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Une levée de fonds pour sauver l’Université de l’Ontario français?

Le site web de l'Université de l'Ontario français. Crédit image: Capture d'écran

OTTAWA – Des députés du Parti conservateur du Canada (PCC) l’assurent: le temps est propice pour une levée de fonds afin d’aider la création de l’Université de l’Ontario français (UOF) qui semble être dans l’impasse.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Quand il arrive des crises dans une institution, ça amène indubitablement des opportunités. Il y en a une opportunité extraordinaire devant nous pour l’Université de l’Ontario français! Demain matin, on ferait un appel aux dons, je peux vous garantir, mettez-moi président de la campagne, je vous ramasse 10 millions en trois jours», s’enthousiasme le député conservateur québécois, Bernard Généreux.

Le succès des manifestations du 1er décembre en atteste, le projet mobilise la communauté franco-ontarienne et au-delà de la province, l’UOF s’est fait un nom, rappelle l’éu.

Et de poursuivre: «La famille Desmarais, c’est des francophones du Nord de l’Ontario qui sont milliardaires et qui font des affaires partout au Canada. Assurément, si on leur demandait, ils voudraient encourager le projet!»

Selon les calculs de l’élu de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, cette solution permettrait de sortir de l’impasse actuelle. Le fédéral propose déjà de payer la moitié des 84 millions de dollars sur huit ans nécessaires pour démarrer l’UOF, mais la province refuse de financer la somme restante, le gouvernement de Doug Ford ne voulant rien promettre tant que les finances publiques ne seront pas assainies.

 

L’exemple de Bishop

S’appuyant sur l’exemple de l’Université anglophone Bishop, à Sherbrooke, au Québec, qui a récolté 40,5 millions $ de 2012 à 2017, M. Généreux juge que cette solution pourrait débloquer l’intransigeance du gouvernement de l’Ontario.

«Si c’est véritablement une question budgétaire, comme le prétend M. Ford, le gouvernement n’aurait pratiquement plus rien à mettre.»

Le député du Parti conservateur du Canada, Bernard Généreux. Archives #ONfr

Sa proposition a reçu l’appui du critique aux langues officielles du PCC, Steven Blaney, même s’il reconnaît «que l’université Bishop a une longue tradition». Symboliquement, celui-ci a d’ailleurs remis un chèque de 100 $ au recteur par intérim de l’UOF, Normand Labrie, mardi dernier, quand celui-ci s’est présenté devant le comité permanent des langues officielles.

Mais pour le député libéral néo-écossais, Darrell Samson, la solution proposée par les conservateurs comporte une faiblesse.

«Ce n’est pas une mauvaise idée en principe d’aller chercher des fonds du privé, mais quand tu es en situation minoritaire, tu as des milliers de projets et aller chercher les fonds pour chacun d’entre eux, c’est très complexe.»

 

Pas une solution viable, selon Labrie

En entrevue avec #ONfr, M. Labrie indique que l’idée de créer une fondation pour lever des dons a déjà été envisagée.

«C’est dans nos cartons. Le conseil de gouvernance a été mis en place en avril et n’a pu opérer légalement que depuis le mois de mai. Mais on a déjà fait une demande pour un numéro de charité auprès de Revenu Canada pour aller dans ce sens-là. Mais une telle demande prend plusieurs mois avant d’être traitée.»

Il nuance l’optimisme de M. Généreux.

«Souvent, les campagnes de dons sont davantage pour des programmes particuliers, pour de nouvelles ressources, pour créer des chaires de recherche… C’est plus délicat de faire financer le fonctionnement d’une université par une campagne de dons.»

La crainte serait également que cette méthode déresponsabilise la province de ses obligations de financer le postsecondaire. M. Labrie rappelle également que de telles campagnes nécessitent une stratégie bien orchestrée.

«C’est sûr qu’on ne refuserait pas les dons, mais ce n’est pas la solution pour assurer la viabilité du projet de l’Université de l’Ontario français.»

 


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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.