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De Vancouver à Saint-Jean de Terre-Neuve, le soutien aux Franco-Ontariens

Les Franco-Mantiobains défileront en soutien des Franco-Ontariens. Gracieuseté: SFM

Depuis quelques jours, un élan de solidarité balaye les provinces en milieu minoritaire. Doug Ford n’a semble-t-il pas réveillé seulement les Franco-Ontariens, mais aussi certains francophones hors Québec. En dehors de l’Ontario, ils seront plusieurs centaines à manifester ce samedi pour protester contre les décisions du gouvernement progressiste-conservateur.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

À Winnipeg, Ariane Freynet-Gagné, présidente Conseil jeunesse provincial (CJP), sera l’une de ces manifestants. «J’en ai parlé avec la Fédération de la jeunesse canadienne française. Tous les francophones étaient très réceptifs. J’ai alors vraiment compris l’importance de ce qui se passait. Après les discussions, j’ai tout de suite appelé la directrice générale du CJP. Je ne pouvais laisser pour héritage en tant que présidente de n’avoir rien fait. C’est mon rôle de faire quelque chose.»

Au total, ils seront «100, peut-être 300», selon Mme Freynet-Gagné, à marcher à partir de 11h45 (l’équivalent à un quart d’heure près du début de la plupart des manifestations en Ontario) de l’Université Saint-Boniface, pour se rendre à l’ancien hôtel de Ville de Saint-Boniface sur le Boulevard Provencher.

L’étudiante en psychologie à l’Université Saint-Boniface suit avec attention l’actualité. Comme l’Ontario, le Manitoba est dirigé par les progressistes-conservateurs. Les troupes du premier ministre Brian Pallister sont au pouvoir depuis avril 2016.

«C’est vrai que le gouvernement a fait passer la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine dès son arrivée, mais il a aussi décidé dernièrement la nomination d’un nouveau sous-ministre unilingue à l’Éducation. C’est une grande perte!»

 

En Alberta, des messages d’appuis enregistrés

Comme la plupart des autres francophones dans les provinces en milieu minoritaire, les Franco-Albertains organiseront aussi un rassemblement. Marc Arnal, président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ne pouvait pas faire autrement.

«Dès qu’on a appris ce qui s’était passé en Ontario, on s’est tout de suite empressé de faire quelque chose. Ma première réaction, ça a été de penser à l’imbécilité du gouvernement Ford, de se cacher derrière un problème budgétaire pour attaquer des institutions (…) Ça arrive en Ontario où il y a eu énormément de progrès.»

Le président de l’ACFA (à droite) Marc Arnal. Gracieuseté ACFA.

À La Cité francophone, le centre culturel et francophone d’Edmonton, les Franco-Albertains ont en tous cas rendez-vous ce samedi pour un «micro ouvert», et «enregistrer des messages d’appuis» à la communauté franco-ontarienne lesquels seront directement envoyés à l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Le contexte politique est particulier en Alberta. Arrivés au pouvoir en 2015, les néo-démocrates de Rachel Notley ont donné un nouvel élan à la francophonie. Pour preuve, la politique sur les services en français mise en place l’an passé. Mais à quelques mois des prochaines élections, les sondages donnent une avance au Parti conservateur uni de l’ancien ministre fédéral, Jason Kenney.

Inquiétant? «Oui», répond sans hésiter M. Arnal. «Est-ce que M. Kenney va se souvenir de son bagage national? Il entrerait au gouvernement avec un mandat de couper les dépenses. Il va peut-être falloir aller avec le soutien des Métis, des communautés ethnoculturelles en cas de changement de gouvernement.»

 

La tempête gâche le rassemblement à l’Île-du-Prince-Édouard

Plus à l’Est, les manifestations ont déjà commencé dès ce vendredi. Parfois avec plus ou moins de succès. À Summerside à l’Île-du-Prince-Édouard, la tempête de la veille a quelque peu réduit le nombre de participants au rassemblement devant les bureaux de la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA) avec le drapeau acadien et le drapeau franco-ontarien.

«Quand je pense à ces compressions, je me dis qu’elles ont un grand impact», fait part la présidente de la SSTA, Colleen Soltermann. «Si c’était des changements pour les anglophones, c’est sûr que l’impact aurait été plus faible.»

On compte environ 5 000 francophones sur l’l’Île-du-Prince-Édouard, notamment avec les Acadiens. Archives #ONfr

Le revers subi par les Franco-Ontariens fait-il craindre du côté des plus de 5 000 Acadiens présents sur l’île? «L’avantage, c’est que l’on a une loi qui inclut les services en français. Toute décision contre les services serait plus difficile. On a quand même force de loi et de règlement. Le pire qui pourrait nous arriver, ça serait que le gouvernement arrête d’augmenter le nombre de services désignés par la province.»

Les manifestations en dehors de l’Ontario se veulent un appui aux différents rassemblements ce samedi. Au total, une quarantaine de manifestions sont prévues devant des bureaux de députés, aux quatre coins de la province.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Sur le lieu des différentes manifestations de demain (document de la FCFA):

http://fcfa.ca/des-manifestations-de-solidarite-partout-au-pays-en-appui-la-francophonie-ontarienne/

Sur nos articles antérieurs avec le sujet des manifestations:

Les Franco-Ontariens du Sud se préparent aux manifestations

Plus de 4 000 personnes attendues aux manifestations

 

 

 

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.