Election municipale 2026
Politique

Municipales 2026 : acclamations, courses à plusieurs et ténors en lice dans l’Ontario français

Election municipale 2026

Des candidats sans adversaire, des courses qui attirent plus d’une dizaine de prétendants et quelques figures de la politique municipale qui s’accrochent ou tirent leur révérence : la fermeture des mises en candidature dessine des réalités très différentes dans les municipalités ontariennes à forte présence francophone. Tour d’horizon à deux mois du scrutin du 26 octobre.

Dans le Nord, les réalités électorales diffèrent fortement d’une municipalité à l’autre.

Timmins connaît une campagne particulièrement disputée : la mairesse sortante Michelle Boileau fait face à cinq adversaires, tandis que pas moins de 15 candidats se sont manifestés dans le quartier 5, qui comprend notamment le centre-ville. Le conseiller sortant Andrew Marks, après six mandats, avait annoncé qu’il ne se représenterait pas.

À l’inverse, la campagne sera beaucoup plus tranquille pour Dave Plourde à Kapuskasing. Sans adversaire, le maire en poste depuis 2018 est reconduit par acclamation pour un deuxième mandat consécutif. Acclamations également à Val Rita-Harty, Moonbeam, Dubreuilville et Kirkland Lake.

Le Grand Sudbury demeure l’un des principaux pôles de la francophonie du Nord ontarien. Lors du dernier recensement, en 2021, près de 37 000 résidents avaient le français comme première langue officielle parlée, soit environ 22,5 % de la population. Photo : archives ONFR

Du côté de Nipissing Ouest, dont Sturgeon Falls est le principal centre urbain, Kathleen Rochon sollicite un deuxième mandat. La mairesse affronte Charles Gaston Desgroseilliers et Yvon Duhaime dans une course à trois, tandis que Christine Littlechild est seule en lice dans le quartier 1.

Le Grand Sudbury verra pour sa part Paul Lefebvre tenter de conserver la mairie quatre ans après son élection, face à sept autres concurrents. La situation est également à surveiller à Hearst, où Roger Sigouin vise un septième mandat, et à North Bay où le départ de Peter Chirico ouvre la porte à une nouvelle figure municipale.

Le cas le plus singulier du Nord reste toutefois celui de Fauquier-Strickland. Aucun candidat ne s’est finalement présenté à la mairie ou aux quatre postes de conseillers après deux retraits de dernière minute. Une période supplémentaire de mise en candidature doit être organisée mercredi 26 août, comme le rapportait ONFR vendredi.

On file en outre vers une série de duels impliquant les maires sortants, notamment à Rivière des Français, Cochrane, Mattice-Val-Côté, Chapleau, Wawa et Smooth Rock Falls.

Prescott-Russell, entre acclamations et courses disputées

Le renouvellement est déjà assuré à Hawkesbury, où Robert Lefebvre ne sollicite pas de deuxième mandat. Cinq candidats veulent lui succéder, dont l’ancienne mairesse Jeanne Charlebois, tandis que neuf personnes convoitent les six sièges de conseillers.

Trois candidats se disputent la mairie d’Alfred et Plantagenet : Antoni Viau, Yves Laviolette et Deborah Hendrix.

La course est également à trois à Clarence-Rockland, où le maire Mario Zanth affronte Laurier Lalonde et Jay Woodruff. La concurrence disparaît toutefois dans deux quartiers : Stéphane Fournier, dans le quartier 2, et Michel Levert, dans le quartier 7, sont élus par acclamation.

Hawkesbury est l’une des municipalités les plus francophones de l’Ontario. En 2021, 7450 personnes, soit 74,5 % de la population, avaient le français comme première langue officielle parlée. Près de deux résidents sur trois étaient par ailleurs capables de parler les deux langues officielles. Photo : Hôtel de ville d’Hawkesbury/ Facebook

Situation similaire à Russell, mais cette fois au sommet de la municipalité : le maire Mike Tarnowski est reconduit par acclamation. Cinq candidats se disputent les quatre sièges de conseillers.

La mairie de Casselman se jouera entre Paul Groulx, Geneviève Lajoie et François Richard, alors que six personnes briguent les quatre sièges de conseillers. La situation est bien différente dans la municipalité voisine de La Nation, où le maire Francis Brière est reconduit par acclamation. Tim Stewart dans le quartier 1 et Danik Forgues dans le quartier 3 sont également élus sans opposition, tandis que trois candidats se disputent le siège du quartier 2.

Ottawa et Cornwall, des courses qui font le plein

À Cornwall, quatre candidats briguent la mairie : Sarah Good, Art Levert, Nicole Spahich et Justin Towndale. Mais la compétition est encore plus importante pour entrer au conseil municipal, où 25 candidats se disputent seulement huit sièges. Le scrutin marquera également un changement dans la composition de l’hôtel de ville : le nombre de conseillers passe de dix à huit, ce qui garantit un conseil plus resserré à l’issue de l’élection.

La capitale abrite, en nombre absolu, l’une des plus importantes populations francophones de la province. En 2021, environ 141 555 résidents, soit 14 % de la population, avaient le français comme première langue officielle parlée. Photo : Canva

À Ottawa, le changement d’échelle est considérable avec 14 candidats à la mairie. Le maire sortant Mark Sutcliffe sollicite un deuxième mandat et affronte notamment le conseiller municipal Jeff Leiper et Neil Saravanamuttoo. La course s’est particulièrement animée dans les derniers jours : six des 14 prétendants ont attendu les deux dernières journées de la période de mise en candidature pour déposer leur dossier.

La compétition ne gagne toutefois pas tous les quartiers. Deux conseillers sortants sont déjà assurés de retrouver leur siège sans passer par les urnes : Riley Brockington dans le quartier Rivière et David Brown dans Rideau-Jock, tous deux réélus par acclamation.

Dans le Sud-Ouest, entre continuité et renouvellement

Après bientôt quatre décennies au pouvoir, Mike Bradley n’a pas l’intention de quitter Sarnia. Maire depuis 1988, il a attendu le dernier jour pour déposer sa candidature et affrontera quatre adversaires. Chrissy McRoberts, initialement candidate à la mairie, s’est pour sa part retirée à la veille de la clôture.

élections municipales Sud-Ouest ontarien
Plus minoritaire dans le Sud-Ouest, la communauté francophone de Windsor comptait environ 4450 personnes ayant le français comme première langue officielle parlée en 2021, soit près de 2 % de la population. Photo : Canva

À Windsor, Drew Dilkens a lui aussi attendu avant de confirmer sa présence. Le maire depuis 2014 se retrouve dans une course particulièrement encombrée, avec 11 candidats au total, dont le conseiller Fred Francis.

La concurrence est également forte à London, où 12 candidats, dont le maire sortant Josh Morgan, se disputent la mairie. Certaines courses au conseil sont tout aussi fournies : huit candidats sont notamment en lice pour le seul siège du quartier 4.

De Hamilton à Toronto, des courses aux deux extrêmes

Hamilton fait partie des villes où la compétition est particulièrement soutenue, avec 13 candidats à la mairie. La mairesse sortante Andrea Horwath retrouve notamment Keanin Loomis, son principal adversaire de 2022. La concurrence est également forte dans certains quartiers : le quartier 10 compte à lui seul dix candidats pour un siège de conseiller. Dans le quartier 5, le sortant Matt Francis, un temps seul en lice, fait finalement face à deux adversaires.

Une page se tourne à Welland. Frank Campion ne sollicite pas de quatrième mandat après 12 ans à la mairie et sa succession attire huit candidats.

À Hamilton, environ 6410 personnes avaient le français comme première langue officielle parlée en 2021, soit un peu plus de 1 % de la population. Plus de 32 000 résidents déclaraient toutefois pouvoir soutenir une conversation en français et en anglais. Photo : Wikicommons

Chatham-Kent connaîtra pour sa part une importante refonte de son conseil municipal, passant de six à huit quartiers et de 18 à 14 conseillers. Selon la liste provisoire, le maire Darrin Canniff sollicite un troisième mandat, avec notamment deux membres du conseil sortant, Lauren Anderson et Michael Bondy, parmi ses adversaires. La municipalité ne publiera toutefois sa liste complète de candidats certifiés que le 27 août, après l’éventuelle période de candidatures supplémentaires prévue lorsqu’un poste n’attire pas suffisamment de candidats.

Enfin, Toronto se distingue surtout par l’ampleur de certaines courses. Olivia Chow sollicite un nouveau mandat, mais c’est Toronto-Danforth qui retient particulièrement l’attention : 18 candidats convoitent le siège laissé vacant par Paula Fletcher après plus de deux décennies au conseil. Dianne Saxe a même abandonné sa course à la réélection dans University-Rosedale le dernier jour des candidatures pour tenter sa chance dans ce quartier. Plusieurs vétérans quittent également l’hôtel de ville, dont Gord Perks après près de 20 ans.

Des campagnes très différentes

À deux mois du scrutin, difficile de trouver un portrait uniforme de l’Ontario municipal. Dix-huit candidats pour un siège à Toronto-Danforth, 15 dans un quartier de Timmins ou 25 pour huit postes à Cornwall, pendant que Dave Plourde à Kapuskasing, Mike Tarnowski à Russell et Matt Francis à Hamilton n’ont aucun adversaire.

Et dans le cas exceptionnel de Fauquier-Strickland, il faudra même rouvrir les candidatures faute d’avoir trouvé une seule personne pour former le prochain conseil.

Les électeurs ontariens sont appelés aux urnes le 26 octobre.