La défenseure du Canada Vanessa Gilles dévie le ballon pour marquer un but lors d'un match du tournoi de football féminin, le 1er mars 2026, à Nashville, au Tennessee. (AP Photo/George Walker IV)
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Soccer : « Quand tout un collectif veut gagner, ça change », souligne Vanessa Gilles

La défenseure du Canada Vanessa Gilles dévie le ballon pour marquer un but lors d'un match du tournoi de football féminin, le 1er mars 2026, à Nashville, au Tennessee. (AP Photo/George Walker IV)

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Défenseure centrale de l’équipe nationale canadienne, Vanessa Gilles fait partie des cadres de la sélection. Présente au Brésil avec le Canada pour les Séries FIFA 2026, un tournoi à quatre équipes incluant la Zambie, la Corée du Sud et le pays hôte, la Franco-Ontarienne sort d’un match marquant contre la Corée, au cours duquel elle a inscrit le premier doublé de sa carrière internationale.

LE CONTEXTE :

Après une deuxième moitié de 2025 difficile, la sélection canadienne semble avoir retrouvé un nouvel élan en 2026. Cette progression s’est d’abord appuyée sur une solidité défensive retrouvée lors de la Coupe SheBelieves, où le Canada a terminé deuxième après une victoire contre la Colombie, une défaite face aux États-Unis et une nulle contre l’Argentine. Au Brésil, les Canadiennes semblent désormais y ajouter un renouveau offensif, illustré par deux victoires convaincantes contre la Zambie puis face à la Corée du Sud, malgré une infériorité numérique lors de cette deuxième rencontre.

L’ENJEU :

À la veille d’un affrontement face au Brésil, l’Ottavienne revient sur le renouveau observé chez les Canadiennes, sur l’importance du retour de Cloé Lacasse, sur les progrès permis par la Super Ligue du Nord, ainsi que sur les clés d’un match qui s’annonce aussi physique qu’intense.

« La dynamique depuis 2026, c’est quand même bien mieux par rapport à la deuxième moitié de 2025. Comment jugez-vous cette année jusqu’à présent?

Gagner, ça aide. La fin de 2025 était compliquée et, quand les défaites s’enchaînent, c’est facile d’entrer dans le doute, individuellement comme collectivement. On a eu du temps entre les camps pour débriefer, voir ce qu’il fallait changer et ce qu’il fallait garder. Le gros changement, ça a été l’engagement de tout le monde à vouloir transformer la dynamique, mais aussi les performances, sur le terrain comme en dehors. Niveau culture, que ce soit les joueuses et le staff, tout le monde a pris une charge en plus. On l’a senti dès la première journée. Ce n’est pas facile, mais quand tout un collectif veut changer, veut gagner, ça change.

Qu’est-ce qui a changé concrètement dans ce groupe canadien?

Je pense que l’énergie a été contagieuse. Les joueuses, le staff, tout le monde a vraiment voulu repartir sur autre chose. Il y avait une vraie volonté de commencer 2026 avec une nouvelle dynamique et ça s’est ressenti très vite.

Comment analysez-vous vos deux premiers matchs dans ce tournoi?

Il y a eu beaucoup de positif, mais aussi beaucoup d’enseignements. Le but de ce tournoi, c’est justement d’avoir trois matchs très différents, contre trois adversaires de trois continents différents. Contre la Zambie et la Corée du Sud, on a déjà eu deux images différentes, et le Brésil sera encore un autre défi. Ça nous met directement dans une forme de contexte Coupe du monde, avec peu de temps pour s’adapter. C’est bien pour une équipe qui a des joueuses expérimentées, mais aussi beaucoup de jeunes. On a eu deux victoires dont un match avec un carton rouge. Il y a du positif, mais on sait aussi que tout n’a pas été parfait.

Vous avez signé contre la Corée du Sud le premier doublé de votre carrière en sélection. Quel sentiment en retirez-vous?

Surtout de la satisfaction d’avoir gagné. À la mi-temps, quand on est rentrées à 1-1 avec une joueuse en moins, le message était clair : l’objectif ne change pas. On voulait gagner ce match, on veut gagner ce tournoi. Les coups de pied arrêtés, on sait que c’est une de nos forces. C’est quelque chose qu’on travaille beaucoup à l’entraînement et sur lequel on met beaucoup de fierté collectivement. Donc marquer comme ça, évidemment, ça fait du bien.

Quel regard portez-vous sur le retour de Cloé Lacasse?

Ça fait énormément de bien à tout le monde. Sur le terrain déjà, son dynamisme apporte beaucoup au collectif. C’est une joueuse capable de rentrer dans l’axe, de frapper, de combiner, mais aussi d’aller le long de la ligne et d’apporter des ballons aux attaquantes. C’est vraiment un atout dans n’importe quelle équipe. Et hors du terrain, c’est une personne incroyable. Elle apporte beaucoup d’humour, beaucoup de calme aussi. C’est une vraie leader. C’est vraiment une bonne personne à avoir dans l’équipe.

La Super Ligue du Nord a déjà permis à plusieurs joueuses de se montrer et même d’atteindre la sélection. Est-ce un signal très prometteur pour l’avenir?

Oui, énormément. C’est exactement ce dont on a besoin, et ce dont on aura besoin dans les prochaines années pour l’équipe nationale. Quand on voit des joueuses comme DB (Pridham), Kaylee Hunter, Holly Ward ou Emma Regan arriver en sélection après avoir accumulé des minutes dans cette ligue, on voit tout de suite l’intérêt. C’est un pipeline qu’on n’avait pas auparavant. Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles une ligue comme celle-là est importante, mais celle-ci en est clairement une grande.

À quoi vous attendez-vous contre le Brésil? Quelles seront les clés?

Le Brésil, c’est toujours un match à la fois amusant et frustrant. C’est une équipe très physique, qui joue d’une manière assez atypique, avec du un contre un sur presque tout le terrain. C’est une équipe qui joue avec énormément de cœur, énormément de passion, qui va vite vers l’avant et qui défend très fort. Les clés, ce sera vraiment la discipline et le calme, avec et sans ballon. Il faudra répondre dans les duels, dans l’intensité, dans le jeu d’appui aussi. Jouer au Brésil, dans la chaleur, chez elles, ce sera forcément un gros défi.

Et les coups de pied arrêtés peuvent-ils encore faire la différence?

Comme dans tous les matchs, ça va être une clé pour nous, autant défensivement qu’offensivement. On a déjà eu du succès contre le Brésil dans ce contexte-là par le passé, donc on espère encore pouvoir s’appuyer là-dessus. »