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Des francophones inquiets par la victoire de Doug Ford

Le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Doug Ford.
Le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Doug Ford. Crédit image: Marc Whiteway

TORONTO – Contre toute attente, les militants du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario ont choisi Doug Ford comme nouveau chef. Rapidement perçu comme le candidat le moins proche des francophones, Doug Ford a suscité avec son élection de vives réactions dans la communauté. Mais les francophones ont-ils raison de craindre ce choix?

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

«C’est bien lui qui a dit que la maîtrise du français lui serait éventuellement utile pour parler avec son confrère, le premier ministre du Québec. L’idée ne lui est même pas venue que cela pourrait l’être, surtout, pour parler avec ses concitoyens franco-ontariens?», a commenté Francesco Paolo sur la page Facebook d’#ONfr.

«Aucun mot en français, malgré qu’à tous les jours à Toronto, j’entends le français dans la grande communauté de Toronto. Rien en Français!», a pour sa part déploré Norman Burns.

Des commentaires comme ceux-ci se lisent par dizaines au lendemain de la victoire de l’ancien conseiller municipal de Toronto, Doug Ford.

Pour Stéphanie Chouinard, politologue du Collège militaire royal du Canada, les francophones auront un travail d’éducation à faire auprès de M. Ford et son entourage pour mieux le sensibiliser aux enjeux de la communauté.

À la lumière des discours qu’il a tenus au cours de la campagne, Mme Chouinard doute néanmoins que les langues officielles en Ontario soient une priorité pour le nouveau chef, à l’heure actuelle.

«Ça sera important pour nos leaders communautaires de s’asseoir avec son équipe pour présenter l’avantage économique que représente la population francophone pour l’économie de l’Ontario», analyse-t-elle.


«Il ne faut pas tirer la sonnette d’alarme pour le moment, mais il y aura certainement un travail de socialisation de sa campagne au sujet des enjeux qui touchent les francophones.» – Stéphanie Chouinard


Mme Chouinard croit, par ailleurs, que la «marque de commerce» de la FordNation, les partisans du nouveau chef du Parti PC, est plus prompte à diviser qu’à unir, ce qui rendra sa tâche plus ardue comme leader du Parti PC.

La politologue note tout de même qu’il y a des points francophones dans la plateforme du parti et doute qu’il reste assez de temps avant la campagne pour la revoir en profondeur, ce qui donne espoir pour les partisans de l’Université de l’Ontario français, notamment.

À noter que selon les derniers sondages, près de 40 % des Ontariens sont prêts à accorder un mandat comme gouvernement au Parti PC.

Le nouveau chef du Parti PC et ancien conseiller municipal, Doug Ford. Crédit image: Archives #ONfr

L’AFO n’est pas inquiète

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, s’est dit prêt à travailler avec le frère du défunt maire de la Ville reine, Rob Ford.

«Les membres du Parti PC ont fait leur choix et nous, nous allons devoir travailler avec la personne qui a été élue, peu importe qui elle est», a-t-il indiqué en entrevue à #ONfr.


«Nous n’avons pas eu l’impression qu’il était fermé aux enjeux francophones, il nous a même assuré qu’il allait respecter la plateforme.» – Carol Jolin



M. Jolin espère pouvoir rencontrer M. Ford rapidement afin de le sensibiliser aux enjeux des Franco-Ontariens, dont l’Université de l’Ontario français et le manque de services gouvernementaux dans la langue de Molière.

M. Ford n’a cependant pas rempli le questionnaire envoyé par l’AFO à tous les candidats lors de la campagne.

Le nouveau chef du Parti PC, Doug Ford. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Des positions tranchées sur la francophonie

Dans une récente entrevue à #ONfr, Doug Ford s’est positionné sur plusieurs enjeux de la communauté, dont l’Université de l’Ontario français.


«Je pense qu’il est important de regarder le projet d’université de langue française.» – Doug Ford


M. Ford avait toutefois mis un bémol sur la somme à investir, préférant attendre de prendre le pouvoir avant de se prononcer.

À plusieurs reprises, il avait également affirmé son affection pour les francophones et avait indiqué qu’il était important de parler cette langue. Selon lui, les francophones sont «passionnés».

En début de course à la direction, M. Ford avait affirmé qu’il était important de parler le français dans le but de communiquer avec les Québécois.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Doug Ford est le nouveau chef du Parti PC

Le message de Doug Ford aux francophones

Les candidats conservateurs boudent le questionnaire de l’AFO

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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.