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Négociations de la dernière chance pour l’AEFO

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le conflit n’est pas désamorcé entre le ministère de l’Éducation et les syndicats enseignants. Alors que l’hypothèse d’une grève générale paraît de plus en plus inévitable, l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) entame demain, et pour deux jours, de nouvelles négociations, à Toronto, avec le gouvernement. 

« Les choses ont avancé très lentement lors des négociations la semaine dernière, et ce malgré la présence d’un médiateur », soutient le président de l’AEFO, Rémi Sabourin, à la veille d’une négociation décisive.

Et de poursuivre : « Pour le moment, il n’y pas de lumière au bout du tunnel. »

« C’était la première fois que nous avions un médiateur, mais ça n’a pas beaucoup servi. C’est peu un intermédiaire, les partis peuvent évacuer ce qu’ils trouvent difficile de faire aux négociations. »

Aujourd’hui, les membres du conseil d’administration de l’AEFO se rencontrent pour non seulement « être mis au parfum » des négociations, mais aussi prendre des décisions. « Aujourd’hui tout est mis sur la table », répète M. Sabourin qui n’exclut pas une grève générale.

Augmentation des salaires des enseignants, mise en place de l’apprentissage électronique, mais surtout augmentation des tailles des classes, autant de points cruciaux ne permettant pas de dégager un accord. Une différence notable avec 2017 où les syndicats avaient rapidement obtenu satisfaction.

Rémi Sabourin, président de l’AEFO. Archives ONFR+

Pour l’instant, le ministère de l’Éducation et les quatre syndicats n’ont pas réussi à s’entendre.

Depuis cinq mois, les conventions collectives des syndicats d’enseignants, d’une durée de deux ans, sont échues.

À cette composante générale s’ajoutent aussi les points d’achoppement entre l’AEFO et les différents conseils scolaires.

Depuis deux semaines, le syndicat aux 12 000 membres poursuit sa grève du zèle. Un moyen de pression entré dans sa « phase 2 » la semaine dernière. Concrètement, les enseignants doivent se concentrer exclusivement sur le curriculum d’enseignement,  laisser de côté les activités spéciales, les rassemblements et les visites au gymnase.

Des écoles francophones ciblées par le débrayage de l’OSSTF/FEÉSO

Les pancartes du personnel non-enseignant dépendant de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEÉSO) sont de nouveau sorties, ce mardi.

Le débrayage est même complet dans une dizaine « d’endroits sélectionnés », c’est-à-dire des conseils scolaires.

Piquets de grève et piquets d’information sont en place dans de nombreuses écoles de la province. Archives ONFR+

Deux conseils scolaires francophones où travaillent ces membres sont directement ciblés par ces actions. Un « retrait complet » des services est effectué au Conseil scolaire catholique MonAvenir et au Conseil scolaire Viamonde. L’équivalent d’une trentaine d’établissements.

« Les membres de l’OSSTF/ FEÉSO ne sont pas les seuls à comprendre l’énormité des dommages qui s’ensuivraient si le programme d’éducation de ce gouvernement se déroulait », déclarait récemment le président Harvey Bischof.

Écoles fermées pour l’OECTA et la FEEO

Le ton monte aussi du côté de l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) qui organise, ce mardi, un débrayage dans l’ensemble de ses écoles.

C’est toujours aussi l’impasse dans les négociations du côté de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) qui, jeudi, fermera tous ses établissements.

« LA FEEO a fait tous les efforts au cours des trois jours pour faire avancer les négociations, mais il est devenu de plus en plus clair que le gouvernement Ford n’était pas disposé à aborder les questions clés de manière significative », avait fait part le président Sam Hammond, après l’échec des négociations la semaine dernière.

En novembre, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les employés de soutien dans les écoles de l’Ontario, était parvenu à s’entendre avec la province.

Le mois suivant, l’Alliance des travailleuses et des travailleurs en éducation de l’Ontario (ATEO) annonçait aussi une entente.

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