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Provinces maritimes : la continuité pour les députés francophones

Les provinces maritimes conservent un nombre stable de députés francophones. Cinq libéraux ont été réélus tandis qu’un conservateur acadien fait son entrée au parlement fédéral. Dans l’ouest, les résultats sont plus nuancés. Tour d’horizon des circonscriptions de la francophonie minoritaire à l’extérieur de la province.

C’est un des premiers enseignements de ces 43e élections canadiennes : les députés francophones ont tenu bon dans les provinces atlantiques. Les libéraux y avaient récolté la totalité des 32 sièges lors du dernier scrutin fédéral. La donne est cette fois différente avec une percée des verts, des conservateurs et des écarts globalement bien plus ténus qu’en 2015, à commencer par la Nouvelle-Écosse.

Luttes serrées en Nouvelle-Écosse

Dans Sackville-Preston-Chezzetcook, au nord d’Halifax, le libéral Darrell Samson a largement conforté son siège. Loin derrière, le néo-démocrate Matt Stickland n’est pas parvenu à reconquérir ce qui a été, durant deux décennies, un château fort du Nouveau Parti démocratique (NPD).

La circonscription de Nova Ouest, à l’extrémité nord-ouest de la province, s’est en revanche jouée dans un mouchoir de poche. Le conservateur Chris d’Entremont a fait mentir les sondages et remporté le duel acadien qui l’opposait au libéral Jason Deveau.

Le député libéral sortant Colin Fraser ne briguait pas un nouveau mandat. Ancien ministre provincial de l’Agriculture et des Pêches, M. d’Entremont a également occupé les portefeuilles de la Santé, des Services communautaires, des Affaires acadiennes et des Finances. Il a notamment pesé, en 2004, dans l’adoption de la Loi sur les services en français en Nouvelle-Écosse.

Andrew Scheer et Chris d’Entremont. Source : Facebook

Les bastions sauvés du Nouveau-Brunswick

Au Nouveau-Brunswick, dont les onze sièges avaient été raflés par les libéraux en 2015, le NPD et les Verts ont joué les trouble-fête. Si les troupes de Justin Trudeau ont perdu plusieurs sièges, ses quatre candidats francophones sont parvenus à se faire réélire, non sans mal.

Dans Beauséjour, le ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, a remporté son septième mandat. Député depuis 2000, le député libéral atteint d’un cancer n’a pu faire campagne mais avait reçu, ces derniers jours, un soutien de poids en la personne de l’ancien premier ministre, Jean Chrétien. En dépassant les 20 % de voix, le Parti vert du Canada s’impose comme la deuxième force politique de cette circonscription.

Le ministre Dominic LeBlanc (au centre) aux côtés de Justin Trudeau. Source : Facebook

Dans le nord-ouest de la province, à Madawaska-Restigouche, le député libéral sortant René Arseneault a largement dominé ses opposants, Chad Betteridge du NPD et Nelson Fox du Parti conservateur du Canada (PCC). Connu pour son franc parlé, ce membre du comité permanent des Langues officielles avait récemment déploré la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone au Nouveau-Brunswick.

Dans Moncton-Riverview-Dieppe, l’actuelle ministre sortante de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, sort vainqueur de son duel francophone avec la conservatrice Sylvie Godin-Charest. La députée libérale conserve son siège malgré les attaques répétées de Mme Godin-Charest sur la tarification de la pollution par le carbone, imposée par Ottawa.

Dans Acadie Bathurst, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, le duel annoncé étriqué entre le libéral Serge Cormier et le néo-démocrate Daniel Thériault n’a pas eu lieu. Avec plus de la moitié des suffrages en poche, M. Cormier n’a pas souffert de la concurrence de l’ancien directeur général de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse qui pointe en troisième position, derrière la conservatrice Martine Lavoie. Détenue par le néo-démocrate Yvon Godin durant 18 ans, la circonscription la plus francophone du Canada hors-Québec reste donc libérale.

Résultats mitigés dans l’ouest

Dans Edmonton Centre, en Alberta, le francophone libéral Randy Boissonneault a perdu son siège au profit du conservateur James Cumming, dans cette province submergée par une vague bleue.

Entrepreneur et ancien directeur général de la Chambre de commerce d’Edmonton, M. Cumming a fait campagne en critiquant le rôle du député sortant et du premier ministre Justin Trudeau dans le financement de groupes anti-pétrole de la province. Il prend sa revanche sur le scrutin de 2015. Face au même adversaire politique, l’élection lui avait échappé pour un millier de votes.

Le député sortant Dan Vandal réélu au Manitoba. Source : Facebook

En revanche, dans Saint-Boniface-Saint-Vital, au Manitoba, circonscription avec le plus grand nombre de francophones dans l’Ouest canadien (12,4 %), la conservatrice Réjeanne Caron n’a pas réussi à déloger le libéral Dan Vandal. Métis bilingue tout comme son adversaire politique, cette agente de police d’expérience comptait ramener dans le giron conservateur la circonscription détenue durant sept ans par l’ancienne ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, Shelly Glover.

Ancien conseiller municipal de Winnipeg et partisan du bilinguisme des juges à la Cour suprême du Canada, Dan Vandal débute donc un second mandat.

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