Toujours aucun échéancier pour la réhabilitation des panneaux vandalisés du Sentier partagé
TORONTO – Deux ans après le reportage d’ONFR révélant l’abandon de panneaux historiques franco-torontois, le dossier piétine toujours. Il semblerait que le contenu historique soit en phase de révision, la Ville de Toronto n’a pour l’heure déterminé aucune date de fabrication ou d’installation. Une inertie qui désespère la communauté.
Il y a plus de deux ans de cela, ONFR rapportait le vandalisme des panneaux du Sentier partagé, au cœur du parc Étienne Brulé, le long de la rivière Humber — une situation à l’époque ignorée par les autorités locales.
Partie intégrante de l’histoire franco-torontoise, le Sentier partagé raconte les fondations autochtones et françaises de la ville reine au 17e siècle, avant que les Anglais ne s’y installent, via 12 points d’information et leurs 25 panneaux.
De nos constatations, plus d’un tiers manquaient à l’appel. Quant aux autres, graffitis ou intempéries en avaient eu raison.
À la suite de quoi, plusieurs conseillers municipaux avaient signé une lettre conjointe réclamant la sauvegarde des écriteaux, garants de l’histoire et du patrimoine franco-torontois demandant au service des parcs, des forêts et des loisirs, en consultation avec le bureau des affaires autochtones et les services de développement économique de la culture, d’entreprendre des travaux de restauration et de réparation.

Le département des Parcs, des Forêts et des Loisirs (PFR) de Toronto avait alors recommandé une révision du contenu de toutes les plaques impliquant les partenaires communautaires pour le contenu sur leur patrimoine.
« Le projet est actuellement dans une phase de révision et de planification », nous a assuré Kayla Lewis, porte-parole média de la Ville. Dans le cadre d’un engagement plus large visant à mettre à jour les marqueurs historiques, la Ville s’assure que tout nouveau contenu reflète les valeurs actuelles et implique un engagement significatif auprès des partenaires communautaires. »
« Bien que nous n’ayons pas d’échéancier de travail confirmé ni de date précise pour l’installation à ce jour, nous explorons les moyens de faire avancer les phases de fabrication et d’installation une fois la révision du contenu finalisée. »
De nombreuses relances et peu d’avancement
« Les valeurs changent, mais pas l’histoire », commente Rolande Smith, la directrice de la Société d’histoire de Toronto, qui défend activement la restauration des panneaux d’interprétation.
« Nous attendons toujours d’être consultés pour les contenus en français, comme cela nous avait été promis. Nous n’avons en réalité jamais eu de contact avec le bureau culturel, désormais en charge de la patate chaude », déplore celle-ci.
« Je pensais même que le sujet était tombé dans le néant », confie Mme Smith, qui tente, en parallèle, de développer une visite audioguidée en français.
Du côté de l’ACFO-Toronto, Jean Claude N’da, le président du conseil d’administration, estime que la durée de ce dossier, qui s’étire depuis plusieurs années, envoie un signal négatif quant à la priorité accordée à la mémoire et à la visibilité de la francophonie dans l’espace public.
« La situation est préoccupante à plusieurs égards, avance-t-il. Ces plaques jouent un rôle essentiel dans la reconnaissance de l’histoire francophone et de la contribution des communautés francophones et autochtones à Toronto. (…) Nous comprenons bien qu’ils (la mairie) puissent avoir certaines contraintes, mais nous estimons important que cette réhabilitation soit traitée avec diligence et transparence. »
Celui-ci souhaite faire du dossier l’un des points forts à aborder lors de la prochaine rencontre du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto, le 18 juin prochain.
« Nous avons fait une présentation en octobre 2024 lors d’une de nos rencontres et la Ville ne nous a pas donné de mise à jour depuis », rapporte Hélène Grégoire, elle-même membre du comité consultatif.
« Personnellement, j’appuie la réhabilitation des plaques et c’est mon impression que tous les membres du comité l’appuient également. »
Elle espère qu’un bilan sur le Sentier partagé ainsi que sur les actions entreprises à la suite des diverses recommandations du comité leur soit présentés à la rencontre de juin.