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On aurait dû rouvrir les écoles par régions, plaident les conseils scolaires

Temps de lecture : 3 minutes

Au lendemain de l’annonce du gouvernement Ford de prolonger la fermeture des écoles jusqu’en septembre, les conseils scolaires franco-ontariens se disent déçus que le gouvernement n’ait pas envisagé une réouverture en fonction de chaque région.

« Nous, ce qu’on espérait, c’était que la décision soit régionale et qu’on laisse les écoles ouvertes dans les régions où il n’y a pas de cas de la COVID-19 », lance Denis Chartrand, président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO).

« On avait envoyé une lettre au ministre (Stephen Lecce) et au premier ministre que si les bureaux de santé régionaux étaient d’accord et ne voyaient pas de difficultés à ouvrir les écoles, on était d’accord avec l’approche régionale comme on le dit depuis le début d’ailleurs », soutient de son côté Yves Lévesque, directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC).

Hier, Doug Ford avait affirmé qu’il ne voulait pas prendre la chance que les cas puissent augmenter en rouvrant les établissements scolaires.

« On ne veut pas que deux millions d’enfants se retrouvent à l’intérieur des écoles pendant trois semaines, alors qu’il n’y en a pas assez qui ont encore reçu une première dose de vaccin », avait déclaré le premier ministre.

Pourtant, le médecin en chef de la province David Williams avait affirmé être d’accord avec une réouverture des écoles arguant que les bénéfices dépassent les risques associés au virus.

« Les jeunes veulent être à l’école. Ils veulent être ensemble. Ils veulent socialiser et voir leurs amis », avance Denis Chartrand.

« Deux à trois semaines ensemble, c’est mieux que zéro semaine ensemble. On était prêt et les écoles étaient prêtes à rouvrir. Avec deux jours d’avis, les écoles auraient pu être ouvertes », ajoute-t-il.

Pour sauver l’économie, croit l’AEFO

Du côté de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), on croit que cette décision en est politique et économique.

« C’est clair qu’il (Doug Ford) a priorisé l’économie et sa propre image avec la campagne électorale parce qu’il y a eu un sondage mandaté par le Parti conservateur où 65 % des gens disaient de laisser faire les écoles si ça retardait l’ouverture de l’économie. Donc, ça, c’est son bassin de gens qui vont l’appuyer l’an prochain aux élections. M. Ford prétend qu’il veut protéger la santé d’enfants, mais il veut protéger sa propre image ainsi que sa campagne électorale », dénonce Anne Vinnet-Roy, la présidente de l’AEFO.

La présidente élue de l’AEFO, Anne Vinet-Roy. Gracieuseté : AEFO

Celle-ci déplore que le gouvernement n’écoute pas les médecins qui demandaient une approche régionale, un plan avec lequel l’AEFO était d’accord.

« M. Ford a toujours dit qu’il s’en remettait aux experts en santé et encore une fois, il a fait le contraire. Ce qui est vraiment décevant est que le gouvernement n’a pas tenu parole. Il dit une chose et fait une autre chose complètement. C’est ça qu’il a fait depuis des mois. »

Surpris pour les graduations

Le ministre Lecce a notamment annoncé que les graduations extérieures seront permises pour les élèves et leurs familles. Dans l’étape du plan de déconfinement ontarien, dix personnes pourraient se réunir à l’extérieur.

« Est-ce que c’est logique ou réaliste de dire qu’on peut faire des graduations à moins de dix personnes ? », se demande M. Lévesque.

« On peut le penser ou le souhaiter, mais une graduation, c’est au moins 30 personnes avec une vingtaine de personnes qui graduent. Ce n’est pas nécessairement réaliste », concède-t-il.

Pour les écoles, l’annonce concernant la graduation est trop tardive pour qu’elle puisse faire changer les plans.

« Ça nous a pris par surprise. Je ne sais pas pourquoi il a annoncé ça. Les cérémonies de graduation en 12e année, ça se prépare en avance. Ce n’est pas à la dernière minute qu’on prépare tout ça. On ferme les écoles, mais on fait des cérémonies : je ne comprends pas la logique », affirme Denis Chartrand.

Le président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), Denis M. Chartrand. Crédit image : Stéphane Bédard

Les conseils disent ne pas avoir eu vent que telle chose était dans les plans du ministre Lecce.

« C’est choquant de toujours apprendre ces choses-là par le biais des médias. Très choquant. C’est irréaliste, c’est essayer de faire passer une mauvaise nouvelle pour en donner une bonne… Toute cette préparation-là demande de l’équipement et des plans. S’il ne fait pas beau, tu fais quoi ? Tu remets ça à quand ? Il y a tellement d’imprévus dans cette annonce-là que les conseils scolaires vont continuer avec les plans qu’ils avaient », admet M. Lévesque.

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