Résidence en médecine : un revirement de l’Ontario salué par le milieu francophone
OTTAWA – Le gouvernement ontarien recule sur une politique controversée qui limitait l’accès aux postes de résidence aux diplômés internationaux en leur imposant d’avoir complété deux années d’études secondaires en Ontario. Un virage salué par le milieu francophone de la santé ainsi que l’Association médicale de l’Ontario.
L’annulation de cette mesure « pourrait faciliter l’intégration des médecins francophones formés à l’étranger ».
C’est l’avis de Normand Glaude, directeur général du Réseau des services de santé en français de l’Est de l’Ontario (RSSFE).
« Nous saluons le changement de cap du gouvernement », s’est-il félicité.
Dans un contexte de pénurie de médecins, de demande croissante et de départs à la retraite, il rappelle que « la pénurie actuelle ralentit le jumelage de patients orphelins avec leurs prestataires ».
Selon lui, la politique du gouvernement Ford aurait exclu « certains médecins formés à l’étranger déjà établis en Ontario – avec une formation de qualité, notamment dans des institutions francophones – sans données probantes démontrant un réel enjeu ».

Le gouvernement ontarien a récemment fait marche arrière sur une exigence controversée qui prévoyait que les diplômés internationaux en médecine (DIM) devaient avoir complété deux années d’études secondaires en Ontario pour être admissibles au premier tour du jumelage principal R-1 de 2026.
Cette décision a été confirmée par le Service canadien de jumelage des résidents, qui coordonne chaque année l’accès aux postes de résidence pour environ 6000 étudiants en médecine au Canada.
L’Association médicale de l’Ontario s’est également réjouie de ce revirement.
« Alors que de nombreux Ontariens n’ont toujours pas accès à un médecin de famille, il est essentiel que chaque candidat qualifié – y compris les médecins formés à l’étranger – puisse concourir pour des postes de résidence et contribuer à relier les patients aux soins dont ils ont besoin », a-t-elle indiqué dans une déclaration transmise à ONFR.
L’organisme dit vouloir collaborer avec le gouvernement et les facultés de médecine afin de « soutenir les étudiants ontariens tout en maintenant des possibilités équitables pour les médecins formés à l’étranger lors des prochains cycles de jumelage ».
« Cela a pris beaucoup trop de temps », selon l’opposition
La marche arrière du gouvernement fait également réagir l’opposition.
« Au Nouveau Parti démocratique de l’Ontario (NPDO), nous savions que c’était une erreur. L’Association médicale de l’Ontario l’a dit aussi, et les Ontariens étaient clairement du même avis. Plus de 830 personnes ont signé notre pétition en ligne presque immédiatement, et bien d’autres sur papier. Il est bon de voir que le gouvernement a écouté et a renversé cette décision », a déclaré la ministre fantôme des Soins primaires, la députée Robin Lennox (Hamilton-Centre).
« Cette politique a causé de réels préjudices », a ajouté la ministre fantôme de la Santé, la députée de Nickel Belt, France Gélinas.

« Des médecins qualifiés ont été exclus alors que des millions d’Ontariens cherchent toujours à obtenir des soins. Le gouvernement a reculé, mais cela a pris beaucoup trop de temps. S’il est sérieux dans sa volonté de régler la pénurie, il doit cesser de créer des obstacles et permettre à davantage de médecins d’intégrer notre système », a-t-elle ajouté.
Entrée en vigueur en octobre 2025, la politique limitait l’accès aux postes de résidence aux diplômés canadiens et aux diplômés étrangers ayant complété au moins deux années d’études secondaires en Ontario.
À la fin de 2025, les tribunaux ont suspendu à deux reprises son application, dans le cadre d’un recours intenté par deux étudiantes devenues inadmissibles faute d’avoir fréquenté une école secondaire ontarienne pendant cette période.