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193 élèves francophones en isolement dans 5 écoles d’Ottawa

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – Quelque 193 élèves ont été placés en isolement à la suite de cinq cas de COVID-19 dans cinq écoles du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE). Selon la Santé publique d’Ottawa (SPO), près de sept employés seraient aussi en isolement, et ce quelques jours après la rentrée scolaire.

Selon le conseil scolaire, les cas de la COVID-19 seraient du « cas par cas » et non une transmission au sein de la même cohorte.

« La SPO a jugé qu’il n’y a pas eu de contact entre tous les membres du personnel et les élèves de l’école, alors c’est pour ça qu’on n’a pas eu à fermer des écoles. Il n’y a pas danger. On a désinfecté toutes les écoles où il y a eu des cas durant la fin de semaine pour s’assurer que tout soit sécuritaire », a affirmé Marie-France Paquette, surintendante de l’éducation au CECCE.

Les écoles élémentaires catholiques Saint-Anne, Roger-Saint-Denis, Laurier-Carrière et Saint-François-D’Assise à Ottawa ont chacun eu un cas de coronavirus. Il est toutefois impossible de savoir s’il s’agit d’élèves ou de membres du personnel « afin de protéger les renseignements médicaux personnels des gens concernés ».

Selon la médecin en chef de SPO, Véra Etches, le haut nombre d’élèves isolés s’expliquerait par une mesure de précaution en raison des contacts entre écoliers dans les autobus scolaires.

« Tous les élèves du CECCE ont eu leur place assignée dans l’autobus à la fin de la première journée, mais le premier matin à la rentrée, des élèves se sont potentiellement assis au mauvais endroit. C’est un cas isolé, mais on s’est assuré de rectifier le tir », a expliqué Mme Paquette en entrevue à ONFR+.

Ce haut nombre s’explique aussi par le fait que la SPO dit avoir « aviser les résidents susceptibles d’avoir été en contact avec la personne qui a obtenu un résultat positif et à leur fournir des renseignements basés sur leur propre niveau de risque ».

« On entend par “contact étroit” toute personne qui s’est trouvée à proximité d’une personne ayant obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19 », ajoute l’organisme.

Le conseil scolaire jugeait préférable de jouer de prudence en accord avec les autorités médicales.

« La SPO a vraiment été pour la prudence. Il y a certains élèves qui vont pouvoir revenir dès demain. On a misé sur la prudence pour parler à toutes les familles pour s’assurer que chaque personne n’est pas à risque. Selon le facteur de risque, certains vont pouvoir revenir et d’autres vont devoir faire un test de dépistage », explique la surintendante de l’éducation au CECCE.

Une école sera fermée seulement lorsque les autorités sanitaires jugeront qu’il y a une « éclosion scolaire ».

« Une éclosion scolaire est lorsqu’il a été déterminé qu’il y a deux cas positifs ayant un lien épidémiologique (par exemple, ces enfants pourraient avoir été infectés par COVID-19 à l’école soit l’un par l’autre, soit par une source commune). Chaque cas devra être évalué et il faudra déterminer que la transmission s’est produite dans l’école avant de confirmer qu’il s’agit d’une éclosion, car il est possible que des enfants aient été infectés en dehors du cadre scolaire », clarifie la SPO.

Pas à l’abri d’une autre situation similaire

Le CECCE invite les parents à collaborer avec eux, indiquant qu’une situation comme celle-ci pourrait encore survenir.

« Il faut que les parents travaillent avec nous. Il faut faire l’auto dépistage à chaque jour. S’ils ne le font pas et envoient leurs enfants dans l’autobus, c’est certain qu’on va avoir des défis. On n’est pas à l’abri d’aucun cas que ce soit dans les autobus ou dans les écoles. On va regarder ce qui se passe et s’ajuster en conséquence », soutient Marie-France Paquette.

Cette dernière assure toutefois ne pas oublier les 193 élèves pour qu’ils puissent revenir en classe sans avoir pris de retard.

« Ils ne pourront pas utiliser notre académie virtuelle, mais on va leur assigner des travaux et ils vont avoir des rencontres avec un membre du personnel. On va accompagner les parents et les élèves avec des travaux pour ne pas qu’ils perdent deux semaines d’apprentissage. »

Une situation prévisible affirme les parents

Même si plusieurs prévoyaient une telle situation, les rebondissements qui y surviennent inquiètent les parents, sans toutefois les alarmer, croit Parents partenaires en éducation (PPE).

« Évidemment que les parents sont inquiets, mais ces chiffres-là viennent d’où ? Est-ce qu’ils étaient déjà là ou il y a plus de cas, car on fait plus de tests ? Est-ce qu’on doit encore s’inquiéter avec toutes les mesures qui sont prises dans les écoles ? Si oui, on a un problème, car on ne maîtrise pas la situation », affirme Badrieh Kojok, présidente de PPE.

Cette dernière trouve que l’action du CECCE et de la SPO de retirer ces 193 élèves n’est pas « justifié ».

« Il y a une contradiction ici. On nous dit que les autobus sont prêts et que les mesures d’hygiène sont respectées, que les élèves vont garder leur place et qu’il va y avoir des précautions. Mais ensuite, on nous dit que c’est à cause des autobus scolaires qu’on isole les élèves. C’est contradictoire et je ne suis pas convaincue en tant que parent. Le virus peut s’attraper n’importe où alors comment savoir où le virus a été attrapé. »

Elle s’inquiète aussi de l’impact que pourrait avoir cet isolement auprès de la santé mentale des élèves.

« Ils ne sont pas nécessairement malades. Alors, dire aux enfants “vous ne pouvez pas être dans la société, car vous avez eu un contact”, c’est très grave pour un enfant d’entendre ça. Les enfants ont déjà beaucoup de problèmes d’anxiété et on ajoute qu’ils ne peuvent pas voir leurs amis et leur environnement scolaire », déplore Badrieh Kojok.

C’était la rentrée scolaire pour les élèves de la 9e à la 12e année mardi en Ontario. De leur côté, la grande majorité des écoles élémentaires d’Ottawa avaient ouvert leurs portes aux élèves le 3 septembre.

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