Ski : Valérie Grenier veut redevenir « capable de viser le podium à chaque course »
[ENTREVUE EXPRESS]
QUI :
Valérie Grenier est une skieuse alpine franco-ontarienne originaire de St. Isidore, en Ontario. Spécialiste du slalom géant et du super-G, elle a marqué l’histoire en devenant la première Canadienne à remporter un slalom géant en Coupe du monde depuis 1974, avec une victoire en 2023, un exploit répété en 2024.
LE CONTEXTE :
Victime d’une grave blessure la saison dernière, elle a fait son retour cet hiver en quête de son niveau d’antan, en vue des Jeux olympiques d’hiver, qui auront lieu l’année prochaine à Cortina en Italie.
L’ENJEU :
La skieuse revient sur sa saison et sur le retour progressif de ses sensations sur les skis, avant de se projeter sur sa préparation et l’année prochaine.
« De manière générale, quel bilan tirez-vous de cette saison de retour de blessure?
Quand je pense à la saison complète, je suis quand même fière de moi et contente de comment ça s’est passé. En même temps, on en veut toujours un peu plus, j’aurais peut-être pu faire un podium ou juste une couple de résultats meilleurs, mais avant la saison, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre et je pense que ça aurait pu être vraiment pire.
Quels sont les grands moments de votre saison?
J’étais vraiment contente d’avoir terminé cinquième de deuxième course à Are (Suède). C’était une bonne course j’ai vraiment aimé comment j’ai skié. Je me suis sentie vraiment bien. il y a aussi les courses à Sestrières (Italie), surtout la deuxième avant de sortir j’avais vraiment de bonnes sensations.
J’étais en chemin pour un bon résultat puis, finalement, j’ai eu comme une chute mais c’était une bonne course pour moi. Il y a aussi eu ma quatrième place à Summering (Autriche) au début de la saison, j’ai terminé quatrième vraiment proche du podium, ça a été vraiment cool pour moi.
En dernier, je dirais aussi ma huitième place à La Thuile (Italie) en super-G, c’était mon premier top 10 depuis 2019 (sur la discipline). C’était quand même fou! Ça m’a rendu vraiment fière, ça fait du bien d’avoir un bon résultat en vitesse.
L’annulation de Mont-Tremblant représente-t-elle la grosse déception de votre saison?
Mon Dieu! Ne pas avoir pu faire la course à Tremblant m’a brisé le cœur. Je n’en revenais pas. J’ai tellement pleuré quand je l’ai appris. C’était certainement la plus grosse déception de la saison. J’ai déjà hâte d’être à la saison prochaine pour y retourner en espérant que la compétition ait lieu.
Comment avez-vous évolué mentalement au fil de la saison, avez-vous eu de l’appréhension pendant longtemps ou est-ce qu’elle s’est vite effacée?
C’est difficile à dire s’il y a eu un moment précis où l’appréhension a complètement disparu. Au début de la saison, j’en ressentais quand même pas mal, parce que j’avais un peu de mal à savoir comment les choses allaient se passer. J’avais du mal à me faire confiance, c’était une sensation un peu étrange. Mais petit à petit, de course en course, je me suis sentie un peu mieux.
Cela dit, une petite crainte restait toujours en arrière-plan, comme si quelque chose manquait encore. Je n’ai jamais vraiment retrouvé le niveau de confiance que j’avais l’an passé, et je ne dirais pas que j’étais totalement épanouie.
Mais à partir des courses à Sestrières, j’ai senti un changement, une amélioration. Les choses commençaient enfin à se placer, je me sentais plus moi-même. Et à Are, j’ai vraiment retrouvé mon ski, avec presque plus d’appréhension du tout.
Quel est le programme à venir avant de débuter la saison prochaine, sur quoi allez-vous travailler?
Je devais initialement aller en Europe pour un camp de ski-testing avec Rossignol – cinq jours d’entraînement consacrés à tester différents modèles de skis – mais malheureusement, ça a été annulé. Du coup, mon prochain camp sera aux Deux Alpes, en France fin mai. On y restera environ trois semaines, jusqu’à la mi-juin, et ce sera un peu comme le vrai redémarrage de la saison.
L’objectif, ce sera d’en profiter pour m’entraîner intensément. Je me suis sentie de mieux en mieux au fil de la saison, donc j’ai le sentiment que je serai capable de supporter plus de volume cet été. Je vais aussi avoir eu une bonne période de repos d’ici là, ce qui va m’aider. On va surtout travailler le géant, mais je vais aussi faire un peu de vitesse, du super-G, et surtout me concentrer sur les bases tout en accumulant un gros volume de ski.
Quelles sont vos ambitions pour l’année prochaine?
C’est sûr que les Jeux olympiques sont très présents dans mon esprit. Ils auront lieu en Italie, à Cortina, qui est un de mes endroits préférés. Rien que pour ça, je suis impatiente.
En ce moment, je me sens à une bonne place. Je sens que je progresse, que je suis sur une belle lancée, et ça me donne confiance pour arriver en pleine forme la saison prochaine. L’objectif, ce sera d’être une athlète capable de viser le podium à chaque course. C’est le plan qu’on a établi avec mes entraîneurs : être constamment parmi les meilleures.
En vitesse aussi, je veux poursuivre sur la lancée de cette saison. J’ai fait de belles avancées, et je crois sincèrement que je peux me hisser parmi les meilleures dans cette discipline également. Je ne sais pas encore à quel niveau exactement, mais c’est clairement mon ambition. »