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Pénurie de main d’œuvre : Hawkesbury se tourne vers l’Europe

Temps de lecture : 3 minutes

HAWKESBURY – La ville d’Hawkesbury veut prendre les grands moyens pour lutter contre la pénurie de main d’œuvre. Une délégation, menée par le Centre de services à l’emploi, s’envolera en Europe du 12 au 25 novembre pour combler les postes manquants.

Cette délégation représentera une pléiade de secteurs d’activités, comme la santé, touchée par un manque d’infirmières et de préposés aux soins, l’éducation, qui a besoin d’éducateurs, ou encore le secteur de l’alimentation à la recherche de boulangers et de cuisiniers. La fabrication, l’agriculture ou encore la main d’œuvre spécialisée sont aussi concernés.

La délégation, qui comprendra trois employés du Centre de services à l’emploi ainsi que la mairesse Paula Assaly, s’inscrit dans l’événement annuel « Destination Canada Forum Mobilité ». L’objectif ? Mettre en contact des employeurs canadiens avec des candidats francophones qualifiés dans divers domaines.

Ces foires de l’emploi ont lieu à Paris du 15 au 17 novembre, et à Bruxelles le 19 novembre.

« Nous avons déposé 27 postes d’emplois auprès de Destination Canada », explique Carole Muise du Centre de services à l’emploi. « Une fois sur place, on va rencontrer différentes personnes, peut-être 800 à 900 par jour. »

Pour la responsable du centre, cette première expérience d’une délégation en Europe est avant tout « exploratoire ». En cas d’un accord entre l’employeur et le candidat, le processus d’immigration deviendrait alors « allégé ».

Mme Muise reconnaît que l’entente ne se fera pas en un claquement de doigt. « Ça peut prendre du temps. »

Située dans l’Est ontarien en bordure du Québec, la ville d’Hawkesbury demeure l’un des endroits les plus francophones de l’Ontario. Quelque 80 % des résidents possèdent le français comme langue maternelle.

Mais ce portrait idéal d’un point de vue franco-ontarien cache quelques réalités plus sombres. D’une, la population baisse. Le dernier recensement de 2016 faisait état de 10 263 résidents, l’équivalent d’environ 300 personnes de moins par rapport à 2011. De plus, le taux de chômage y est très souvent au-dessus de la moyenne canadienne.

Des limites financières à ces initiatives

Dans ces conditions, la désignation d’Hawkesbury comme « communauté francophone accueillante », en juin, par le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), laissait augurer beaucoup d’espoirs.

« On peut vraiment augmenter l’immigration francophone à Hawkesbury », croit Brigitte Duguay Langlais, coordinatrice du Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est Ontario. « La seule limite, c’est le logement abordable pour accueillir ces immigrants, mais toutes les villes ont généralement le même problème. »

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La coordinatrice voit d’un bon œil l’envoi de cette délégation en Europe, même si, prévient-elle, « il s’agit d’une solution parmi d’autres ».

Et de préciser : « Les genres d’emploi que l’on préconise dans ces foires, ce sont du work ready, c’est-à-dire un emploi où le candidat n’a pas besoin de passer par un ordre de travail, comme les enseignants ou les ingénieurs. »

Pour Mme Duguay Langlais, ce genre d’initiatives se heurte malgré tout aux contraintes financières.

« Au Nouveau-Brunswick, certains réseaux ont trois missions internationales durant l’année, mais IRCC ne finance aucunement ces initiatives, l’argent doit venir de la province. Ce n’est donc pas simple. »

Du côté du Centre de services à l’emploi, on précise que l’initiative d’une délégation aurait tout de même vu le jour, même si Hawkesbury n’avait pas été choisi en tant que « communauté francophone accueillante ».

Le défi de l’intégration des immigrants

La mairesse Paula Assaly sera en tout cas à Paris et Bruxelles pour expliquer aux candidats « les possibilités d’emplois à Haweksbury ».

« Je suis très positive. Nous sommes préparés depuis plus d’un an à cet objectif qui est de se présenter à Destination Canada. Tout notre matériel a été envoyé il y a quelques mois passés. »

La mairesse de Hawkesbury, Paula Assaly. Source Facebook

Mais l’obtention de l’emploi ne suffit pas pour la mairesse. L’intégration doit aussi se faire pour les futurs immigrants. « Comme ces immigrants seront probablement francophones, cela peut passer par de la formation en anglais, des potlucks en compagnie de plusieurs immigrants. »

Mme Assaly précise que ce sont bien d’1,3 million de dollars, échelonnés sur trois ans, qu’Hawkesbury bénéficie pour l’accueil de ces mêmes immigrants.

La ville se partage une enveloppe fédérale totale de 12,6 millions de dollars avec 13 autres municipalités rurales en contexte minoritaire pour développer les services d’accueil pour les immigrants francophones.

Article écrit avec les informations de Jacques-Normand Sauvé

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