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« On avait une responsabilité d’agir », défend le maire de Russell

Temps de lecture : 2 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Pierre Leroux est le maire du Canton de Russell, dans l’Est ontarien. La municipalité comprend entre autres Russell, Embrun et une partie de Limoges. 

LE CONTEXTE :

Une motion du maire visant à dissocier le comté de son fondateur Peter Russell, un homme pro-esclavage du 18e siècle, a été approuvée lors du conseil municipal, lundi soir.

L’ENJEU :

La municipalité de Russell doit désormais trouver une nouvelle personne appelée Russell à qui associer la ville. Un comité ouvert à la population sera mis sur pied dans le but de trouver un nouveau nom pour l’année 2021.

« Pourquoi avoir voulu proposer cette motion ?

J’avais des résidents qui avaient soulevé le point que notre communauté était nommée après un individu dont la façon de penser à l’époque met le monde d’aujourd’hui mal à l’aise. C’est beau de se cacher la tête dans le sable, mais une fois qu’on le savait, on avait une responsabilité d’agir. La façon dont j’ai procédé, avec la motion approuvée au conseil, envoie un message clair que ce n’est pas le type de personnes qui nous représente et que la communauté va avoir une chance de choisir un nouveau nom.

 

 

Qu’est ce que vous répondez aux gens qui disent que se dissocier de Peter Russell comme fondateur ne changera rien au bout de la ligne ?

Ça vous dérange quoi ? Ce qu’on fait, c’est un projet communautaire pour choisir un nouveau Russell qui ne coûte rien aux contribuables et n’entraîne aucun changement de nom. Alors si vous pensez de cette façon-là, vous n’êtes pas obligé de participer à cet événement pour bâtir la communauté. Ça ne va pas vous affecter d’une façon ou d’une autre. Pour ceux que ça dérange, ça va avoir un impact positif dans leur vie.

Quel genre d’impact pensez-vous que ce processus de désignation d’un autre Russell va avoir sur la communauté ?

C’est pas nécessairement la personne, mais plutôt les conversations que les gens vont avoir. C’est le fait que ça soit quelque chose qu’on va pouvoir célébrer à tous les ans, la journée qu’on aura choisi un nouveau Russell. On va pouvoir éduquer les générations à venir sur pourquoi on a fait ce changement-là.

Quelles sont les prochaines étapes dans le processus de changement d’héritage ?

La municipalité va inviter les gens à appliquer pour être sur le comité, qui va être volontaire et qui va ne rien coûter aux contribuables. Une fois le comité approuvé par le conseil, il va avoir la charge de discuter et de proposer un moyen d’avancer sur ce point-là.

L’annonce du changement de nom a fait du bruit à l’extérieur du comté de Russell. Comment voyez-vous l’image de la communauté une fois le nouveau nom en place ?

Quand on parlait au monde de l’extérieur, il y a deux mois, on disait : « Ah oui, Russell, c’est la troisième meilleure place à vivre au Canada ». C’était ça, la lumière qu’on avait sur nous.

Mais maintenant, avec tout ce qui s’est passé, la vision de Russell avait complètement changé. Plusieurs personnes de la communauté se faisaient interpeller par des gens de l’extérieur qui, en blague, leur disaient : « Russell, c’est la place raciste ça ? ». C’était la vision qu’il y’avait de notre communauté, avec ce qui était sorti. Alors, avec la décision qu’on vient de prendre, on peut retourner à la place où l’on était auparavant. »

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