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COVID-19 : « On n’a jamais été aussi transparent », selon Doug Ford

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Alors que le nombre de cas reste stable et que les tests diminuent en Ontario, des experts en santé critiquent le projet du gouvernement de rouvrir l’économie. Doug Ford dit, pour sa part, prôner la transparence et affirme qu’il s’agit du meilleur plan pour l’ensemble des Ontariens.

Depuis trois jours, la province est loin de la cible qu’elle s’est fixée de 50 000 tests quotidiens. Il s’agissait pourtant de l’engagement du premier ministre Ford, au début du mois d’octobre. Ce dernier espère même atteindre les 100 000 tests par jour, d’ici la fin décembre. Pourtant, dans les trois derniers jours, la province a effectué en deçà de 29 000 tests quotidiennement.

Au cours des dix derniers jours, l’Ontario a dépassé les 31 000 tests à seulement quatre reprises. Malgré tout, Doug Ford assure ne pas vouloir changer sa stratégie concernant les tests.

« On ne peut pas aller sonner chez les gens et les sortir de chez eux pour qu’ils aillent se faire tester. Notre capacité est à 50 000. Si vous démontrez des symptômes, allez vous faire tester. Il n’y a pas d’attente dans les centres de dépistage, on attend après les gens. Nous sommes prêts et équipés », assure M. Ford.

Son plan annoncé hier a été dénoncé vivement par des virologues et experts de la santé.

« Ce n’est pas basé sur la santé publique, c’est une décision économique », croit le docteur Hugues Loemba, virologue à l’Hôpital Montfort.

« On regarde à Toronto, on a près de 65 % des cas positifs qu’on ne peut pas tracer. À Ottawa, c’est autour de 48 %. Mais là, au moment où l’on voit que l’on commence à voir la moyenne de cas positifs être tracée, on ouvre la possibilité au virus de circuler. Pour moi, c’est contradictoire », ajoute le médecin.

Pour ce dernier, le traçage des cas est essentiel pour pouvoir aplatir la courbe. L’ouverture des commerces n’aide pas, loin de là.

« C’est déjà difficile, on dit que les restaurants n’ont pas eu beaucoup d’éclosions, mais c’est parce qu’on n’a pas pu tracer les cas. Le traçage n’est pas efficace depuis le début du mois d’octobre. À mesure que les cas ont augmenté, on a perdu le lien épidémiologique. »

Un acte de transparence, assure Ford

La chef de l’opposition, Andrea Horwath, critique la décision du gouvernement qui « n’écoute pas les experts en santé ».

« Je suis assez inquiète. Le nouveau plan du gouvernement ne semble pas en être un qui va ralentir la courbe, mais bien le contraire. On devrait prendre au sérieux toute forme de conseils nous permettant de réduire la hausse du virus », a dit la chef du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario (NPD).

Malgré tout, le premier ministre assure garder le cap concernant la réouverture de certains lieux publics dans les zones plus à risque comme Ottawa, York et Peel.

« Peu importe ce qu’on fait, il va y en avoir qui vont nous pointer du doigt. Je pense que c’est un bon plan. On a donné de la flexibilité à chaque camp. C’est sans précédent en termes de transparence, on ne ferme pas la porte aux suggestions, que ce soit avec la Santé Publique, les entrepreneurs et les bureaux de santé », précise le premier ministre ontarien.

Le docteur Hugues Loemba aurait attendu un peu avant d’agir comme l’a fait le gouvernement.

« Il aurait fallu attendre un autre deux semaines et voir si les cas vont toujours être aussi stables ou en baisse. On n’est pas sortis du bois là. »

Bilan de la COVID-19

▶️987 nouveaux cas et une moyenne de 972 sur sept jours
▶️ 79 692 cas au total, dont 8 321 actifs
▶️367 hospitalisations dont 367 en soins intensifs
▶️ 3182 décès au total dont 16 nouveaux.
▶️28 567 tests réalisés en 24h, 33 087 résultats en attente
▶️ Toronto avec 319, Peel avec 299 cas mènent la province. 24 cas à Ottawa

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