#Francophonie, #Ontario

Même indépendante, Simard bloquée par les progressistes-conservateurs

La députée franco-ontarienne, Amanda Simard, en Chambre. Archives #ONfr

TORONTO – Une dernière fois, Amanda Simard tentait de faire entendre sa voix contre le projet de loi officialisant les coupes francophones en Ontario. Les progressistes-conservateurs ont cependant bloqué son droit de parole.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell s’est fait offrir une portion du temps de parole des libéraux afin qu’elle puisse partager sa perspective sur les coupes francophones du gouvernement Ford.

L’unanimité était néanmoins nécessaire en chambre pour permettre à l’ancienne députée progressiste-conservatrice de partager son point de vue. Rapidement, des députés de son ancien parti ont crié «non!», lui bloquant ainsi le passage.

Donna Skelly de la circonscription de Flamborough—Glanbrook et Robin Martin de celle d’Eglinton-Lawrence se sont distinguées en criant à plusieurs reprises «non, non, non!».

Au terme du vote décisif, Amanda Simard a partagé son exaspération. «Ça fait juste confirmer la validité de mon choix que de quitter ce parti. Ils sont de mauvaise foi. Pourquoi faire des petites manigances comme ça pour m’empêcher de parler? Ils ont peur de quoi?», a-t-elle lancé.

«C’était un vote important, qui avait une symbolique très forte, et le premier ministre Doug Ford n’était même pas là! Je suis très contente de ne plus être dans le parti, je suis satisfaite de ma semaine et le message que j’ai envoyé était très clair et je l’assume», a-t-elle confié.

L’adoption du projet de loi 57 vient sceller le sort du Commissariat aux services en français qui déménagera sous l’égide du bureau de l’ombudsman. «La Loi sur les services en français est modifiée de manière à ce que les fonctions qui sont actuellement associées au poste de commissaire aux services en français soient transférées à l’ombudsman», peut-on lire dans le texte du projet de loi.

Le projet de loi officialise aussi les choix budgétaires du gouvernement, notamment l’abolition des fonds pour l’Université de l’Ontario français.

Quelques Franco-Ontariens sont venus en chambre pour assister à un «triste chapitre de l’histoire de l’Ontario français», ont-ils dit.

 

Le gouvernement défend son projet, l’opposition réplique

Le ministre des Finances, Vic Fedeli, a profité de sa présentation pour attaquer l’opposition. «Il y a de nombreuses mesures dans ce projet de loi, notamment pour les vétérans. Je ne peux pas m’imaginer que l’opposition néo-démocrate ne va pas voter en faveur de ce projet de loi, j’ai hâte de voir ce que va faire le NPD», a-t-il lancé.

Sandy Shaw, critique du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de Finances, ne s’est pas gêné pour dénoncer la stratégie du gouvernement. «C’est un projet de loi omnibus. Il y a tellement de choses mélangées, tellement de mesures qui nous font revenir en arrière», a-t-elle lancé. «Malgré son nom, le projet de loi ne comporte aucune mesure pour rétablir la confiance, la transparence et la responsabilité!», a ajouté Mme Shaw, en évoquant l’élimination de trois officiers indépendants du gouvernement, notamment le commissaire aux services en français.

Le porte-parole aux Affaires francophones, Guy Bourgouin, a ajouté qu’en aucun cas, les droits des francophones devaient être sacrifiés pour des raisons économiques. «L’avenir appartient à ceux qui luttent et c’est exactement ce que nous allons faire», a-t-il conclu, tout en étant applaudi par ses compères du NPD, mais aussi des libéraux et d’Amanda Simard.

 

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.