Les Essais canadiens de natation 2026 réuniront les meilleurs nageurs du pays à Montréal. Parmi eux, les Franco-Ontariens Ben Winterborn, Filip Senc-Samardzic et Alexandre Landry nourrissent chacun l'ambition de franchir une nouvelle étape dans leur carrière. Photo : montage Canva
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Trois Franco-Ontariens plongent vers les Essais canadiens

Les Essais canadiens de natation 2026 réuniront les meilleurs nageurs du pays à Montréal. Parmi eux, les Franco-Ontariens Ben Winterborn, Filip Senc-Samardzic et Alexandre Landry nourrissent chacun l'ambition de franchir une nouvelle étape dans leur carrière. Photo : montage Canva

Du 5 au 9 juillet, les meilleurs nageurs du pays convergeront vers la Piscine olympique de Montréal pour les Essais canadiens Bell 2026. En jeu : une place au sein de l’équipe nationale qui représentera le Canada aux Championnats pan-pacifiques. Parmi les athlètes attendus figurent trois Franco-Ontariens aux parcours bien différents. Ben Winterborn et Filip Senc-Samardzic visent les sommets de la natation canadienne, tandis qu’Alexandre Landry s’apprête à tourner une page importante de sa carrière.

À quelques jours de plonger dans le bassin montréalais, les trois nageurs affichent des états d’esprit contrastés, mais un même désir de franchir une nouvelle étape.

Ben Winterborn, s’imposer parmi l’élite canadienne du dos

Chez Ben Winterborn, la confiance est palpable. Le nageur torontois estime avoir trouvé une stabilité qui lui faisait parfois défaut ces dernières saisons. Sans chercher à accumuler les performances éclatantes avant Montréal, il a construit sa préparation autour d’un seul objectif : arriver au meilleur de sa forme lorsque les qualifications seront en jeu.

« L’entraînement va vraiment bien. Les championnats universitaires m’ont donné beaucoup de confiance. Je suis content de la façon dont les choses se passent et je me sens confiant à l’approche des essais », résume-t-il.

Ses ambitions sont clairement définies. Déjà sélectionné pour les Jeux du Commonwealth, le spécialiste du dos originaire de Kingston souhaite désormais décrocher une place au sein de l’équipe canadienne qui participera aux Championnats pan-pacifiques. Sur le plan individuel, il vise la victoire au 50 mètres dos, une place parmi les deux premiers au 100 mètres dos et espère se rapprocher du record canadien sur sa spécialité.

Le spécialiste du dos Ben Winterborn s’entraîne au Centre de haute performance de Toronto tout en poursuivant des études en sciences politiques à l’Université de Toronto. Photo : Barry McCluskey/Université de Toronto

Construire la suite de sa carrière

À une semaine des essais, les derniers ajustements ne sont plus physiques, mais psychologiques.

« À présent, il n’y a plus grand-chose que je peux changer physiquement. Là, l’objectif, c’est le mental. Je fais beaucoup de visualisation. Chaque jour, je m’imagine au 50 mètres et au 100 mètres. J’imagine comment je veux approcher la course, comment je veux être derrière les blocs, à quoi je veux penser. Et je me prépare aussi à réagir si quelque chose d’imprévu arrive. »

Cette préparation minutieuse s’inscrit dans un projet à plus long terme. Ben Winterborn pense déjà aux Championnats du monde de 2027, puis aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Son objectif est de continuer à progresser parmi les meilleurs canadiens de sa discipline.

Filip Senc-Samardzic, des ambitions au-delà de la qualification

Le parcours de Filip Senc-Samardzic raconte une autre histoire.

Sa saison universitaire aux États-Unis a été marquée par une frustration. Malgré une préparation qu’il juge réussie, le Franco-Ontarien a échoué à une seule place d’une qualification individuelle aux championnats NCAA, après des changements dans le système de sélection. Il a en effet terminé 25e alors que, désormais, seuls les 24 meilleurs nageurs étaient retenus.

Malgré cette déception, Senc-Samardzic est resté concentré sur le relais 4 x 100, où, avec son équipe, il a terminé parmi les huit meilleures du pays. (modifié) 

Loin de l’abattre, sa détermination s’est renforcée. Après un stage avec l’équipe canadienne à Majorque et une compétition à Barcelone, Senc-Samardzic estime arriver aux essais dans les meilleures dispositions de la saison.

« Je me sens vraiment bien. C’est la première fois cette saison que je passe sous les 50 secondes au 100 mètres libre. Maintenant qu’on approche des essais et que l’affûtage est terminé, je suis content de là où j’en suis. On verra ce que je peux faire, mais je sens que je suis dans une bonne période. »

Filip Senc-Samardzic, spécialiste du papillon et de la nage libre, évolue à l’Université de l’Arizona. Il y a notamment partagé le bassin avec le Français Léon Marchand, quadruple champion olympique aux Jeux de Paris 2024. Photo : Casey McNulty/Arizona Athletics

Des rêves de podium olympique

Cette confiance s’accompagne d’objectifs élevés. Une qualification pour les Championnats pan-pacifiques constitue la priorité immédiate, avant les Championnats du monde en petit bassin cet hiver et les Mondiaux de Budapest en 2027.

Mais le nageur de 22 ans voit déjà plus loin. « Je n’ai pas envie juste de me qualifier pour les Jeux olympiques. Bien sûr que ce serait une étape importante dans ma carrière, mais je veux performer là-bas. Je veux me qualifier pour des finales individuelles et, avec notre relais 4 x 100 mètres libre, on parle déjà de gagner une médaille à Los Angeles. C’est un objectif qu’on partage tous les quatre depuis les derniers championnats du monde. »

Cette ambition illustre le changement de statut du Canadien d’origine suisse et croate. Désormais intégré à l’environnement de l’équipe nationale, il ne cherche plus seulement à y faire sa place, mais à s’y imposer durablement.

Alexandre Landry, des adieux à Sudbury

Pour Alexandre Landry, les essais montréalais auront une signification particulière. Au-delà de l’aspect sportif, ils marqueront ses dernières compétitions sous les couleurs du club de Sudbury, qu’il quittera à la fin de l’été pour rejoindre l’Université d’Ottawa, où il poursuivra des études en éducation en français tout en intégrant un groupe d’entraînement de haut niveau.

Le choix s’est imposé naturellement. Après plusieurs stages avec sa future équipe, Landry a découvert un environnement beaucoup plus structuré, avec un accès à des spécialistes de la préparation physique, de la nutrition et de la santé mentale.

« Ça m’a vraiment ouvert les yeux. J’ai pu rencontrer la majorité de l’équipe, voir comment tout est organisé et découvrir tous les services auxquels ils ont accès. Je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de choses qui pourront m’aider à progresser dans le futur. »

Âgé de 25 ans, le Franco-Ontarien Alexandre Landry partagera son temps entre ses études en éducation en français à l’Université d’Ottawa et la natation de haut niveau à compter de l’automne. Photo : Daniel Landry

Nager sans pression

Quitter Sudbury n’en demeure pas moins chargé d’émotion.

« L’équipe va certainement beaucoup me manquer. Même si ça ne fait que cinq ans, ça a vraiment été comme une famille. Le camp d’entraînement en Espagne et les dernières compétitions ensemble m’ont aussi rassuré. J’ai vu les plus jeunes progresser et je me suis dit qu’ils étaient prêts à continuer sans moi. Ça rend le départ un peu plus facile. »

Sur le plan sportif, Landry reconnaît que sa saison n’a pas répondu à toutes ses attentes. Plutôt que de s’imposer une pression supplémentaire, il préfère aborder les essais avec sérénité.

« Je veux simplement bien la terminer. J’essaie de ne pas me mettre de pression, juste nager pour le plaisir. Ça fait quinze ans que je fais ce sport. Je veux continuer à m’améliorer et voir ce qui va se passer. »

Une philosophie qui pourrait lui permettre de créer la surprise avant de débuter un nouveau chapitre de sa carrière dans la capitale fédérale.