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Des célébrations en vert et blanc aux quatre coins de la province

Temps de lecture : 7 minutes

Depuis 2010, le 25 septembre est la journée la plus symbolique de l’année pour les Franco-Ontariens. Dans toute la province, on célèbre le drapeau vert et blanc… et on revendique aussi. Tout au long de la Journée des Franco-Ontariens, ONFR+ était présent dans plusieurs endroits de l’Ontario pour faire vivre les événements.

Beaucoup de monde devant le monument à Queen’s Park

À quelques pas du monument de la francophonie, inauguré en grande pompe l’an dernier, le lever du drapeau à Queen’s Park a donné lieu, dès 10h, à une série d’allocutions des responsables politiques provinciaux francophones et francophiles. Le libéral John Fraser, le néo-démocrate Guy Bourgouin et le vert Mike Schreiner se sont successivement exprimé, entourés d’une foule d’élèves agitant des drapeaux vert et blanc.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a mis en exergue la construction de la Place des arts du Grand Sudbury et du Carrefour santé d’Orléans, deux projets soutenus par la province qui montrent que « la communauté contribue au développement de notre province via des projets de grande envergure qui auront un impact à long terme pour l’ensemble des Ontariens. »

Le président de l’AFO, Carol Jolin, devant Queen’s Park. Crédit image : Rudy Chabannes

Elle est aussi revenue sur la signature du protocole d’entente entre le gouvernement provincial et le fédéral concernant l’Université de l’Ontario français, « un grand projet de société relancé sur des bases plus solides ».

« C’est tout un accomplissement, ça fait 50 ans qu’on demandait cette université », a réagi Carol Jolin, portant un regard sur les défis à venir. « On demande une modernisation de la Loi sur les services en français. On va soumettre un document à Mme Mulroney, dans lequel on demande le retour de l’indépendance du Commissariat aux services en français. »

Glen O’Farrell nouveau conseiller en Affaires francophones et la ministre Caroline Mulroney au lever du drapeau. Source : Twitter AFOCSC

Le président de l’AFO a accueilli favorablement la nomination de Glenn O’Farrell en tant que conseiller en économie francophone du gouvernement.

« Il connaît bien la communauté. On a hâte de travailler avec lui pour stimuler l’aspect économique de la francophonie et le potentiel des gens d’affaires bilingues. »

Le drapeau hissé à l’hôtel de ville de Toronto

Non loin de l’édifice de Queen’s Park, la municipalité de Toronto a vu le drapeau franco-ontarien être mis en valeur, notamment en présence du maire John Tory. Ce dernier a proclamé le 25 septembre comme journée franco-ontarienne au sein de la Ville de Toronto.

Le maire John Tory, et le président de l’ACFO-Toronto, Serge Paul. Crédit image : Andréanne Baribeau

Environ 400 élèves étaient aussi de la partie pour l’événement.

« La Journée des Franco-Ontariens, ça représente un temps pour vraiment être fier d’être franco-ontarien et de vraiment démontrer qui on est », confiait à ONFR+ Madeleine Raué, élève de l’École élémentaire catholique Saint-Michel. « Mon souhait est vraiment que tout le monde soit accepté, que tout le monde ait la chance de parler en français. »

 
Les élèves rassemblés devant la municipalité de Toronto. Crédit image : Andréanne Baribeau

Pour clôturer cette Journée des Franco-Ontariens, ce soir, la Tour CN de Toronto s’illuminera en vert et blanc.

La nostalgie à Sudbury

Du côté de Sudbury, l’heure était à la nostalgie, d’autant que c’est ici – au mât de l’Université de Sudbury – que le drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois le 25 septembre 1975. Les deux instigateurs de ce drapeau, Gaétan Gervais et Michel Dupuis, sont décédés l’an dernier.

Présence d’élus et aussi de la DG de l’ACFO du Grand Sudbury, Joanne Gervais. Crédit image : Dominique Demers

La cérémonie a eu lieu aux alentours de 10h30 au même endroit que 44 ans en arrière, en présence de nombreux élus et de la directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury (ACFO du grand Sudbury), Joanne Gervais. L’occasion pour elle de rendre hommage à son frère Gaétan, rappelant avec émotion qu’il s’agissait de la première cérémonie « sans lui ».

Mohammed El Mendri, un étudiant marocain qui vit sa première année à l’Université Laurentienne. Crédit image : Dominique Demers

Sur place, beaucoup de participants, à commencer par Mohammed El Mendri, un étudiant marocain qui vit sa première année à l’Université Laurentienne.

« En fait, la Journée des Franco-Ontariens, c’est très représentatif pour moi, car ma seconde langue est le français… Je suis là, même si je ne suis pas Franco-Ontarien, je veux manifester ma présence. »

Et de poursuivre : « Ici, à la Laurentienne, on m’offre des études en français, non en anglais, et je peux vous dire que ça me plaît beaucoup. »

Un monument de la francophonie à St-Albert

Dans l’Est ontarien, les festivités revêtaient aussi un aspect particulier. C’est à St-Albert qu’on inaugurait, mercredi matin, le 17e monument de la francophonie. Un événement spécial auquel participait une foule d’élèves.

La construction de ce monument coïncide avec l’année du 125e anniversaire de la Fromagerie St-Albert. Le monument est situé entre le stationnement et le site réservé au Festival de la Curd, à quelques mètres de la coopérative.

Le monument de la francophonie de St-Albert, dévoilé mercredi matin. Crédit image : Stéphane Bédard

Le député fédéral, Francis Drouin, et son homologue provinciale, Amanda Simard, étaient notamment présents pour la cérémonie d’inauguration, tout comme Sophie Grégoire, l’épouse du premier ministre canadien, Justin Trudeau.

L’animateur et l’un des instigateurs du monument, François Bazinet, en a profité pour rendre hommage au militant Yves Saint-Denis, disparu il il y a quelques jours.

Les députés Amanda Simard et Francis Drouin, avec à droite Sophie Grégoire. Crédit image : Stéphane Bédard

« C’est à vous maintenant qu’on donne le flambeau », a quant à elle lancé la femme de Justin Trudeau.

Interrogée par ONFR+, la députée provinciale Amanda Simard qui siège désormais comme indépendante à Queen’s Park n’a pas manqué de faire un parallèle avec la crise linguistique de l’automne dernier.

« Des épreuves comme celles-ci rendent la communauté franco-ontarienne plus forte. Continuons de prendre notre place et de viser plus haut et plus loin ensemble ! »

Peterborough, des festivités pour une communauté « grandissante »

Du côté de Peterborough, à plus d’une heure de route Toronto, on célébrait aussi la fierté francophone. Un rassemblement d’environ 300 personnes a eu lieu, en présence des élèves de l’École catholique Monseigneur-Jamot et de l’école d’immersion St-Anne.

Une enseignante était parmi les participants. Crédit image : Aimé Majeau Beauchamp

Lors de son discours, la directrice de l’établissement Monseigneur-Jamot, Mélanie Bergeron Langlois, a souligné l’importance du mouvement de La Résistance pour la communauté francophone.

« L’histoire de la communauté franco-ontarienne, c’est une histoire de fierté, c’est une histoire à partager avec tout le monde. »

Suzanne Kememang de l’ACFO de Duhram-Peterborough. Crédit image : Aimé Majeau Beauchamp

La ville compte quasiment un millier de personnes dont la première langue maternelle est le français. Une communauté « grandissante », selon l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Durham-Peterborough.

Sa coordonnatrice des programmes, Suzanne Kememang, a d’ailleurs insisté sur la volonté de s’impliquer davantage à Peterborough.

Plus encore, l’AFCO et l’école Monseigneur-Jamot organisent en partenariat une exposition avec des artistes francophones directement dans les locaux de l’établissement. Le vernissage avait lieu en début d’après-midi.

Un « Carré de la francophonie » inauguré à Ottawa

C’est désormais fait. Le « Carré de la francophonie » à l’angle des rues Dupuis et du chemin de Montréal, à Vanier, est inauguré depuis mercredi soir. La Ville d’Ottawa a endossé la motion pour le choix du nom lors du conseil municipal en matinée.

La cérémonie en présence de nombreux candidats fédéraux. Crédit image : Stéphane Bédard

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, chargé de couper le traditionnel ruban, a fait part de sa satisfaction.

« Nous sommes dans une période importante pour la communauté. On refait le chemin Montréal et donc il y a plein d’initiatives, comme le Carré de la francophonie. Il est entendu qu’une grande proportion de Vanier est francophone et francophile. »

Deux femmes en échasses, deux artistes de la troupe Créations In Vivo, compagnie pluridisciplinaire d’Ottawa, ont aussi animé les festivités.

Des artistes de la troupe Créations In Vivo étaient aussi de la partie. Crédit image : Stéphane Bédard

À moins de quatre semaines des élections fédérales, la grande majorité des candidats dans Ottawa-Vanier avait fait le déplacement pour la cérémonie.

La construction du « Carré de la francophonie » débutera à partir de cet hiver pour une durée de quatre ans.

Kingston aussi en vert et blanc

La ville de Kingston a aussi participé aux célébrations franco-ontariennes, ce mercredi.

Près de 300 étudiants des quatre écoles francophones de la ville et d’une école d’immersion se sont rejoints sur les rives du Lac Ontario pour hisser le drapeau franco-ontarien en matinée, en compagnie du maire de la ville, Bryan Paterson, et du député provincial, Ian Arthur.

Le rassemblement franco-ontarien à Kingston. Gracieuseté.

Le musicien-chanteur Justin André a ensuite entamé l’hymne franco-ontarien « Notre place » en compagnie de la chorale de l’école Madeleine-de-Roybon.

Au parc de la Confédération, une cinquantaine d’étudiants du secondaire ont ensuite formé un drapeau humain reconstituant le drapeau franco-ontarien.

Le rassemblement franco-ontarien de Kingston filmé par un drone. Gracieuseté.

En soirée, l’hôtel de ville historique de Kingston, première capitale du Canada-Uni de 1841 à 1844,  a été illuminé en vert et blanc, pour clore les festivités.

Kingston compte près de 5 000 francophones sur une population totale de 125 000 personnes. La ville a été désignée région bilingue par le gouvernement provincial en 2009.

 

Article écrit par Sébastien Pierroz, avec la participation de Rudy Chabannes et de Jacques-Normand Sauvé, avec les informations d’Andréanne Baribeau, Éric Bachand, Aimé Majeau Beauchamp et Jean-Philippe Bélanger, et les images de Dominique Demers, Joanne Belluco, Antoine Pétin et Stéphane Bédard. 

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