Ottawa injecte 815 000 $ dans la recherche à l’Institut du savoir Montfort
OTTAWA – Le gouvernement fédéral a annoncé mardi un investissement de plus de 815 000 $ destiné à l’Institut du savoir Montfort (ISM). Ce financement vise à accroître les capacités du Laboratoire d’innovation de l’institution afin de soutenir la commercialisation de nouvelles technologies médicales numériques.
La secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères et députée d’Ottawa-Vanier-Gloucester, Mona Fortier, en a fait l’annonce au nom du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie et ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario, Evan Solomon, ce mardi matin à l’Hôpital Montfort. Ce soutien financier doit permettre à une vingtaine d’entreprises émergentes du secteur des technologies de la santé de valider leurs produits dans des contextes cliniques réels.
« Le gouvernement du Canada comprend que le soutien aux entreprises et la création de possibilités économiques pour diverses populations sont essentiels à l’établissement d’une économie forte », a déclaré Mme Fortier lors de son allocution.
« Lorsque les entreprises peuvent mettre à l’essai, valider et améliorer leurs idées dans des contextes réels, elles sont en meilleure position pour croître, prendre de l’extension et réussir. »
L’initiative mise sur la création de liens directs entre les entrepreneurs, les chercheurs et les cliniciens de première ligne. Selon les responsables du projet, cette collaboration doit combler l’écart entre le développement technologique et les besoins pratiques du système de santé.
L’investissement soutiendra également l’accès à une expertise spécialisée, notamment en matière de conseils stratégiques en affaires.
Un levier pour la commercialisation médicale
Estelle Éthier, cheffe de la direction de l’Institut du Savoir Montfort et vice-présidente,
enseignement et recherche, a souligné que ce financement marque une étape déterminante pour l’organisation.
« L’innovation ce n’est pas juste une fin, mais c’est vraiment un moyen concret pour améliorer nos besoins, pour soutenir nos équipes qui offrent les soins et faire avancer la santé », a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que cet appui permettra d’accompagner davantage de compagnies avec lesquelles l’institut travaille déjà pour répondre aux besoins de la population.

Le projet s’appuie sur un écosystème régional incluant des partenaires tels qu’Investir Ottawa, l’Hôpital d’Ottawa, l’Université d’Ottawa et le Collège La Cité. Une attention particulière est portée à la dualité linguistique de la région comme levier économique.
« Ce travail sera exécuté dans un environnement innovateur francophone et en soutenant la vitalité des communautés en situation minoritaire tout en aidant les entreprises à croître », a également souligné Mme Fortier.
L’intelligence artificielle sous surveillance
Parmi les applications concrètes citées par Mme Éthier, le laboratoire travaille actuellement avec une entreprise sur un système d’auto-inscription des patients aux urgences afin de fluidifier les processus d’admission.
Un autre projet, réalisé en collaboration avec le Collège La Cité et l’entreprise Immunity, a permis l’utilisation de l’impression 3D pour la fabrication de pièces d’équipement hospitalier.
En marge de l’annonce, la députée Fortier a été questionnée sur l’encadrement de l’intelligence artificielle, particulièrement chez les jeunes.
Elle a indiqué qu’un projet de loi devrait être déposé prochainement à la Chambre des communes pour encadrer l’utilisation des données privées et des médias sociaux, tout en reconnaissant le potentiel de ces outils pour le développement de projets constructifs comme ceux menés à l’Institut du savoir Montfort.
Cette annonce locale suit l’annonce du ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, d’une aide d’un million de dollars pour 2025-2026 visant la recherche en français.
Le financement se répartit entre le Conseil de recherches en sciences humaines (400 000 $), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (350 000 $) et les Instituts de recherche en santé du Canada (250 000 $). Selon le ministre Miller, cet investissement permet de bâtir des milieux où « la langue n’est pas un obstacle à l’innovation, mais un moteur de création ». L’initiative s’inscrit dans le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028.