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Mulroney devant les maires francophones : un message conciliant bien accueilli

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY –  Ce n’est pas la tradition qu’un ministre des Affaires francophones se déplace au Congrès annuel de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). Vendredi matin, Caroline Mulroney s’est adressée aux membres de l’organisme, en marge de la clôture du sommet. Le temps pour la ministre de distiller le message du gouvernement progressiste-conservateur, et gagner les faveurs des Franco-Ontariens.

Pour son premier voyage à Sudbury depuis fin mars, Mme Mulroney a voulu rassurer la trentaine de membres de l’AFMO présents dans la salle. « Nous devons nous concentrer sur le développement économique de nos collectivités (…) Vous êtes mieux placés que quiconque pour déterminer les besoins de vos communautés, sur un plan social, culturel et économique. »

Prenant d’abord son chapeau de ministre des Transports, Mme Mulroney a fait référence au plan d’investissement stratégique du gouvernement en matière d’infrastructure, dont le tout se chiffre à 90 milliards de dollars pour le transport en commun et les routes provinciales, avant d’embrayer sur la francophonie, citant pèle-mêle les bénéfices du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) ou encore la nécessité de dynamiser l’immigration francophone.

La ministre a même reçu une salve d’applaudissements lorsqu’elle a fait référence au protocole d’entente sur l’Université de l’Ontario français (UOF), signé le 7 septembre dernier avec le gouvernement fédéral. « Une étape a été franchie dans ce projet historique. »

La mairesse de Moonbeam, Nicole Fortier Levesque. Crédit image : Sébastien Pierroz

Parmi les maires venus entendre la ministre, pas question de lui jeter la pierre. Bien au contraire.

« Je trouve que c’est une personne très accessible et qui dit les vraies choses », avance la mairesse de Moonbeam, Nicole Fortier Levesque. « Elle voit ce qui est important, elle ne fait pas seulement parler, elle pose des gestes. »

Des 1 231 résidents de Moonbeam recensés par Statistique Canada, quelque 80 % ont le français comme langue première. Mais garder ces résidents représente tout un défi.

« On doit trouver des stratégies pour faire venir des immigrants. Moonbeam, ça se maintient, grâce peut-être au tourisme, mais dans les autres villes du Nord, ça diminue. »

Non loin d’elle, son homologue de Rivière des Français a aussi écouté avec attention les 20 minutes du discours de Caroline Mulroney. Pour Gisèle Pageau, le chapeau de ministre des Transports de Mme Mulroney était particulièrement intéressant.

« Les 90 milliards de dollars pour le transport en commun et les routes vont être divisés entre 440 communautés, alors le pourcentage d’argent est très minime. Les routes sont très importantes pour accéder à nos commerces. Nous avons aussi besoin de l’internet pour attirer plus de commerçants dans notre région. »

La municipalité de Rivière des Français reste tributaire d’environ 200 kilomètres de chemins, avec en tout et pour tout, un budget annuel total de six millions de dollars.

La mairesse de Nipissing Ouest, Joanne Savage. Crédit image : Sébastien Pierroz

« Le discours de Mme Mulroney était positif, mais on a tellement de besoins et de priorités », explique de son côté à ONFR+, Joanne Savage, la mairesse de Nipissing Ouest. « Notre objectif principal reste un financement continu, et de s’assurer aussi de l’élimination d’imposer les services de santé provinciaux au niveau municipal, et que tout le monde réalise la responsabilité pour les contribuables. »

Au cours de l’été, le premier ministre, Doug Ford, avait confirmé aller de l’avant avec des réductions de transferts aux municipalités à compter de 2020. Conséquence : les municipalités devraient payer davantage la facture des coûts des soins de santé publics.

Meilleure santé financière pour l’AFMO

Reste que ce 30e congrès de l’AFMO marque un certain renouveau pour l’organisme en grande difficulté financière ces dernières années. Confrontée à un déficit comptable de 157 000 $ il y a deux ans, l’association représentant une trentaine de municipalités va maintenant mieux, affichant un excédent.

« On a eu des gens exceptionnels comme René Beaulne, le directeur général par intérim pendant deux ans », reconnaît le président Roger Sigouin. « Nous partageons nos ressources maintenant avec la Fondation franco-ontarienne. Au lieu d’avoir un employé qui travaille juste pour l’AFMO, nous mettons cela en commun. Nous allons chercher l’argent ensemble auprès des gouvernements et le partageons. Notre siège est toujours dans l’Est ontarien, mais nous partageons aussi les locaux. Rien n’est écrit dans le ciment, mais on s’en va dans cette direction de partage des ressources. »

Le président de l’AFMO, Roger Sigouin. Crédit image : Sébastien Pierroz

M. Sigouin affirme que la membriété des municipalités – l’une des sources de revenu de l’AFMO – reste stable. « Nous avons eu la confirmation que Toronto serait de retour dans l’AFMO. Nous attendons de rencontrer le maire, John Tory, pour qu’il nous le confirme. »

Lors de l’assemblée générale ce jeudi, Roger Sigouin, par ailleurs maire de Hearst, a été élu pour un second mandat d’un an à la tête de l’organisme.

Journée sudburoise pour Caroline Mulroney

En visite à Sudbury pour la première fois depuis six mois, Caroline Mulroney devait quant à elle se rendre dans l’après-midi à l’Université Laurentienne.

« C’est que le gouvernement est à l’écoute des municipalités francophones de la province (…) Il y a toujours une volonté de ma part et du gouvernement de l’Ontario de renforcer les liens avec les municipalités francophones à travers la province. Je suis venue ici pour présenter le plan que le ministère est en train de faire pour le développement économique et le soutien à l’infrastructure », a t-elle expliqué au micro d’ONFR+.

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