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L'Université Saint-Paul d'Ottawa mène un projet pilote sur la semaine de travail à quatre jours.

L’Université Saint-Paul ambitionne de passer à la semaine de travail de 28 heures

Temps de lecture : 2 minutes

OTTAWA – La difficile expérience de la période pandémique a eu, néanmoins, le mérite de remettre en cause plusieurs pratiques professionnelles longtemps admises, à l’instar de la semaine de travail de cinq jours. L’Université bilingue Saint-Paul d’Ottawa mène actuellement un projet pilote pour tester les effets d’une semaine de travail de quatre jours sur son personnel, et ce dans l’objectif de pérenniser ce modèle.  

C’est avec le consentement et le soutien des syndicats représentant le personnel que l’Université Saint-Paul a entamé, le 4 juillet dernier, un projet pilote mettant en place pour tout son personnel de soutien administratif, syndiqué ou pas, la semaine de travail de quatre jours au lieu des cinq jours communément admis, et ce tout en gardant le même salaire.

« Ce projet fait suite à une longue consultation auprès de notre personnel. L’intention est de confier à chacun la gestion de son temps en lui donnant une journée libre par semaine qui peut servir pour n’importe quel type de congé. Ce qu’on cherche c’est promouvoir un meilleur équilibre entre la vie familiale et professionnelle surtout après avoir vécu une période pandémique assez difficile », explique Carole Audet, vice-rectrice associée, Talent, diversité et culture de l’Université Saint-Paul.

Et d’ajouter : « On voyait de la fatigue, un certain stress psychologique et un réel besoin de se déconnecter chez notre personnel. On a aussi observé qu’il y a eu une augmentation conséquente de congés d’invalidité par rapport à avant la pandémie. Ce sont là des symptômes qui alertent de l’existence d’un problème. »

Moins de travail pour plus d’efficacité

Par ailleurs, bien que cette expérience ne prendra fin qu’à la fin octobre prochain, les résultats sont d’ores et déjà fort prometteurs. En effet, à en croire Mme Audet, le premier sondage fraîchement effectué indique une signifiante amélioration de l’état d’esprit des travailleurs ainsi qu’une meilleure productivité.  

Carole Audet, vice-rectrice associée, Talent, diversité et culture de l’Université Saint-Paul. Gracieuseté

« Les résultats du récent premier sondage relatif à ce projet pilote sont très positifs dans le sens où le personnel nous rapporte qu’il est beaucoup plus concentré au travail », dit-elle. « On a également observé un phénomène de productivité accrue avec des semaines de 28 heures. »  

Quant à savoir si une réduction d’heures de travail est synonyme de plus de recrutements pour assurer les services, cela dépend de chaque activité. C’est le cas par exemple de la bibliothèque où, selon la vice-rectrice, il se peut que l’Université soit amenée à embaucher des personnes à temps partiel afin de combler certains vides horaires.

Parti pour rester

Sur le long terme, les responsables de l’Université Saint-Paul assurent que si, d’ici l’automne, cette réussite se confirme, sous réserve que les employés et les syndicats en manifestent la volonté, l’établissement fera sien ce modèle, ce qui représenterait une véritable révolution dans le secteur du postsecondaire.   

C’est donc bien parti pour rester, d’autant plus que d’après Mme Audet « les employés semblent signifier qu’ils veulent continuer sur ce schéma de semaine à quatre jours ».

Du reste, le corps estudiantin n’a aucun souci à se faire quant aux conséquences sur leurs heures et volumes de cours puisque les initiateurs de ce programme n’ont pas l’intention de l’appliquer au corps enseignant. D’ailleurs, ce dernier ne participe pas à cette expérience.

 

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