateurs et certaines décisions du gouvernement Ford dans les dernières années sont la cause de l’annonce de lundi.

Pour l’instant, le syndicat se dit dans le néant concernant les prochaines étapes.

« C’est une crainte et évidemment de voir que dans le cadre de la restauration, on pourrait complètement changer le visage de toute l’université. Pour l’instant, on n’a pas plus d’informations que le public sur la question. On attend de recevoir toutes les informations financières qui justifient cette décision. »

Cette annonce de l’administration survient quelques mois après qu’elle ait tenté de supprimer près d’une dizaine de programmes au mois de septembre dernier.

« C’est clair que ce processus de restructuration pourrait impacter certains programmes et ça nous inquiète pour toutes les personnes impliquées, que ce soit les professeurs, les étudiants ou les membres de la communauté. Cela aurait un impact considérable », soutient M. Colin.

Le gouvernement en aide

La Laurentienne assure que « les étudiants actuels ne verront aucune différence dans leurs habitudes quotidiennes ».

« Cela ne changera rien aux activités quotidiennes de l’Université, pas plus qu’à l’expérience d’apprentissage qui définit notre établissement », affirme le recteur Robert Haché.

Le ministre des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano. Archives ONFR+

Pour venir en aide à l’établissement franco-sudburois, le ministre des Collèges et Universités Ross Romano a annoncé avoir nommé Alan Harrison comme conseiller spécial.

Ce dernier devra fournir à M. Romano « des options qui permettraient à l’Université Laurentienne de retrouver sa viabilité financière et, au bout du compte, de stimuler sa compétitivité et sa réussite à long terme ».

« Il est très préoccupant que l’Université Laurentienne se soit retrouvée dans une situation où des mesures aussi draconiennes et immédiates sont nécessaires pour assurer sa viabilité à long terme », a affirmé le ministre Romano.

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