Éducation : le nombre de conseillers scolaires francophones inchangé, coupes chez les anglophones
TORONTO – La nouvelle réforme de l’éducation propose de plafonner à 12 le nombre de conseillers scolaires par conseil, se calquant sur le modèle francophone avec un chiffre qu’aucun conseil de langue française n’excède. Pour améliorer les performances scolaires, le projet de loi prévoit aussi d’uniformiser des ressources d’apprentissage, l’introduction d’examens obligatoires et l’intégration de l’assiduité dans la note finale au secondaire.
Le suspens est levé sur l’avenir du rôle des conseillers scolaires en Ontario. Le ministre de l’Éducation a déposé son projet de loi (Loi de 2026 donnant la priorité à la réussite des élèves) réformant l’éducation sur plusieurs aspects clés.
Paul Calandra veut notamment sabrer le nombre de conseillers scolaires qui ne doivent désormais pas excéder douze par conseil scolaire, avec un minimum de cinq.
Les conseils de langue française comprennent tous actuellement entre 6 et 12 conseillers. Seuls les conseils anglophones seront donc touchés.
Le ministre entend limiter les « dépenses discrétionnaires et les honoraires des conseillers » pour améliorer l’utilisation des fonds publics.
Entre autres changements, la rétribution des conseillers scolaires ne pourra dépasser 10 000 dollars, et les dépenses acceptables se limiteront aux frais de transport pour les déplacements importants nécessaires pour assister à une réunion du conseil et les soutiens essentiels pour accomplir les tâches (téléphone ou ordinateur).

« Le système d’éducation de l’Ontario doit rester concentré sur sa responsabilité première : la réussite des élèves. Dans certains conseils scolaires, cet objectif a été perdu de vue, et ce sont les élèves qui en paient le prix », a déclaré Paul Calandra, ministre de l’Éducation.
Il a également ajouté que « si d’autres mesures sont nécessaires pour protéger les élèves et renforcer le respect envers les professionnels qui les instruisent, nous n’hésiterons pas à agir. »
Huit conseils scolaires de langue anglaise, cinq publics et trois catholiques, ont été mis sous supervision ministérielle en moins d’un an, pour cause de « mauvaise gestion financière et à une gouvernance défaillante ».
Pour les conseils anglophones seulement et en renforcer la surveillance budgétaire, deux nouveaux rôles seront ajoutés, un chef de service administratif (direction de l’éducation), qui dirigera l’élaboration du budget, et un agent d’éducation en chef. « En cas d’impasse entre les conseillers, le ministre tranchera », peut-on lire dans le document officiel.
Des mesures pour renforcer l’assiduité et la réussite scolaire
En outre, le ministre de l’Éducation souhaite imposer des ressources d’apprentissage approuvées et uniformisées à l’échelle de la province, précisant que les enseignants conserveraient la possibilité d’ajouter du matériel supplémentaire.
Ces ressources, qui incluraient des plans de leçons, du matériel pour les élèves, des outils pour l’évaluation, des guides pour le personnel enseignant et des outils d’apprentissage interactifs numériques seront disponibles dès le début de l’année scolaire 2026-2027 par l’intermédiaire d’ApprovisiOntario.
L’Ontario instaurerait une politique visant à faire valoir l’assiduité et la participation valant pour 15 % de la note finale pour la 9e et la 10e année, et 10 % pour la 11e et la 12e année (hors maladies ou absences justifiées).
Pour les élèves de la 9e à la 12e, de nouveaux jours officiels d’examens obligatoires d’écriture seront notamment introduits.
Consensus chez les partis d’opposition
Les partis d’opposition réagissent par la négative, avec un champ lexical orienté sur la prise de pouvoir unilatérale du gouvernement.
« En contrôlant davantage les nominations, les budgets et en restreignant ce que les conseillers scolaires peuvent même discuter, ce gouvernement centralise la prise de décision à Queen’s Park et met de côté les voix locales », s’offusque Chandra Pasma, porte-parole du NPD en matière d’Éducation.
« Ce que ce projet de loi fait, c’est remplacer les voix locales par les marionnettes de Paul (Calandra) — des superviseurs et maintenant des chefs de la direction (CEO) qui répondent à lui, et non aux communautés, et qui pourraient n’avoir que peu ou pas d’expérience en éducation », réagit John Fraser, chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario et porte-parole en matière d’Éducation.
Ce dernier pointe d’ailleurs du doigt l’absence de mesures en ce qui concerne la taille des classes et le financement de l’éducation spécialisée.
C’est sur le « sous-financement du système d’éducation » que Mike Schreiner, le chef des Verts, argumente également.
« Les Verts de l’Ontario demandent au gouvernement Ford de mettre fin à son attaque contre la démocratie locale et de commencer à investir de manière significative dans l’éducation publique. »