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Un projet de fausse université francophone « pour faire rêver »

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY – D’anciens professeurs de l’Université Laurentienne ont annoncé le projet d’Université libre du Nouvel-Ontario (ULNO). Ce projet a pour but de « sensibiliser et démontrer » la légitimité de la création d’une université francophone à Sudbury.

Le tout est lancé par l’historien et ancien professeur de l’Université Laurentienne Serge Miville et est une sorte de « démocratisation du savoir et d’engagement social ». Le tout est séparé en trois volets. Tout d’abord, le volet enseignement avec une offre de six cours en ligne allant de l’histoire à la philosophie qui seront présentés une fois par semaine sur diverses plateformes. Ensuite, une partie sera consacrée à la création artistique et le dernier volet sera la troisième édition de Franco Parole, une sorte de congrès à la fin juin qui a eu lieu par le passé en 1973 et 1991.

« C’est une fausse université, mais c’est un beau projet pour faire rêver… C’est vraiment un projet de sensibilisation sur la question universitaire en milieu universitaire francophone », explique M. Miville, qui sera le vice-recteur de l’UNLO.

Pour l’ancien professeur de La Laurentienne, cette question permet d’attirer l’attention sur la crise que vit présentement Sudbury et la communauté francophone avec son université.

« Ce qu’on fait, c’est la démonstration de la légitimité d’avoir une institution de langue française à Sudbury et on essaie de sensibiliser à l’échelle nationale les gens sur cette question-là et la crise que nous vivons. Ça permet de comprendre ce qu’on a perdu et ce qu’on peut gagner. Ce n’est qu’une démonstration de la légitimité de ce projet. »

Serge Miville de l’ ULNO. Gracieuseté

Il précise toutefois que cette université n’est pas seulement une sorte d’action envers ce qui s’est passé à La Laurentienne.

« C’est un geste qui n’est pas seulement dans l’indignation. C’est un geste de création et de positif qui cherche à canaliser les efforts et les énergies vers quelque chose d’extrêmement sudburois. C’est quelque chose de fondamentalement ancré dans notre imaginaire et dans nos pratiques à Sudbury. On cherche à sensibiliser la population francophone, canadienne et les gouvernements. »

Un avant-goût

Pour l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), ce projet lancé mardi en conférence de presse ouvre la porte à une collaboration entre l’Université de l’Ontario français, celle de Hearst et une institution à Sudbury.

« C’est un rêve qu’on puisse avoir trois universités francophones qui peuvent se réseauter et travailler ensemble en partenariat pour offrir une gamme de cours encore plus élaborés à nos jeunes qui graduent des écoles secondaires. C’est certain qu’à long et même à moyen terme, c’est quelque chose que j’aimerais voir pour la communauté francophone. »

Pour Serge Miville, cette idée et les discussions autour du monde universitaire résultent d’une soif des gens pour une institution francophone dans le Nord de l’Ontario à Sudbury.

« Je pense qu’on a déjà montré un grand intérêt pour le projet simplement en ouvrant très légèrement la porte vers ça et l’engouement a été faramineux… Les gens ont le goût pour ça et la communauté francophone de Sudbury est unanime. Donc, je pense que l’idée ici est d’offrir un contexte à partir duquel les gens du milieu francophone de Sudbury puissent se mettre ensemble pour œuvrer vers un but commun. »

Pour ce dernier, ce projet ouvre le terrain à la demande de l’Université de Sudbury de devenir une entité à 100 % francophone.

« On montre la voie et on rêve, on est en train de dire aux gens : “Regardez ce qui est possible”. Donc on se projette dans l’avenir et non seulement ce n’est pas mêler les cartes, mais appuyer cette démarche qui est tout à fait légitime. »

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