Politique

Le français de Mark Carney s’est « amélioré immensément », selon Marc Miller

Marc Miller serre la main du premier ministre Mark Carney après avoir prêté serment comme ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des langues officielles lors de la cérémonie d’assermentation du Cabinet à Rideau Hall, à Ottawa, le lundi 1er décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang

OTTAWA — La fréquence à laquelle le premier ministre Mark Carney utilise le français ainsi que la qualité de sa maîtrise de la langue s’améliorent, estime le ministre des Langues officielles, Marc Miller.

C’est ce qu’a affirmé ce dernier devant le Comité des langues officielles qui poursuivait, mardi, son étude sur l’utilisation du français au sein de l’appareil fédéral et, plus particulièrement, par le chef libéral. On y a notamment appris que le premier ministre avait suivi 11 heures de cours de français entre son arrivée en poste en avril et le mois de novembre 2025. Ce dernier avait dû interrompre son apprentissage de la langue de Molière en raison du départ de sa professeure.

M. Carney se fait reprocher, notamment par les partis d’opposition, son manque d’utilisation de la langue française dans ses discours et ses allocutions officiels depuis son arrivée comme premier ministre.

« J’ai pu noter une nette amélioration de son utilisation du français », soutient Marc Miller, qui a fait son entrée au sein du cabinet il y a près de deux mois.

« Je pense que le premier ministre lui-même a reconnu qu’il pouvait faire mieux et qu’il devait montrer l’exemple. Je ne cache rien quand je dis que la qualité de son français s’est améliorée immensément au cours de la dernière année et qu’il y a encore mieux à venir », a mentionné M. Miller.

Cette étude, commandée par le comité, fait suite à la publication d’un article de Radio-Canada. Celui-ci révélait que seulement 17 % des discours du premier ministre étaient prononcés en français. L’ex-gouverneur de la Banque du Canada s’était justifié en avançant qu’il fallait également considérer la proportion des réponses données en français.

Les partis d’opposition à Ottawa ne font pas la même observation que le ministre des Langues officielles, estimant que la fréquence des discours du premier ministre en français n’a pas changé.

« Je ne vois pas le premier ministre améliorer l’utilisation et la qualité de son français. Je ne suis pas là pour juger la qualité, mais surtout l’utilisation, et ce, sur des sujets intéressants. Il ne faut pas banaliser le français en l’utilisant uniquement pour parler de la pluie et du beau temps », image le député conservateur Joël Godin.

« Il faudrait peut-être regarder les détails, mais en me basant sur les débats en Chambre, ma perception est qu’il n’y a pas eu d’amélioration. Il arrive encore que ce soit uniquement en anglais », affirme de son côté le député bloquiste Mario Beaulieu.

À son arrivée en poste, M. Miller avait suscité la controverse en affirmant être « tanné » du débat autour de la langue française au Québec, jugeant qu’il y avait une « politisation de l’enjeu ». Mardi, devant les députés du comité, il a dit percevoir au sein de la classe politique « qu’il y a parfois une surenchère pour savoir qui défend le mieux le français ».

« La réalité est que le français est menacé et je suis une personne qui va le défendre jusqu’à la fin de mes jours », a-t-il ajouté.