Politique

Le commissaire Théberge s’offre comme professeur de français de Carney

Le premier ministre Mark Carney a suivi près de 11 heures de cours de français en six mois. Photo : La Presse canadienne/Justin Tang

OTTAWA — Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge s’explique mal que le premier ministre Mark Carney n’ait plus de professeur de français depuis maintenant près de trois mois. 

« J’ai l’impression qu’il y a des professeurs de français qui sont disponibles », a-t-il commenté en conférence de presse mardi lors de la présentation d’un rapport sur le Plan d’action pour les langues officielles.

Rappelons que M. Carney se retrouve sans enseignante de français depuis le 2 septembre, en raison du départ de celle-ci de la région de la capitale nationale. C’est ce qu’avait expliqué le chef de cabinet du premier ministre, Marc-André Blanchard, dans une lettre au Comité des langues officielles. Il précisait qu’un remplaçant « serait choisi sous peu et les séances de formation devraient reprendre avant la fin de cette année ».

« Je serai disponible à compter du 1er février », a lancé Raymond Théberge à la blague lors de sa conférence de presse.

Ce dernier prend sa retraite à la fin janvier 2026. La Franco-Ontarienne Kelly Burke est pressentie pour lui succéder.

11 heures de cours de français

La semaine dernière, le bureau du premier ministre a confirmé que le premier ministre a suivi 11 heures de cours de français en près de six mois depuis son entrée en fonction. Ces cours ont eu lieu entre le 30 juin et le 2 septembre.

Le chef de cabinet de M. Carney soutenait dans sa lettre que pour l’ex-gouverneur de la Banque du Canada, parfaire son français est un enjeu « qui lui tient réellement à cœur ». M. Blanchard avait aussi spécifié que les hauts fonctionnaires de son équipe étaient des francophones et que le premier ministre interagit avec les médias et son bureau dans la langue officielle de leur choix.

« À mon avis, il est également souhaitable que le premier ministre du Canada s’exprime de manière équitable dans les deux langues officielles, afin de rejoindre l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes », a indiqué à ONFR par courriel après la conférence de presse, le commissaire aux langues officielles.

« Le bilinguisme du premier ministre représente non seulement une compétence, mais aussi un symbole fort de l’identité canadienne et de l’égalité linguistique », ajoute M. Théberge

Même si la Loi sur les langues officielles « impose des obligations aux institutions fédérales, et non aux individus », poursuit-il, « il me semble néanmoins souhaitable qu’il incarne ces valeurs en s’exprimant lui-même dans les deux langues dans le cadre de ses fonctions ».