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Université de l’Ontario français: un campus temporaire confirmé

Dyane Adam.Crédit image: Jackson Ho

TORONTO – Sans détour, Dyane Adam, a confirmé que le projet de l’Université de l’Ontario français allait devoir se résigner à occuper des locaux temporaires en 2020.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

«Nous ne sommes pas prêts à décider d’un site et de nos programmes. Si on veut se choisir un site, on doit pouvoir se baser sur nos besoins, ce qui est difficile quand on ne les connaît pas encore», a lancé l’ancienne présidente du comité de mise en oeuvre du projet et nouvellement membre du conseil des gouverneurs.

Dyane Adam espère qu’en 2023, l’Université de l’Ontario français pourra emménager dans son site permanent.


«Chaque organisme a des dates de tombées différentes pour ses baux, mais l’idée sera de se concerter d’ici là pour qu’en bout de piste, on puisse aller tous au même endroit, que ce soit en 2023 ou en 2025.» – Dyane Adam


Mme Adam assure qu’une fois que le site permanent sera trouvé, le carrefour francophone pourra aller de l’avant.

«On devrait d’ici la fin de l’année avoir une idée des deux sites», a-t-elle également assuré.

Celle qui est à l’origine du rapport sur l’Université de l’Ontario français indique que des discussions ont lieu actuellement avec des partenaires, mais refuse de confirmer où se trouvera l’établissement.

«Ce sera dans le centre-ville de Toronto», s’est-elle bornée à dire.

Dyane Adam. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, n’a pas fait de cas que l’Université de l’Ontario français devra aller dans un campus temporaire.

«On savait que c’était audacieux d’avoir un espace physique permanent pour 2020, si on prend en considération les réalités du marché immobilier de Toronto. Par contre, on voulait aussi une première cohorte pour 2020», assure la ministre Lalonde.

Mme Lalonde estime qu’il est plus important de répondre aux besoins de la communauté en ouvrant un site le plus rapidement possible, et qu’ensuite, il faut s’atteler à trouver un lieu permanent.

 

Des craintes au NPD

La néo-démocrate France Gélinas, critique en matière d’Affaires francophones pour son parti, ne cache pas sa déception.

«Maintenant qu’on parle d’un campus temporaire, on voit que notre vision de base du projet est en train de s’effriter», déplore-t-elle.

Mme Gélinas craint «réellement» que le projet de carrefour francophone, tel que demandé par la communauté depuis plusieurs années, n’aille pas de l’avant.

La néo-démocrate et critique aux Affaires francophones pour son parti, France Gélinas. Crédit image: Archives #ONfr

«Ce qui est le plus excitant de ce campus à Toronto, c’est le carrefour avec les différents organismes francophones, mais là, on ne sait pas ce qui va arriver avec ça», martèle-t-elle.

Mme Gélinas déplore aussi la situation dans laquelle va se trouver le collège Boréal, qui devra se contenter de locaux temporaires.

 

Pas la volonté de la communauté

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), espère que le campus temporaire ne sera pas dans «un environnement anglophone».


«Maintenant, on parle de location temporaire et tout ce que j’espère est que ça sera dans un environnement francophone pour que les étudiants puissent vivre en français.» – Carol Jolin


M. Jolin croit qu’il y a tout de même une volonté de créer un carrefour francophone et ne doute pas qu’à long terme, le projet verra le jour.

Pablo Mhanna-Sandoval, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), se désole également de la situation.

«La communauté attend depuis tellement longtemps (…) et là, nous avons encore une incertitude qui plane au-dessus de notre tête», s’exclame-t-il.

Il espère que le gouvernement va mettre les bouchées doubles pour «rectifier la situation».

Du côté du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), on déplore aussi la situation.

«Un campus temporaire, ce n’est pas ce que l’on veut», indique Kelia Wane, co-présidente de l’organisme.

Elle croit que le Collège Boréal, qui doit quitter ses locaux pour 2020, «mérite mieux» que des locaux temporaires encore une fois.

 

Le Collège Boréal veut un bail supérieur à trois ans

«Nous cherchons toujours un emplacement», reconnaît le directeur des communications, planification stratégique et relations gouvernementales du Collège Boréal, Marc Despatie.

«Il faut que l’on soit responsable avec les fonds publics dépensés. Pour nous, c’est plus avantageux que notre bail s’échelonne sur cinq ans, que sur trois ans jusqu’en 2023. Il faut comprendre qu’il y a des possibilités d’ajouts locatifs dans un nouvel emplacement, lesquels ont besoin d’être rentables sur une plus longue période que trois ans.»

Les 300 étudiants de la succursale du Collège Boréal à Toronto doivent disposer d’un «emplacement francophone et isolé», maintient M. Despatie.

 

Article écrit avec la collaboration de Sébastien Pierroz

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois, le 9 avril à 17h09.

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.