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Toronto fait son retour au sein des municipalités franco-ontariennes

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Les conseillers municipaux torontois ont adopté, ce mercredi, la recommandation du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto de rejoindre l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO). L’organisation militait depuis trois ans pour cette adhésion, rompue en 2018 dans la foulée des compressions Ford dans l’effectif du conseil.

Cette adhésion n’est pas encore totalement effective, mais donne le feu vert au directeur municipal afin d’entamer des discussions avec l’AFMO. Il sera question, entre autres, de fixer le montant de la cotisation de Toronto et de choisir quel conseiller municipal siégera au sein de l’association, au nom de la ville.

Jennifer McKelvie étant la seule conseillère à maîtriser le français et à porter un intérêt marqué pour la communauté, tout porte à croire qu’elle tiendra ce rôle. « Si mes collègues conseillers l’acceptent, je serai ravie de remplir cette tâche », a-t-elle réagi au micro d’ONFR+.

La conseillère municipale de Scarborough-Rouge Park s’est dite excitée par les perspectives de ce retour dans le giron des villes franco-ontariennes : « Ça marque l’engagement de la ville envers la communauté francophone de Toronto et ça va encourager la collaboration avec d’autres municipalités », pense-t-elle. « C’est aussi un moyen de s’assurer que les besoins uniques des francophones sont intégrés dans notre plan de relance économique. »

En travaillant ensemble, on va trouver des solutions pour Toronto » – Serge Paul, président de l’ACFO Toronto

Le président de l’Association des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) Toronto, Serge Paul, qui copréside le comité avec Mme McKelvie, est également enthousiaste. « On est prêt à les aider pour en faire en sorte que Toronto devienne encore plus francophone », dit-il.

Serge Paul, président de l’ACFO Toronto. Crédit image : Rudy Chabannes

Il souhaite à présent que « l’AFMO fasse des recherches, nous apporte des ressources et des outils pour développer cette francophonie. Ils ont l’habitude de travailler avec des municipalités où la diversité est moindre, alors que Toronto est l’extrême inverse. Donc, on veut leur apprendre comment travailler avec cette diversité et, eux, nous montrerons comment développer les services en français. En travaillant ensemble, on va trouver des solutions pour Toronto ».

Un gros impact et des résultats, promet l’AFMO

« Ça va avoir un gros impact sur l’AFMO et la francophonie », prédit Nicole Fortier Lévesque, la mairesse de Moonbeam et membre de l’AFMO, « car les services qu’on offre dépendent du financement des municipalités. Plus on est nombreux et plus on est en mesure d’offrir de meilleurs services. La ville de Toronto ne sera pas déçue des résultats qui vont subvenir suite à cette décision. »

L’AFMO a notamment l’intention d’offrir des formations à la ville afin qu’elle soit outillée pour offrir plus de services en français. L’organisation réfléchit aussi à d’autres pistes d’action qu’elle inclura dans son prochain plan stratégique.

Nicole Fortier Lévesque, mairesse de Moonbeam et membre de l’AFMO. Archives ONFR+

Malgré la lenteur de la ville à fournir plus de services en français, Mme Fortier-Lévesque croit qu’« avec de la persévérance et de la détermination, on va en venir à bout ».

Elle ajoute que l’action conjuguée de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour convaincre le gouvernement ontarien de moderniser la Loi sur les services en français va permettre de débloquer la situation. « À un moment donné, les villes n’auront pas le choix de s’embarquer. C’est le meilleur temps pour Toronto de renouveler son adhésion. »

Une parenthèse de trois ans se referme

Lors de la dernière réunion du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto, Mme Fortier Lévesque n’avait toutefois pas convaincu tout son auditoire, concernant les bénéfices concrets d’une telle alliance.

Le chercheur Carlo Handy Charles avait demandé un document plus détaillé sur les avantages que pouvait attendre les Franco-Torontois, tandis que Dada Gasirabo, directrice générale d’Oasis Centre des femmes, avait pointé le peu de diversité au sein de l’association. Sur ce dernier point, la conseillère McKelvie estime que c’est à l’AFMO d’« initier une réflexion sur son avenir ».

D’un autre côté, Toronto avait fortement déçu les villes franco-ontariennes en ne participant à sa dernière assemblée générale en 2020, alors même que son site web affirmait que la ville était membre en règle.

Roger Sigouin, maire de Hearst, et président de l’AFMO a milité activement pour le retour de la Ville reine, depuis son retrait voté en 2018, après 28 ans d’implication. Un retour que laissait planer John Tory dès mars 2019, auprès du directeur général Marc Chénier.

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