La présidente de Radio-Canada et CBC Catherine Tait en comité parlementaire mardi. Crédit image: THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

OTTAWA – La PDG de Radio-Canada et CBC, Catherine Tait, défend toujours la stratégie de la haute direction de couper de manière égalitaire le nombre de postes entre son secteur anglophone et francophone.

56 % des fonds publics vont au secteur anglophone de l’entreprise contre 44 % au penchant francophone alors que les revenus générés par la CBC sont de 54 % contre 46 % pour Radio-Canada, a-t-elle expliqué.

« Alors on parle d’une parité quasi proportionnelle. Quand on regarde les compressions à CBC/Radio-Canada, notre approche est de regarder les deux marchés », a-t-elle soutenu lors d’une comparution parlementaire mardi à Ottawa.

En décembre, le radiodiffuseur a annoncé qu’il prévoyait de supprimer 10 % de son effectif : 250 emplois tant du côté anglophone que du côté francophone ainsi que 200 postes vacants. Ces coupes égalitaires avaient soulevé des questionnements au sein de la boîte et aussi au Parlement. Dans les derniers jours, Radio-Canada et Le Devoir ont rapporté que le Commissariat aux langues officielles a ouvert un enquête, à la suite de plaintes, questionnant si les coupe respecteraient la Loi sur les langues officielles.

Les compressions annoncées visent à combler un trou budgétaire de 125 millions de dollars en 2024, même si Catherine Tait a répété à de multiples reprises lors de son témoignage qu’il s’agissait de « projections » qui pourraient être compensées « par une amélioration du financement du gouvernement et une amélioration des résultats des revenus publicitaires ».

Les dirigeants du radiodiffuseur ont rappelé que sur les coupes de 40 millions de dollars au niveau de la production indépendante, la CBC devra trouver 25 millions de dollars en économies alors que son confrère francophone devra en éponger moins, 15 millions de dollars. Ce choix a été pris en considérant que les productions en français en milieu minoritaire soient protégées, ont assuré les hauts dirigeants devant le Comité permanent du patrimoine canadien.

« On est en train de prendre le temps nécessaire pour voir où l’on va faire nos coupes. Il y a des contenus de la programmation qui viennent à leur fin… il y a certaines émissions qui ne seront pas renouvelées », a partagé Dany Meloul, vice-présidente principale à Radio-Canada.

Catherine Tait a aussi soutenu qu’il est déjà prévu qu’il y ait un déclin pour les revenus publicitaires générés par le penchant francophone en 2024 ce qui nuit financièrement à Radio-Canada. Cette dernière admet que le secteur télévisé anglophone est beaucoup moins compétitif alors que son penchant francophone obtient de meilleures parts de marché.

« On regarde la radio de CBC, on est numéro un sur 22 marchés et sur les services numériques, numéro un aussi », balance -t-elle.

Radio-Canada
Le siège torontois de Radio-Canada sur la rue Front. Crédit image : Rudy Chabannes

Pas de décision sur les bonis des dirigeants

La PDG de la société d’État a indiqué que c’était au conseil d’administration que revenait de décider si les employés recevront ou non un boni, qui sera déterminé à la fin mars, elle qui a préféré insister sur des primes de rendement. Les employés qui rencontrent complètement ou partiellement leurs indicateurs de rendement au sein de leur contrat se verront alors accorder une rémunération vis-à-vis de ces objectifs. En 2022, c’est 14,9 millions de dollars qui ont été accordés en primes à des dirigeants du radiodiffuseur.

Les compressions surviennent alors que le gouvernement Trudeau a demandé aux différents ministères et organismes fédéraux de trouver 3,3 % d’économie au sein de leur budget respectif. Le NPD et le Bloc Québécois demandent à ce que CBC/Radio-Canada soit exempt d’un tel plan financier, « un scénario qui aiderait », a commenté Catherine Tait.