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Place des Arts : « C’est sûr que ça ne sera plus en 2020 »

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Le directeur général de la Place des Arts de Sudbury, Léo Therrien.

LE CONTEXTE :

Après plusieurs semaines d’arrêt forcé, le chantier de construction de la Place des Arts, au centre-ville de Sudbury, reprend vie. La semaine dernière, la province a levé l’arrêt des travaux de construction non-essentielle, légiféré le 3 avril.

L’ENJEU :

La pandémie de COVID-19 a été particulièrement difficile pour l’industrie culturelle et les organismes communautaires. L’organisme sudburois doit s’ajuster à de nouvelles réalités et repenser son échéancier qui prévoyait l’ouverture de la Place des Arts de Sudbury en fin d’année.

« Après tout ce qui s’est passé au cours des derniers mois, une ouverture en 2020 est-elle encore envisageable ?

Pour l’instant, on ne peut pas encore dire exactement combien de retard on a accumulé, mais on sait qu’on a certainement perdu quelques semaines. C’est sûr que ça ne sera plus en 2020, par contre.

On ne peut malheureusement pas donner de date précise à ce moment. Les entrepreneurs sont en train de calculer ça. On attend une mise à jour à cet effet.

Qu’est-ce qui explique que les travaux n’ont pas pu reprendre la semaine dernière, lorsque la province l’a permis ?

À partir de mardi dernier, la province a permis à la compagnie de construction de reprendre ses travaux. Mais ça ne veut pas dire qu’on était prêt à aller de l’avant immédiatement. Il fallait retrouver les sous-traitants, et plusieurs d’entre eux s’étaient trouvés de nouveaux emplois entre temps.

Les travaux ont donc repris ce lundi. Ils sont à l’œuvre sur le chantier ce matin, en train de monter de l’acier.

Est-ce juste de dire que vous avez pris sept semaines de retard ?

Lors des sept dernières semaines, nous n’avons pas monté de l’acier, mais ça ne veut pas dire que rien ne s’est produit. On ne pouvait pas monter l’édifice sur le chantier, mais la fabrication de l’acier a continué tout au long du confinement. Tout l’acier est produit à Nickel City, ici, à Sudbury, qui l’entrepose sur son site jusqu’à ce qu’on en ait besoin. Ça veut dire que tout va se construire plus rapidement.

On a aussi continué à travailler sur les ordres de modification, sur les dessins et les divers projets comme l’intégration culturelle.

Léo Therrien, le directeur général de la Place des Arts. Gracieuseté : Place des Arts de Sudbury

Que pouvez-vous nous dévoiler au sujet de l’intégration culturelle de la Place des Arts ?

L’idée est d’inclure des vestiges du passé et de les faire revivre dans l’édifice de la Place des Arts. On veut que l’édifice raconte l’histoire de Sudbury et de la francophonie dans le Nord de l’Ontario.

Il y a, par exemple, des planches de bois qui viennent de l’Île-aux-Chênes, là où il y avait le camp d’été francophone sur la rive du lac Nipissing. Des arbres qui sont tombés lors d’une tempête ont été transformés en bois. Nous allons utiliser ce bois à l’intérieur de la Place des Arts, entre autres, pour bâtir le bar du bistro.

Les visiteurs pourront aussi voir des briques de l’ancien hôtel King Edward, l’édifice qui occupait ce site au début du siècle dernier. On les a déterrées lors de l’excavation du site.  

Il y a plein d’autres surprises du genre qu’on présentera dans les semaines à venir.

En réponse à la pandémie, bien des gens repensent la disposition des lieux publics. Comment est-ce que la Place des Arts planifie s’adapter à un monde post-COVID-19 ?

C’est sûr qu’il y aura beaucoup de procédures à mettre en place lorsque les gens viendront pour des événements. On espère avoir un vaccin avant l’ouverture en 2021, mais si ce n’est pas le cas, les organismes membres devront adapter leurs habitudes de travail et leur programmation en fonction des nouvelles normes.

Pour ce qui est de l’architecture, on est un peu tard pour reformuler la structure de la bâtisse.

Comment ces organismes se portent-ils en cette fin de pandémie ?

Je ne peux pas parler au nom des membres, mais c’est sûr qu’ils ont tous été affectés. Toute leur production a été reportée ou annulée. Ce n’est pas encore certain s’ils peuvent reprendre leurs activités à l’automne ou si ça ira à l’hiver prochain.

Mais ça ne change rien à leur participation au projet de la Place des Arts. Les sept membres partenaires continuent à contribuer à faire avancer les dossiers et siègent à des sous-comités. »

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