La directrice générale de LFPR, Marie-Noëlle Lanthier, expose les avantages de l’engagement municipal devant le Conseil des Comtés unis, mercredi matin. Photo: Olivier Berthiaume/CUPR
Politique

Objectif 50 candidates aux élections municipales : Prescott-Russell donne son appui

La directrice générale de LFPR, Marie-Noëlle Lanthier, expose les avantages de l’engagement municipal devant le Conseil des Comtés unis, mercredi matin. Photo: Olivier Berthiaume/CUPR

L’ORIGNAL – Le conseil des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) a adopté à l’unanimité, ce mercredi, une motion de soutien officiel à la campagne de recrutement de candidates menée par l’organisme Leadership féminin Prescott-Russell (LFPR). Intitulée « Politique au féminin », cette initiative vise à doubler le nombre de femmes sur les bulletins de vote lors des élections municipales d’octobre prochain afin de tendre vers la parité institutionnelle. 

« En 2022, seulement 24 % des candidats dans la région de Prescott-Russell étaient des femmes et actuellement dans les Comtés unis, il n’y a qu’une seule femme à la tête d’un conseil. » 

C’est par ce constat statistique que la directrice générale de Leadership féminin Prescott-Russell (LFPR), Marie-Noëlle Lanthier, a ouvert sa présentation officielle devant le Conseil des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR), mercredi matin. 

Face à cette situation, l’organisme francophone a établi un objectif arithmétique précis pour le scrutin d’octobre 2026 : doubler le nombre de candidatures féminines par rapport aux 21 recensées en 2022 afin d’atteindre le seuil de 50 candidates engagées à l’échelle régionale.

« Notre objectif de recrutement de candidates à travers Prescott-Russell est de doubler le nombre de candidates inscrites en 2022 pour atteindre 50 candidates en 2026 », ambitionne Mme Lanthier. 

« Le but, c’est un peu de changer les perceptions qu’on recherche un certain profil de femmes pour être en politique active au niveau municipal. Et c’est ce qu’on veut changer à travers cette campagne. »

À la suite de cette intervention, une résolution a été entérinée sans opposition, engageant formellement le gouvernement régional à collaborer à la promotion de la campagne en partageant les outils de communication de l’organisme. 

Des outils et des alliés pour les candidates

Sur le plan opérationnel, LFPR s’appuie sur des outils de terrain pour encadrer les citoyennes, notamment le dépliant bilingue Et si c’était toi…, qui détaille les critères d’éligibilité, les dates de mise en candidature et les formulaires requis.

« J’aurais vraiment aimé avoir l’information du package quand j’ai commencé. Et je pense que l’enjeu que vous soulevez est important car il touche à notre santé démocratique. On est très content de vous avoir afin de « taper le tambour » sur ce sujet », a souligné à ce propos le maire de Russell, Mike Tarnowski après la présentation.

Bien que les femmes représentent plus de 50 % de la population locale, elles n’occupent actuellement que 25 % des sièges d’élus municipaux dans Prescott-Russell, un écart que la campagne de LFPR vise à corriger pour 2026. Photo : Gracieuseté de LFPR

L’organisme déploie également une campagne de sensibilisation bilingue axée sur les « rôles d’alliés », conçue pour mobiliser l’entourage direct des candidates potentielles. 

« Qu’est-ce que ces hommes peuvent faire? […] Pas juste de dire « oui oui, vas-y, tu es capable », mais de vraiment offrir de l’aide. Est-ce que tu as besoin d’aide avec les pancartes? […] C’est quoi ton budget, comment on peut t’aider? » expliquait-elle mardi en entrevue avec ONFR.

Pour appuyer sa démarche, LFPR offre également une série d’activités : un événement d’information a déjà eu lieu le 4 mai à la bibliothèque de Russell, un autre est programmé à Hawkesbury le 15 juin avec l’ex-mairesse de la ville, Carmen Williams, et une formation sur la prise de parole se tiendra ce samedi 30 mai à Casselman avec l’ex-mairesse de Gatineau, France Bélisle. 

Mme Lanthier a conclu en mentionnant que le suivi des registres municipaux indique que neuf candidates se sont officiellement inscrites à ce jour à travers les huit municipalités du territoire, dont plusieurs qui se présentent pour la première fois. 

La période de dépôt des déclarations de candidature se poursuivra jusqu’au vendredi 21 août 2026, à 14 h.

Harcèlement en ligne et projet de Loi 9

La veille de la présentation, le projet de loi 9, intitulé Loi de 2026 sur la responsabilité au niveau municipal, a été adopté à l’Assemblée législative à Toronto, une réforme modifiant la Loi sur les municipalités afin de permettre la destitution officielle d’un élu en cas de harcèlement ou de comportement violent.

Toujours en entrevue avec ONFR, Mme Lanthier a fait un lien direct entre cette avancée et le cas récent de la conseillère Sarah Good à Cornwall, qui a, récemment, choisi de retirer sa candidature à la mairie de la ville et de quitter la politique en raison de la cyberintimidation et d’attaques subies en ligne. 

« On oublie que ce sont des personnes et non des robots qui reçoivent des commentaires insultants »
— Marie-Noëlle Lanthier

« On a enlevé le respect envers les politiciens, on oublie que ce sont des personnes et non des robots qui reçoivent des commentaires insultants. On dit souvent qu’il faut avoir la couenne dure, mais on ne veut pas d’un représentant avec une carapace : on veut qu’il soit empathique et capable d’écouter. »

La directrice générale avait d’ailleurs illustré la sévérité de cette détresse psychologique en rapportant que certaines candidates en étaient rendues à demander à leur propre compagnon de filtrer les commentaires sur leurs réseaux sociaux pour s’éviter de lire les insultes. 

Saluant l’issue du vote à Queen’s Park pour la sécurité des élues et des employés municipaux, elle a conclu de façon imagée : « On n’a pas eu exactement tout ce qu’on voulait dans ce projet de loi, mais c’est encore du vin. Alors je vais le boire à la victoire qu’on a eue aujourd’hui. »