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Tyr Duhaney-Walker : « l’Atlético Ottawa forme une vraie famille dans le vestiaire »

Tyr Duhaney-Walker a disputé un total de 11 matchs avec trois titularisations en PLC et l'intégralité des 180 minutes en tant que titulaire en Championnat canadien. Photo : Philippe Larivière/ Atlético Ottawa

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI

Tyr Duhaney-Walker est l’un des visages prometteurs de l’Atlético Ottawa. Défenseur central franco-ontarien, il s’impose peu à peu dans le onze de départ grâce à sa qualité technique, à sa lecture du jeu et à sa force mentale. À seulement 21 ans, il incarne la nouvelle génération ambitieuse du club de la capitale.

LE CONTEXTE

Ce mardi, l’Atlético Ottawa se déplace sur la pelouse de York United pour le match retour du quart de finale du Championnat canadien. Après une victoire 2-1 à l’aller, les rouges et blancs ont un léger avantage à défendre. 

Pour Duhaney-Walker, ce rendez-vous intervient dans une période positive : nommé dans l’équipe de la semaine en Première Ligue canadienne, il regagne la confiance des entraîneurs et enchaîne les minutes, après un début de saison perturbé par un carton rouge et une concurrence féroce.

L’ENJEU

Dans cet entretien accordé à ONFR, le jeune défenseur revient sur ses premières semaines mouvementées, l’exigence quotidienne sous les ordres de Diego Mejia, la richesse de l’effectif et l’identité offensive du groupe. Confiant et déterminé, Tyr Duhaney-Walker affirme l’ambition collective de l’Atlético : jouer chaque compétition à fond, viser les sommets en Première ligue canadienne (PLC) et se projeter vers la scène continentale avec la Ligue des champions de la CONCACAF en ligne de mire.

« Parlez-nous un peu de votre début de saison. Comment l’analysez-vous aujourd’hui?

Le début de saison a été un peu compliqué pour moi. J’ai commencé titulaire lors du premier match, mais j’ai rapidement écopé d’un carton rouge. Cela m’a écarté de l’équipe pendant un moment.

Ça a été un vrai défi mental, une période où j’ai dû travailler sur moi-même pour m’améliorer. Mais dans un groupe aussi compétitif que le nôtre, ce genre d’obstacle est aussi une opportunité. Chaque jour, l’intensité est élevée, personne n’a sa place garantie. Il fallait que je redouble d’efforts, et aujourd’hui, je commence à en voir les fruits.

Vous évoquez justement cette compétition interne, notamment avec Sergei Kozlovskiy qui s’est imposé très vite à tout juste 17 ans. Comment vivez-vous cette émulation entre jeunes défenseurs?

C’est extrêmement stimulant. Sergei est un excellent joueur, tout comme Loïc Cloutier et Noah Abatneh. Malgré la perte de Amir Didic, qui nous apportait beaucoup d’expérience et de leadership, on reste solide grâce à cette jeune garde.

Didic était un joueur précieux, autant sur le terrain qu’en dehors. Mais la qualité de notre groupe nous permet de compenser. On peut vraiment compter les uns sur les autres, et c’est une grande force.

Tyr Duhaney-Walker revient en force dans la défense centrale ottavienne, il pourrait enchaîner une deuxième titularisation de suite face à York ce mardi. Photo : Sarah Parker

Comment Diego Mejia vous garde-t-il impliqué dans le groupe, surtout après avoir perdu votre place en début de saison?

Le coach sait créer un environnement de confiance. Il accepte que l’on fasse des erreurs, ce qui est essentiel pour progresser. Son approche offensive expose parfois notre défense, mais il assume ce choix et nous donne les outils pour mieux gérer ces situations.

Il nous responsabilise, tout en nous soutenant. Que l’on soit titulaire ou non, tout le monde se sent concerné. Et dans le vestiaire, au-delà des qualités techniques, c’est la qualité humaine qui prime. On forme une vraie famille.

Votre style de jeu, porté sur la relance et la prise de risque, semble parfaitement s’inscrire dans ce projet.

Oui, c’est un système qui me correspond bien. Il me permet d’exprimer mes qualités techniques, de tenter des relances longues ou des prises d’initiative balle au pied. Cette saison, j’apprends à jouer différemment, à m’adapter.

C’est une belle occasion de grandir, surtout avec un staff qui croit en moi. Défendre, c’est mon rôle, mais j’ai aussi du plaisir à construire le jeu.

Trois jeux blancs consécutifs et une attaque en feu : on a l’impression que l’équipe monte en puissance. Où voyez-vous encore des marges de progression?

Offensivement, je pense qu’on est les meilleurs, c’est clair. On l’a prouvé avec nos 30 buts inscrits en championnat. Mais je suis surtout fier des progrès défensifs récents. On commence à gagner en stabilité.

On est une ligne défensive jeune, mais on a envie de prouver qu’on peut rivaliser avec les meilleures équipes de la Ligue, et même au-delà. On a du talent, et on veut le montrer.

Ottawa et York se sont affrontées le 22 juin à Toronto, sous une chaleur accablante, avec un score final logique de 0-0. Photo : Denys Rudenko/ York United

Un mot pour conclure sur ce match retour contre York. Quelle est son importance pour vous?

Elle est énorme. Le coach nous l’a dit dès le début : on joue chaque compétition pour la gagner. Que ce soit la Ligue, les séries ou le Championnat canadien, on veut tout jouer à fond. Et au bout de tout ça, il y a aussi la Ligue des Champions de la CONCACAF.

Ce match contre York est une étape de plus vers ces objectifs. On sait ce qu’on veut, et on va tout faire pour y parvenir. »