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Collège Nordique francophone

Vers un premier établissement postsecondaire francophone autonome dans le Grand Nord

Temps de lecture : 3 minutes

YELLOWKNIFE – À moins d’un changement improbable, le Collège nordique francophone aux Territoires du Nord-Ouest deviendra officiellement d’ici quelques années le premier établissement postsecondaire francophone dans le Grand Nord. Ottawa a annoncé mardi une aide de près de 5 millions $ qui permettra à l’établissement de préparer un plan pour officiellement devenir autonome avec objectif 2024.

À l’heure actuelle, le Collège nordique francophone ne peut donner de diplômes ou distribuer des crédits, étant obligé de conclure des ententes avec d’autres collèges. Dans les prochains mois, le gouvernement ténois doit adopter la Loi sur l’éducation postsecondaire des TNO, ce qui permettrait de déterminer quelle sorte d’établissements postsecondaires pourront être reconnus et le processus pour y parvenir. En suivant les critères de cette législation, le collège pourra devenir entièrement indépendant.

Au total, près de 400 étudiants passent annuellement par cet établissement, qui a notamment signé dans les derniers mois des ententes de partenariat avec La Cité et l’Université de l’Ontario français.

« On n’a pas vraiment de contrôle sur le curriculum. On peut faire des recommandations, des partenariats et collaborer, mais ça reste que ce sont leurs (les établissements partenaires) programmes et ils ne sont toujours pas adaptés aux réalités du Nord et des Territoires du Nord-Ouest. On a une communauté excessivement mobile, car on a des gens qui arrivent pour travailler et repartent après. On a des enjeux sociaux qui nous touchent ici qui ne sont peut-être pas reflétés de la même manière comme à Toronto et Ottawa », souligne le directeur général du Collège nordique francophone Patrick Arsenault.

Le directeur général du Collège Nordique francophone en compagnie du recteur et de la vice-rectrice de l'UOF Pierre Ouellette (au centre) et Edith Dumont.
Le directeur général du Collège nordique francophone en compagnie du recteur et de la vice-rectrice de l’UOF Pierre Ouellette (au centre) et Édith Dumont. Gracieuseté.

Ce dernier voit de grandes chances que l’établissement atteigne son objectif.

« Je suis peut-être très optimiste, mais je dirais que c’est 10/10. Il n’y a pas d’obstacles. Tant que l’on continue à recevoir du financement qui va nous permettre de débourser pour avancer. Il n’y a pas de raisons qu’on n’arrive pas à atteindre ça. Je sens le désir dans la communauté d’avoir un collège francophone et le gouvernement qui est très collaboratif avec nous », évoque-t-il en entrevue avec ONFR+.

M. Arsenault voit déjà des programmes reliés aux réalités du marché comme dans le monde minier, de la santé ou encore dans les services sociaux.

« On aimerait trouver de nouveaux programmes qui parlent de la nordicité, de nos enjeux et de notre population. Ces programmes-là n’existent pas à l’extérieur. On aimerait innover et proposer des choses uniques (…) On a un bon bassin de programmes potentiels », dit celui qui est entré en fonction en mai dans son poste.

Financement entre Ottawa et Yellowknife

Ottawa a annoncé qu’il fournira une aide de 4,2 millions de dollars sur trois ans pour l’établissement de Yellowknife tandis que la province ajoutera 680 000 dollars sur la même période.

« Le financement annoncé aujourd’hui est très important pour la communauté franco-ténoise. Il permettra de développer et de mettre sur pied un modèle pédagogique, ainsi qu’une stratégie communautaire axée sur la formation et le développement des compétences aux Territoires du Nord-Ouest qui répondent aux besoins de la communauté. Cette stratégie régionale ciblée aidera les diplômés du Collège à entrer sur le marché du travail outillés, et ce, tout en ayant fait leurs études dans la langue officielle de leur choix », a indiqué la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor.

Sans cet argent, une telle démarche serait complètement impossible, avance le directeur général du collège.

« C’est pluriannuel alors ça fait une très grosse différence pour nous. La majorité notre financement est sur du court terme et précaire, donc on ne peut pas faire beaucoup de choses sur le long terme. Il faut toujours réagir à ce que l’on a besoin là, c’est un peu comme éteindre des feux, donc on ne peut pas vraiment développer nos capacités. »

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