Bilinguisme au Collège Glendon : la FESFO réclame des garanties
Dans une lettre adressée ce jeudi à la direction de l’Université York, au directeur du campus et au président du Conseil des gouverneurs, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) met en garde contre l’affaiblissement de la vocation bilingue du Collège Glendon, menacé d’être délocalisé vers un campus à majorité anglophone.
« À force de réduire nos espaces, de déplacer nos services et de nous demander de nous intégrer à des environnements anglophones, on risque de perdre quelque chose qu’un programme d’études ne peut pas remplacer : une communauté », alertent les responsables de la FESFO, cosignataires de la lettre, au nom des élèves et futurs étudiants qu’ils représentent.
« Dans quelques mois ou quelques années, plusieurs de nos membres devront choisir où poursuivre leurs études et, surtout, où continuer à construire leur vie en français (…), c’est pourquoi les changements au Collège Glendon nous concernent directement. »
Confrontée à une succession de déficits et une baisse régulière du nombre d’étudiants, l’Université York envisage en effet de déménager l’actuel campus Glendon vers celui de Keele, à majorité anglophone, en plus d’abolir le statut de faculté de l’institution.

Ce projet, auquel l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’oppose, n’en est qu’à l’étape de proposition, mais suscite de sérieuses interrogations parmi les étudiants et professeurs.
« Notre position est claire, résume Gabriel Carrière, vice-président de la FESFO : il faut s’assurer que les institutions et les espaces physiques pour les francophones soient maintenus. On peut déplacer un programme, pas une communauté. »
Interrogé par ONFR au moment du congrès de l’AFO, M. Carrière estime que « depuis longtemps, une communauté s’est bâtie autour du campus actuel et que son transfert à Keele créerait les conditions parfaites à leur assimilation. On le vit dans certaines écoles, on sait comment ça fonctionne. »
Son organisation demande donc à l’Université York de s’engager à ce que toute décision concernant l’avenir de Glendon préserve un espace physique où le français peut être vécu tous les jours, maintienne des espaces de rassemblement et de vie étudiante francophones, et accorde une place réelle à la communauté franco-ontarienne dans la gouvernance et les décisions concernant l’avenir de Glendon.
« L’éducation en français ne se limite pas à suivre des cours en français, rappellent à l’unisson les responsables de la FESFO. Elle se vit dans les corridors. Dans les activités parascolaires. Dans les services. Dans les rencontres. Dans des conversations entre les cours. Dans les espaces où parler en français devient naturel plutôt que forcé. Étudier en français, c’est aussi pouvoir vivre en français. »
Et d’enfoncer le clou : « Notre génération connaît trop bien les conséquences de l’assimilation. (…) Les jeunes franco-ontariens veulent pouvoir étudier en français, travailler en français, créer en français, se rassembler en français et construire leur avenir en français. (…) Nous demandons à l’Université York de nous démontrer que, peu importe la solution retenue pour Glendon, cette possibilité ne sera pas diminuée. »
Avec les informations de Mickaël Laviolle.