Le sourire retrouvé, Laeticia Amihere a pris sa place en WNBA au sein de la franchise de San Francisco, les Valkyries. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
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Basketball : à Golden State, Laeticia Amihere a trouvé sa place

Le sourire retrouvé, Laeticia Amihere a pris sa place en WNBA au sein de la franchise de San Francisco, les Valkyries. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

De retour pour jouer à Toronto pour la première fois de sa carrière en WNBA, en milieu de semaine dernière, Laeticia Amihere a mesuré le chemin parcouru depuis son départ d’Atlanta en 2024. Après les doutes, un passage fructueux en Australie et une relance réussie avec les Valkyries de Golden State, la Franco-Ontarienne s’impose aujourd’hui comme une joueuse d’impact, bien au-delà des statistiques.

Après le coup de sifflet final, Laeticia Amihere a pris son temps. Le temps de sourire, de poser pour quelques photos et de retrouver les siens. Une trentaine de proches, amis et membres de sa famille, avaient fait le déplacement pour assister à son tout premier match de WNBA à Toronto. Certains avaient même confectionné des affiches à son effigie. Une scène simple, mais lourde de sens.

Quelques heures plus tôt, la native de Mississauga ne cachait pas son émotion. « C’est une fierté. Ma famille sera là pour me soutenir, alors j’ai vraiment hâte de vivre ce moment », confiait-elle.

Retour victorieux pour LA à Toronto sur et en dehors du terrain. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Son entraîneuse, Nathalie Nakase, avait elle aussi senti que cette rencontre n’était pas comme les autres.

« Dès qu’on a atterri, je voyais bien qu’elle avait hâte. Elle ne l’a jamais dit, mais son visage disait : ‘Vite, terminons la séance vidéo, je veux aller retrouver ma famille’. Ça nous donnait encore plus envie de gagner pour elle, parce qu’on savait que les gens qu’elle aime étaient dans les gradins. »

Les Valkyries ont effectivement quitté Toronto avec une victoire de 83 à 75 face au Tempo. Amihere a inscrit trois points, capté trois rebonds et distribué une passe décisive en un peu plus de quinze minutes de jeu, une prestation fidèle au rôle qu’elle occupe désormais dans cette jeune franchise.

Cette victoire avait surtout une portée symbolique. Elle venait conclure deux années marquées par les incertitudes, les remises en question et un patient travail de reconstruction.

L’Australie pour mieux rebondir

Sélectionnée au huitième rang du repêchage de la WNBA par le Dream d’Atlanta en 2023 après une brillante carrière à l’Université South Carolina, ponctuée notamment par un titre national en 2022, Amihere n’a jamais véritablement eu l’occasion de s’imposer en Géorgie.

À l’issue de sa deuxième saison en WNBA, elle profite de l’intersaison pour rejoindre les Perth Lynx, en Australie, avec un objectif clair : retrouver un rôle de premier plan et accumuler les minutes.

Le pari est pleinement réussi. Dans le championnat australien, elle affiche des moyennes de 15,5 points, 5,8 rebonds et plus d’un contre par rencontre, signe plusieurs prestations de plus de 20 points et est récompensée par une sélection dans la première équipe étoile de la WNBL. Surtout, elle retrouve la confiance qui lui avait parfois fait défaut en WNBA.

« Partir à l’étranger m’a permis d’avoir davantage de temps de jeu, de retravailler certains aspects de mon jeu et, surtout, de retrouver de la confiance avant de revenir ici », explique-t-elle.

Concentration maximale avant le coup d’envoi. Quelques minutes avant d’affronter le Tempo de Toronto, Laeticia Amihere s’apprête à disputer le premier match de sa carrière en WNBA devant les siens. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Cette excellente saison n’empêche pourtant pas Atlanta de s’en séparer quelques semaines plus tard.

« Je sais que ce n’est jamais facile d’intégrer cette ligue. Il y a très peu de places et beaucoup de joueuses sont passées par les mêmes épreuves avant moi. Moi, je reste motivée chaque jour. Je sais que je travaille fort et je veux simplement continuer à donner le meilleur de moi-même », confie-t-elle.

Réclamée au ballottage par la nouvelle franchise de Golden State, Amihere doit encore patienter. Les Valkyries la libèrent au terme du camp d’entraînement avant de la rappeler quelques semaines plus tard. Cette fois, l’occasion est la bonne.

Une joueuse qui change un match autrement

Avec Golden State, la Franco-Ontarienne s’est imposée comme une joueuse de rôle importante en sortie de banc. Ses 3,3 points, 3,6 rebonds, 1,2 passe décisive et 0,7 contre de moyenne ne sont pas significatifs de son impact qui se mesure autrement.

Pour Nathalie Nakase, l’intérieure franco-ontarienne est devenue une pièce importante de l’identité défensive des Valkyries. « Elle nous apporte de la protection de cercle, de la polyvalence et beaucoup de présence physique. Elle peut défendre aussi bien sur les intérieures que sur les extérieures et elle aime jouer avec du rythme », explique l’entraîneuse en chef.

Le même constat revient chez ses coéquipières. Présente à ses côtés depuis la création des Valkyries, Janelle Salaün partage cette saison encore davantage de minutes avec Amihere au sein de la deuxième unité. Une proximité qui lui permet de mesurer toute son influence sur le jeu.

« Dès qu’elle entre sur le terrain, on sait qu’elle va nous apporter beaucoup de choses, que ce soit au rebond, en défense ou simplement par sa présence. Je trouve que ça peut changer le cours d’un match. »

Illustration des capacités défensives d’Amihere, qui, par sa mobilité, peut contenir la meneuse Julie Allemand en possession de la balle et glisser sur l’intérieure Isabelle Harrison (à droite) qui roule vers le panier. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Avec 26 points, un sommet en carrière en WNBA, Janelle Salaün (à droite) a mené les Valkyries vers la victoire face au Tempo de Toronto. Une performance qui illustre la profondeur de banc de Golden State, dont Laeticia Amihere est l’une des pièces importantes. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Gabby Williams, l’une des leaders des Valkyries, souligne l’importance de l’énergie et de la profondeur de banc dans le succès de la franchise d’expansion de Golden State. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Pour Gabby Williams, sélectionnée au Match des étoiles cette saison, la force des Valkyries réside dans la profondeur de leur effectif : « Je pense qu’on a le meilleur banc de la ligue », affirme-t-elle.

Dans cette deuxième unité, l’internationale canadienne occupe une place importante. « Elle apporte énormément d’énergie et une bonne humeur contagieuse. Qu’elle joue deux minutes ou vingt, elle donne toujours la même intensité. »

Laeticia Amihere, elle, accepte pleinement ce rôle. « Je continue de prendre ma place dans cette ligue. Je me considère comme une joueuse polyvalente. Quand je suis sur le terrain, mon rôle est d’aller chercher les rebonds et d’offrir des deuxièmes chances à mon équipe. »

Une pièce importante du futur canadien

Le même état d’esprit l’accompagne avec la sélection canadienne. L’élimination dès le premier tour des Jeux olympiques de Paris en 2024 appartient désormais au passé. Pour la pivot, l’heure est déjà à la reconstruction.

« Nous continuons de travailler. Bien sûr, nous voulions nous qualifier pour la Coupe du monde, mais il y aura d’autres occasions. Nous avons une équipe plus jeune qu’auparavant et nous allons continuer à progresser ensemble. »

Triple olympienne et l’une des figures d’expérience de la sélection canadienne, Kia Nurse insiste surtout sur l’utilité d’Amihere lorsqu’elle est appelée sur le terrain.

« Chaque fois qu’elle est sur le terrain, elle a un véritable impact. Elle fait toutes ces petites choses importantes qui n’apparaissent pas toujours sur la feuille de statistiques, que ce soit en défense, en courant le terrain ou en créant des occasions pour l’équipe. »

Coéquipière de Laeticia Amihere avec la sélection canadienne, Kia Nurse voit l’intérieure de 25 ans poursuivre sa progression saison après saison. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Mais ce qui frappe le plus Nurse est peut-être la personnalité de sa jeune coéquipière : « Laeticia est plutôt réservée. Mais une fois qu’elle est à l’aise, elle s’ouvre complètement et c’est un vrai plaisir de l’avoir avec nous. C’est une personne formidable et je suis très heureuse de la voir continuer à grandir dans cette ligue. »

Pour Nurse, cette progression reste d’ailleurs le plus important. « Chaque année, elle ajoute quelque chose. C’est essentiel lorsqu’on est une jeune joueuse en WNBA : continuer à progresser et à enrichir son jeu. »

À Golden State comme en sélection nationale, Laeticia Amihere a trouvé une place et un rôle qui lui correspondent. Reste maintenant à les faire grandir.