Image générique Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA)
FCFA Crédit image: ONFR
Société

Organismes francophones : une situation améliorée, mais toujours « incertaine »

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Malgré quelques améliorations au cours des dernières années, les organismes francophones se trouvent toujours dans une situation de précarité alors que plus de la moitié d’entre eux jugent leur stabilité financière « incertaine ».

En augmentant le financement en 2023 via le Plan d’action pour les langues officielles, Ottawa est « venu répondre à un besoin pressant » en maintenant à flot les organismes, estime la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

« Mais les gains restent fragiles, et les problèmes de capacité humaine et de prévisibilité, eux, ne sont pas réglés. En fait, les investissements ont permis un certain rattrapage au niveau des salaires, mais le reste s’est détérioré », soutient l’organisme dans un rapport publié jeudi.

À l’époque, la FCFA était sortie pour réclamer 300 millions de dollars supplémentaires à Ottawa alors qu’un organisme sur six se disait en situation précaire.

Des problèmes persistent notamment au niveau du personnel, des salaires et des démarches administratives, pensent près de 200 organismes francophones sondés dans le cadre de ce rapport.

« Le grand constat du sondage mené cet été est que le point de rupture a été évité, notamment grâce aux investissements du Plan d’action pour les langues officielles. Cependant, le réseau demeure très fragile. Le plan d’action n’a pas réglé les défis d’instabilité financière ni l’érosion causée par l’inflation », affirme la présidente de la FCFA, Liane Roy.

Selon le rapport, ce sont 48 % des organismes qui qualifient d’incertaine leur stabilité financière pour les trois prochaines années et près d’un organisme sur cinq ne peut répondre lorsqu’interrogé sur son avenir.

Parmi les points ciblés pour expliquer cette précarité, on cite l’absence d’une plus grande enveloppe financière et un financement par projet, ce qui nuirait à la prévisibilité, ainsi qu’un fardeau administratif trop important imposé par le fédéral.

Liane Roy indique que la FCFA dévoilera ses demandes financières à Ottawa dans les prochaines semaines dans le cadre du prochain Plan d’action pour les langues officielles de 2028 à 2033. En 2023, lors du dernier plan d’action, Ottawa avait annoncé un investissement de 4,1 milliards de dollars sur une durée de cinq ans pour les enjeux liés aux minorités linguistiques.

Pénurie de personnel

Le manque de main d’oeuvre ou la difficulté à retenir et attirer des employés est citée comme l’un des défis les plus importants pour les organisations francophones en 2026. Une proportion de 79 % répondent non ou partiellement lorsqu’on leur demande s’ils ont suffisamment d’effectifs pour effectuer leur mission. Au niveau salarial, 67 % disent offrir une paie annuelle inférieure à la moyenne canadienne, soit 65 000 $.

« Notre message est qu’il faut absolument régler les difficultés de recrutement. Les organismes ont du mal à embaucher le personnel dont ils ont besoin pour accomplir leur mission. C’est à cela que le prochain plan doit répondre », avance Liane Roy.

Enfin, la FCFA demande au gouvernement Carney un financement de base pluriannuel et indexé, les organismes soulignant que l’inflation et la hausse du coût de la vie ont grugé une partie des gains obtenus dans les dernières années.

La santé des organisations de la francophonie canadienne est un enjeu qui revient depuis plusieurs années. Dans la province, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) réclame depuis des années qu’Ottawa fournisse plus d’argent aux organisations francophones, soutenant être sous-financée par rapport à ses homologues dans les autres provinces et territoires canadiens.