Passer au contenu Passer au pied de page

Des obstacles pour ouvrir l’UOF en 2021

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – Les programmes de l’Université de l’Ontario français (UOF) attendent toujours l’ultime feu vert de la province, alors que la future institution postsecondaire doit recruter ses étudiants pour la rentrée de septembre 2021.

Invité du Club canadien de Toronto mardi, le recteur de l’UOF, André Roy a semé le doute quant à l’avancée des étapes qui doivent conduire son institution vers une ouverture officielle le 7 septembre prochain.

« Nos programmes ont été approuvés, ce qui manque, c’est l’autorisation finale pour être capable de les activer », a-t-il répondu lors d’un échange animé par le journaliste d’ONFR+, Étienne Fortin-Gauthier.

Déposés auprès de la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire (PEQAB) une première fois en octobre 2018, les quatre programmes de l’UOF avaient de nouveau été présentés en avril dernier pour approbation.

« Une fois que l’évaluation sera terminée et que nous aurons apporté quelques changements, si nécessaires, le dossier sera transmis au ministère des Collèges et Universités pour approbation », expliquait alors le directeur du développement des programmes d’étude de l’UOF, Marc Johnson, en entrevue avec ONFR+.

Vérification faite, PEQAB a approuvé le plan de l’UOF, avec quelques changements, dont l’intitulé d’un des quatre programmes, Études de l’économie et des innovations sociales, qui a été modifié par rapport à sa version initiale.

« Nous avons eu très peu de corrections à faire et avons même reçu beaucoup de compliments », a assuré M. Roy au Club canadien de Toronto.

LES QUATRE PROGRAMMES DE L’UOF :

– Études des cultures numériques
– Études de l’économie et des innovations sociales
– Études des environnements urbains
– Études de la pluralité humaine

La décision est donc entre les mains du ministère des Collèges et Universités, comme le confirme le bureau du ministre Ross Romano.

« Le ministère des Collèges et Universités travaille actuellement sur l’approbation des programmes que l’UOF souhaite lancer et comprend leur importance pour l’université. Le ministère aura plus d’information pour l’UOF dans les semaines à venir », répond son équipe dans un échange de courriels.

L’objectif de septembre 2021 maintenu

Invité à fournir davantage de précisions, M. Roy dit espérer une formalisation dans les prochains jours.

« On sait que le ministre Romano a été très occupé avec la large consultation menée auprès des institutions postsecondaires. C’est un grand chantier qui prend beaucoup de son temps. De notre côté, on espère une finalisation dans les jours qui viennent. »

Le recteur indique qu’il y a « toujours des délais dans la création de programmes », mais reconnaît que si cette dernière étape tarde encore trois semaines ou davantage, il sera inquiet.

Au point d’envisager un report de l’ouverture de l’institution prévue en septembre 2021 ?

« Je n’en suis pas rendu là ! On maintient le cap. On savait dès le départ qu’on avait un échéancier serré. C’est sûr que plus ça tarde, plus ça nous met de la pression, mais on avance. Notre nouveau site web est quasiment prêt et on considère aussi se rendre plus visible dans les prochains jours, même si nos programmes ne sont pas encore formalisés. Les travaux avancent bien et respectent l’échéancier, on embauche aux postes clés, notamment aux services étudiants et pédagogiques. C’est sûr que chaque retard nous inquiète, mais on a de la ressource. »

Le recteur de l’Université de l’Ontario français, André Roy. Source : Site internet de l’Université Concordia

L’UOF devrait également publier quatre premiers postes de professeurs d’ici une dizaine de jours, qui seront chacun responsables d’un des programmes. Pour la rentrée de septembre 2021, huit autres professeurs permanents et 10 à 12 professeurs associés devraient compléter le corps professoral. Parallèlement, l’UOF réfléchit à développer des certificats plus courts dans certains domaines et un baccalauréat en Éducation qui ne sera toutefois pas disponible à l’ouverture en 2021.

Une campagne de recrutement chamboulée

Mais beaucoup de questions demeurent. Le coût des études à l’UOF n’est pas encore déterminé, même si M. Roy assure qu’il sera dans la lignée de ce qui se pratique dans la province tout en essayant de rester attrayant, et l’un des grands défis sera le recrutement.

En pleine pandémie, sachant que tant que les programmes ne sont pas complètement validés, il est impossible d’en faire la promotion, les obstacles s’accumulent.

« On est en train de mettre en place tout un plan de recrutement. On prévoit des tournées virtuelles et sommes déjà en contact avec des conseils scolaires. On va solliciter nos partenaires et toute la communauté franco-ontarienne », tempère M. Roy.

L’UOF vise une cohorte de 200 étudiants en 2021. Le temps presse pour se faire connaître auprès d’une clientèle largement sollicitée par des institutions déjà bien en place. Car entre le nombre d’inscriptions et le taux d’admission, les pourcentages ne sont pas les mêmes.

« Le taux de conversion dépend vraiment d’une institution à l’autre », explique François Thibeault, coordonnateur des admissions et recrutement des étudiants à l’Université Saint-Paul, et qui travaille dans le domaine depuis plus de 15 ans au Québec et en Ontario.

En forçant le virtuel, la pandémie offre toutefois des opportunités, croit-il, en permettant aux universités de rejoindre plus de monde et de cibler davantage.

À l’Université Saint-Paul, le recrutement commencera dans les prochaines semaines.

« En Ontario, c’est environ 10 à 11 mois avant le début des cours. La validation des inscriptions dépend ensuite de chaque institution. »

Des propos qui confirment le retard que pourrait prendre l’UOF.

Sans vouloir parler précisément du cas de cette institution, M. Thibeault se montre optimiste quant à la capacité d’attrait de nouveaux programmes.

« Quand la province valide de nouveaux programmes, c’est qu’ils répondent à un besoin. »

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
2+