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Critiques contre Radio-Canada, main tendue du BQ : que retenir de la soirée électorale pour les francos ?

Plusieurs circonscriptions concernaient hier les francophones en contexte minoritaire, certaines bien sûr avec un poids démographique supérieur à d’autres. Tour d’horizon de ce qu’il faut retenir de la soirée électorale de ce lundi pour les Franco-Ontariens, Acadiens et autres Franco-Manitobains.

Une personnalité

Patrice Roy

Le présentateur de la soirée électorale de Radio-Canada n’est sans doute pas responsable. Mais l’animateur s’est attiré les foudres de plusieurs francophones en contexte minoritaire pour la couverture de la soirée jugée trop centrée sur le Québec.

Sur les médias sociaux, bon nombre de francophones ont estimé plus utile de regarder CBC pour obtenir les détails des résultats de l’Acadie ou encore de l’Ontario français.

« Après l’année qu’on a passé, il est inadmissible qu’on n’ait pas pris une seconde pour parler des comtés franco-ontariens à Radio-Canada sous le micro de Patrice Roy », a gazouillé l’historien Serge Miville.

« Le message n’a visiblement pas passé lors des dernières consultations avec les francophones. On est très bien servis si on habite à Montréal (R-C) ou Toronto (CBC) mais pour ce qui est du reste du pays, on repassera », a commenté Louis Sauvé sur Twitter.

Un lieu

Nickel Belt

Parmi les « circonscriptions francophones » à surveiller, c’est finalement du côté de Nickel Belt que le combat a été le plus… serré. Il a fallu plusieurs heures de comptage des bulletins pour que les deux principaux candidats soient départagés. Au bout de la soirée, le verdict est tombé : le libéral Marc Serré était donné vainqueur avec 3 354 voix d’avance sur le néo-démocrate Stef Paquette. Une différence de sept points (39 % contre 32,1 %).

Le candidat libéral Marc Serré réélu… après une lutte serrée. Source : Facebook

Donné derrière le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans les sondages précédant l’élection, Marc Serré symbolise d’une certaine manière le sursaut in-extremis du Parti libéral pour remporter le scrutin général.

La plupart des députés francophones n’ont pas souffert de grande contestation, ce lundi. Mona Fortier (Ottawa-Vanier), René Arseneault (Madawaska-Restigouche) et Serge Cormier (Acadie-Bathrust) ont été tous été réélus avec plus de 50 % des suffrages exprimés.

Une citation

« À nos sœurs et nos frères franco-canadiens et ontariens (…) le Bloc Québécois est un allié. »

La petite phrase du chef bloquiste Yves-François Blanchet appartient en fait à une plus longue formule prononcée lors de son discours de fin d’élections, lundi en soirée. « Je veux aussi rappeler à nos frères et nos sœurs qui portent et chantent notre belle langue française au Canada. À nos sœurs et nos frères franco-canadiens et ontariens que le Bloc Québécois est un allié. Je demande, en toute amitié, à la précieuse communauté anglaise du Québec, si riche de culture et si près en amitié, de soutenir notre vœu que les Franco-Canadiens et les Acadiens jouissent au Canada des mêmes droits et privilèges dont les Anglo-Québécois disposent au Québec. »

Le Bloc Québécois (BQ) est devenu la seconde force d’opposition avec 32 députés envoyés à la Chambre des communes. Une performance remarquable que les autres partis n’ont pas vu venir.

Cette sortie de M. Blanchet n’a pas manqué de faire réagir. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a jugé cette position du chef bloquiste comme une « porte ouverte » aux discussions.

Un chiffre

7 (au moins)

Il est toujours bien difficile d’évaluer qui appartient à la définition de « francophone ». Le terme très subjectif est sujet au débat. Nous estimons tout de même que l’Ontario sera la province qui enverra le plus de francophones à la Chambres des communes.

Il y aura au moins sept députés franco-ontariens, avec Mona Fortier, Francis Drouin, Marie-France Lalonde, Carol Hughes, Marc Serré, Anthony Rota, et Paul Lefebvre. Une définition plus large pourrait même inclure David McGuinty, Catherine McKenna ou encore Chrystia Freeland, qui parlent les deux langues officielles.

Les députés libéraux fédéral, Paul Lefebvre et Francis Drouin. Archives ONFR+

D’une manière générale, le nombre de députés francophones en contexte minoritaire restera sensiblement inchangé. Randy Boissoneault a, par exemple, été défait dans Edmonton-Centre, tandis que Chris d’Entremont l’a emporté dans Nova-Ouest.

Les députés acadiens, René Arseneault, Serge Cormier, Dominic LeBlanc et Ginette Petitpas Taylor ont conservé leur circonscription.

Un fait

Les ratés du vote en français

Quelques heures avant les élections, ils étaient beaucoup sur Twitter à partager leurs bonnes ou mauvaises expériences du service en français au moment de voter. Dans le lot, des bons points comme la possibilité de voter sans encombres en français à Toronto, mais aussi des ratés évoqués par exemple… à Montréal.

Bien que le Commissariat aux langues officielles du Canada rappelle fréquemment la possibilité pour tous les Canadiens de voter dans la langue officielle de leur choix, il semble que les droits des francophones ne soient pas toujours respectés à ce sujet. Hier, la FCFA a publié plusieurs messages sur Twitter pour être tenue au courant des services reçus dans les bureaux de vote.

Pour le vote par anticipation du 11 au 14 octobre, le Commissariat aux langues officielles avait reçu, au 15 octobre, 19 plaintes contre Élections Canada, selon nos informations.

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