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« Nous avons mis l’accent sur la promotion des communautés » – Martin Théberge

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Martin Théberge est le nouveau président de la société nationale de l’Acadie (SNA), une organisation à but non lucratif qui vise au rassemblement et à la concertation des Acadiens, en vue de la défense de leurs intérêts.

LE CONTEXTE :

Organisée par la SNA, la cinquième édition du colloque de l’immigration francophone au Canada atlantique se déroule en ligne jusqu’au 21 octobre.

L’ENJEU :

Sous le thème « De l’accueil à l’intégration  : les obstacles à l’emploi des nouveaux arrivants », le colloque examine la situation de l’immigration dans la région et réfléchit aux défis qui entourent l’intégration et la rétention des francophones qui arrivent en Atlantique.

« Quels sont les enjeux que vous avez décidé d’aborder dans cette nouvelle édition ?

Nous avons mis l’accent sur la promotion des communautés et la rétention des nouveaux arrivants. On sait très bien qu’il est facile d’attirer les gens, mais, une fois qu’ils sont ici, nous avons la responsabilité de les intégrer. Il faut donc que nos communautés soient accueillantes pour que les nouveaux arrivants développent un sentiment d’appartenance.

Est-ce que selon vous le problème de l’immigration en Acadie se situe plus au niveau de l’attraction ou de la rétention des nouveaux arrivants une fois sur le territoire ?

Pour nous, il est essentiel de promouvoir nos communautés. Nous devons les présenter comme des terres d’accueils et de renouveau. Tout de même, la promotion ne peut pas être faite sans une stratégie de rétention en amont. La communauté a un grand impact sur le processus de rétention. Les organismes communautaires travaillent au développement du sentiment d’appartenance. Ils peuvent collaborer avec les instances gouvernementales et les entreprises privées pour assurer la rétention.

À qui s’adresse le colloque ?

Le colloque à la base touche surtout les acteurs du secteur de l’immigration au Canada-Atlantique. Ce que l’on essaie, c’est de créer un partage de connaissances à travers le réseau. Nous voulons sensibiliser les gens qui agissent sur l’immigration au jour le jour. Néanmoins, il n’y a personne qui peut parler d’immigration comme un immigrant. Leur participation est la bienvenue tout au long du colloque. On souhaite poser les bonnes questions et on souhaite avoir les bonnes discussions pour arriver tous ensemble à une solution qui permettra de résoudre les défis liés à l’immigration.

Quels sont les objectifs que vous avez essayé d’atteindre avec les colloques ?

C’est difficilement mesurable en matière de chiffres l’impact que nous souhaitons avoir avec ces colloques. Nous misons beaucoup plus sur la discussion, le remue-méninges, le partage d’idées, le transfert de connaissances et le réseautage comme outils d’analyse. Ce que nous souhaitons, c’est d’ouvrir la discussion entre les provinces atlantiques pour que nos communautés deviennent des espaces plus accueillants pour les immigrants francophones. Entre autres, nous voulons permettre la sensibilisation et la création de recherches spécifiques à notre région.

Pour ceux qui viennent tout juste d’apprendre l’existence du colloque, quels sont les éléments de la programmation qu’il ne devrait pas manquer ?

D’abord, ce qui est intéressant c’est que nous sommes en format virtuel. Que l’on soit en Espagne, au Cameroun, en Alberta ou encore au Nouveau-Brunswick, on peut participer à toutes les activités qui sont proposées. Cela ouvre la porte à un plus haut taux de participations.

Colloque sur l’immigration francophone au Canada Atlantique. Gracieuseté

Aussi, vu que nous sommes en virtuel, nous avons décidé de nous focaliser sur des salles de discussion, des tables rondes et des panels. Il y a trois sujets principaux qui sont mis de l’avant au cours des deux prochains jours à savoir  : une table ronde sur l’importance d’une vision atlantique pour l’immigration francophone, le partage entre les quatre provinces, un cercle de discussion sur la santé mentale pour les employés en immigration et il y aura un panel sur les obstacles que rencontrent les minorités visibles dans leur recherche d’emploi. Nous vous invitons à voir la programmation complète en ligne.

Dans votre programmation, vous avez choisi de faire un panel sur les minorités visibles, pensez-vous que l’on retrouve aussi le racisme systémique dans les provinces acadiennes ?

Je n’ai aucun doute dans mon esprit que le racisme systémique existe ici. Les minorités visibles qui immigrent au Canada ont certainement des défis. Il y a encore certains métiers où les minorités visibles sont plus difficilement acceptées. On a l’impression que Black Lives Matter (la vie des noirs compte) existe aux États-Unis seulement alors qu’on le retrouve chez nous aussi.

Je tiens tout de même à dire qu’il y a beaucoup d’efforts qui sont faits. Le réseau de développement économique et d’employabilité offre beaucoup de programmes à l’emploi et à l’entrepreneuriat pour ces minorités visibles. Même si le fléau persiste, on y travaille. »

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