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Mulroney n’écarte pas une fusion des universités

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, s’est réjouie ce mercredi, en conférence de presse, de la main tendue de la ministre fédérale des Langues officielles dans le dossier de l’Université Laurentienne. Mélanie Joly réclame un plan du gouvernement ontarien pour sauver les programmes. La ministre Mulroney affirme que « des plans » sont en cours de préparation pour sortir le postsecondaire francophone de la crise, mais soutient avoir les poings liés durant le processus de restructuration financière.

« Tout le monde à travers l’Ontario et le Canada est préoccupé par cette situation, anxieux et aimerait avoir des réponses », a réagi la ministre des Affaires francophones, conditionnant la réponse de son gouvernement à la fin de processus de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

« Le gouvernement ne participe pas à ce processus. Il serait inapproprié de faire d’autres commentaires. Le gouvernement suit la situation et prépare des plans lorsque le processus de la LACC sera achevé. ».

Dans un contexte de difficulté financière à La Laurentienne, de lent démarrage de l’Université de l’Ontario français (UOF) et de virage pris par l’Université de Sudbury, la ministre Mulroney n’a pas écarté la piste d’une fusion des universités qui offrent des programmes francophones.

« Je parle de façon très régulière avec le ministre (des Collèges et Universités) Romano de la programmation postsecondaire francophone en Ontario et du rôle que l’UOF peut jouer », a-t-elle dit. « Avec la situation qui se déroule à la Laurentienne, nous avons d’autres faits à incorporer dans cette stratégie. Avec l’UOF, on a démarré un nouveau plan de programmation postsecondaire et ce plan va évoluer mais il faut attendre que le processus à la Laurentienne s’achève. »

Les ministres Caroline Mulroney et Mélanie Joly. Archives ONFR+

La veille, la ministre Joly a écrit à la ministre Mulroney pour lui demander d’agir sans tarder et une motion du député bloquiste Mario Beaulieu a été adoptée à l’unanimité à la Chambre des communes réitérant la solidarité d’Ottawa à l’égard de la communauté franco-ontarienne. La ministre ontarienne s’est dit « ouverte à collaborer avec le gouvernement fédéral à la fin du processus de la LACC ».

L’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL), qui demande la démission du ministre des Collèges et Universités Ross Romano, n’a pas voulu s’avancer à savoir si Mme Mulroney aurait pu en faire plus dans le dossier

« Disons que c’est M. Romano qui avait les cordons de la bourse et qui avait toutes les possibilités d’intervenir. Dans tous les stades de la procédure, il aurait pu simplement empêcher l’Université Laurentienne d’intenter cette procédure… et il ne l’a pas fait. Les actions n’ont pas suivi les mots, car il a dit qu’il serait là pour l’Université Laurentienne et il est toujours aux abonnés absents, donc, M. Romano, dans ce contexte, sont le grand responsable de la faillite à laquelle nous assistons », explique Fabrice Colin, président de l’APPUL.

La convention collective ratifiée

Les membres de l’APPUL ont ratifié sans surprise la convention collective hier votée à 80 % en faveur du oui par les professeurs. Le syndicat et l’Union des associations des professeurs des universités de l’Ontario dénoncent que le processus soit allé jusque là.

« Tout ce processus-là aurait pu être évité, c’est déplorable », a dit le président de l’OCUFA Rahul Sapra.

Les membres demandent aussi la démission du bureau des gouverneurs, du recteur Robert Haché et de la vice-rectrice Marie-Josée Berger. Cette dernière a notamment été critiquée par les professeurs pour la façon dont elle a participé aux licenciements des personnes concernées via Zoom.

M. Colin déplore aussi les coupes qui ont eu lieu sur les francophones avec l’annonce de lundi alors que près du deux tiers des programmes francophones ont disparu.

« Elles (les coupes) sont évidemment catastrophiques, elles vont empêcher et rendre quasiment impossible le mandat bilingue et triculturel de l’Université dans le futur. C’est d’autant plus désolant que ça aurait pu être évité par les gouvernements… Maintenant nous sommes au lendemain d’un programme de cinq millions de dollars d’Air Canada et évidemment, il n’y a rien pour l’Université Laurentienne. »

Le syndicat affirme ne pas exclure de possibles recours en justice même si les options sont limitées, admet Fabrice Colin.

L’opposition réclame la démission du ministre Romano

Plus tard, en après-midi, le camp néo-démocrate a lui aussi exigé le congédiement du ministre des Collèges et des Universités. « M. Romano n’a pas levé le petit doigt, pas dit un seul mot pour au moins prendre ses responsabilités envers les gens du Nord et l’équité d’accès à des programmes universitaires, que ce soit en français, en anglais ou pour les Premières Nations, présentement à l’Université Laurentienne et qui ne le seront plus à partir du 30 avril », a déploré en conférence de presse la députée de Nickel Belt, France Gélinas.

« Ce n’est pas du leadership. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut tolérer. Donc on demande au premier ministre Ford de mettre un nouveau ministre en place (…). Il (Ross Romano) n’a pas pris ses responsabilités, alors on lui demande de prendre la porte. »

Les élus NPD du Nord exigent le départ de Ross Romano. Capture d’écran ONFR+

« On est les gros perdants », estime Mme Gélinas, « car on perd 40 % des programmes. On nous dit d’aller étudier ailleurs mais ces programmes n’existe pas ailleurs ! »

En l’absence de signe fort de Ross Romano, le NPD se tourne vers Caroline Mulroney et lui demande de sauvegarder les programmes francophones abolis par La Laurentienne et commence un processus de sortie de crise immédiat, incluant le gouvernement fédéral.

Article écrit avec la collaboration de Pascal Vachon.

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