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Avis de diffamation de La Passerelle contre le Toronto Star

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Éclaboussé par plusieurs allégations, l’organisme franco-torontois La Passerelle I.D.É. a fait parvenir un avis de diffamation au Toronto Star, quotidien le plus lu de la métropole. La Passerelle affirme que les articles concernant certaines de ses initiatives comportent des erreurs qui ont mis à mal la réputation de l’organisme.

« Le Toronto Star et son journaliste Kevin Donovan ont intentionnellement déformé la nature, l’objectif et le contenu du programme Sans Visage, un programme légitime, approuvé par le gouvernement, prévu afin de soutenir les femmes et jeunes femmes francophones racialisées », écrit l’organisme dans une déclaration envoyée aux médias.

L’organisme affirme qu’il est faux de prétendre que les fonds du programme ont été mal utilisés. Alors que le Toronto Star affirme que l’argent devait servir à aider des travailleuses du sexe, l’organisme réplique qu’il était clair que l’objectif était plutôt d’empêcher certaines femmes à risque de se diriger dans cette voie.

« Ce programme n’a été jamais destiné aux travailleuses du sexe et n’a jamais été présenté de cette manière », affirme La Passerelle. « L’objectif et la conception du programme étaient clairs pour le gouvernement fédéral dès la demande initiale de financement, ainsi la subvention de 1.5 million de dollars sur cinq ans a été reçue du Fonds d’action en prévention du crime de Sécurité publique Canada », poursuit l’organisme.

Réplique de l’avocat de La Passerelle

Depuis l’éclatement de ce scandale touchant La Passerelle, sa directrice accuse les médias de faire un mauvais travail. Son avocat poursuit dans cette veine.

« L’omission intentionnelle, de la part du Toronto Star, de nuire au travail de La Passerelle I.D.É qui oeuvre depuis plus de vingt ans pour l’intérêt public, dans le but d’écrire un article sensationnel, destructeur et fondé sur des fausses allégations et mensonges selon lequel le programme Sans Visage concernerait le commerce du sexe, est inacceptable et ceci démontre un aveuglement total des principes d’équité, d’équilibre et de journalisme responsable », déclare Peter A. Downard, associé et avocat principal chez Fasken Martineau DuMoulin LLP.

Me Downard a été cité dans plusieurs articles de nouvelles récemment, comme étant l’avocat du chef conservateur, Andrew Scheer. Il s’est prononcé au nom de son client au début du mois suite à une menace de poursuite en diffamation de la part du premier ministre Justin Trudeau dans l’affaire SNC-Lavalin.

Léonie Tchatat dit vivre des moments difficiles

« Le récit mensonger de Toronto Star selon lequel La Passerelle-IDE aurait utilisé les fonds publics de manière irresponsable a été extrêmement difficile pour nous », affirme la directrice de l’organisme, Léonie Tchatat, évoquant même un « biais racial et antifrancophone ».

Cette dernière, qui refuse toute demande d’entrevues depuis le 2 avril, affirme avoir subi des menaces. « Les attaques personnelles, les sous-entendus sur notre situation financière personnelle et la parution de détails sur nos vies privées ont donné lieu à des menaces et à un danger réel pour nous et nos enfants », ajoute-t-elle, affirmant vouloir rétablir la réputation de son organisme.

La directrice de la Passerelle-I.D.É., Léonie Tchatat. Gracieuseté

Les premières révélations du Toronto Star, le 1er avril, concernaient la mauvaise utilisation alléguée de billets de spectacles devant être offerts à des enfants dans le besoin. Depuis, une membre du conseil d’administration, Zaera Atchia, a démissionné, tout en affirmant en savoir finalement bien peu sur la gestion de l’organisme.

Le 9 avril, ONFR+ rapportait que le gouvernement Ford avait pris la décision de lancer un examen en profondeur de la manière dont les fonds publics ont été utilisés par La Passerelle I.D.E. D’autres bailleurs de fonds ont lancé des examens similaires, selon Radio-Canada, qui a aussi publié un article sur Charité Léo, un organisme caritatif fondé par Léonie Tchatat.

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