L'organisation de FrancoFest Hamilton annonce un changement de disposition dans le plan du site pour cette 45e édition. Photo : archive ONFR
Culture

FrancoFEST Hamilton : une programmation à l’image de sa francophonie

L'organisation de FrancoFest Hamilton annonce un changement de disposition dans le plan du site pour cette 45e édition. Photo : archive ONFR

HAMILTON – Du 19 au 21 juin prochain, le parc Gage vibrera au rythme de la FrancoFEST Hamilton, qui propose une 45e édition sous le signe de la diversité, du renouvellement et de la fierté francophone. Une programmation riche et éclectique qui reflète, selon son directeur général Lanciné Koulibaly, « le nouveau visage démographique » de la communauté.

Pour cette édition anniversaire, le Centre francophone Hamilton a fait un choix clair : adapter son offre culturelle à la réalité actuelle du terrain.

« Cette année, on a voulu faire une programmation qui reflète vraiment le nouveau visage démographique à Hamilton, parce qu’il y a plusieurs années, la majorité des francophones venaient de la France, de la République démocratique du Congo ou encore d’Haïti. Mais aujourd’hui, on a aussi une grande proportion d’immigrants francophones venus du Maghreb, avec beaucoup de Marocains et d’Algériens dans la région, donc il fallait en tenir compte », explique M. Koulibaly.

Longtemps marquée par ces communautés historiques, la francophonie locale s’est ainsi transformée au fil des années, portée par de nouvelles réalités migratoires que le festival cherche désormais à mieux représenter.

En plus de cette ouverture sur la culture de ces nouveaux arrivants, le festival demeure résolument éclectique, avec une programmation musicale variée allant du folk à l’électro, en passant par les musiques du monde et le R&B.

Talents émergents et artistes confirmés

Parmi les artistes attendus, plusieurs noms incarnent cette diversité artistique. Le vendredi, le public pourra découvrir notamment Véronique Bilodeau et Vaëlle, figures montantes de la scène pop francophone, avant de laisser place à Miro, considéré comme l’un des artistes marquants de la nouvelle génération, et au producteur électro SMPTY.

Le samedi, Mehdi Cayenne, co-porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie 2026, partagera l’affiche avec le Sénégalais Zale Seck, dont la musique navigue entre traditions et modernité.

La programmation fait également une place importante aux voix autochtones, une volonté assumée par l’organisation.

« Cette année, le festival tombe sur une période marquante pour la communauté autochtone, donc on essaie aussi de mettre cela en valeur en faisant passer une artiste autochtone », souligne Lanciné Koulibaly.

Une présence qui s’incarne notamment avec Makhena Rankin Guerin, artiste bispirituelle dont les performances s’inscrivent dans une démarche culturelle et spirituelle forte.

Le dimanche, le groupe franco-ontarien Ariko viendra clore les festivités avec une performance ancrée dans le patrimoine musical canadien-français.

Au-delà de la musique, la FrancoFEST mise cette année sur une expérience encore plus inclusive et intergénérationnelle.

« On a pris en compte les sondages qui nous demandaient plus d’activités pour les jeunes et pour les aînés », explique le directeur général.

Le site lui-même connaîtra des changements importants, avec une nouvelle configuration pensée pour améliorer l’expérience du public, notamment en réponse aux défis logistiques rencontrés lors des éditions précédentes.

Entre défis et ambitions

Malgré son succès, l’organisation du festival n’est pas sans défis. Le financement demeure une préoccupation constante, même si l’édition 2026 bénéficie d’un soutien renouvelé de plusieurs partenaires publics.

Autre enjeu : la concurrence d’autres événements organisés à la même période, notamment à Toronto, ainsi que la tenue simultanée de matchs de la Coupe du monde, qui pourraient influencer l’achalandage.

Malgré cela, l’équipe reste confiante. L’objectif est clair : attirer environ 6000 personnes sur le site durant les trois jours de festivités.

Les bénévoles au cœur du festival

Comme de nombreux événements communautaires, la FrancoFEST repose en grande partie sur l’engagement de ses bénévoles.

« Ce sont nos bras valides… sans eux, le festival ne peut pas avoir l’impact qu’il a », insiste Lanciné Koulibaly.

L’an dernier, plus de 150 personnes avaient manifesté leur intérêt, même si une soixantaine seulement avaient pu être retenues. Pour plusieurs, notamment les nouveaux arrivants, le bénévolat représente une porte d’entrée vers l’intégration et le réseautage.

« Ça leur permet de briser l’isolement, de pratiquer la langue et d’avoir une expérience canadienne », ajoute-t-il.

Lanciné Koulibaly a commencé en tant que bénévole à FrancoFEST en 2017 et est désormais à la tête de l’événement depuis deux ans. Photo : Rachel Crustin/TFO

45 ans de fierté et d’engagement communautaire

Pour Lanciné Koulibaly, cette édition anniversaire dépasse largement le cadre d’un simple événement culturel.

« Ça représente 45 ans d’histoire, 45 ans d’évolution… 45 ans de fierté aussi », affirme-t-il.

Depuis ses débuts, la FrancoFEST s’est imposée comme un moment clé pour la communauté francophone de Hamilton, un espace où l’on peut « écouter de la musique uniquement en français et parler sur le site uniquement en français », souligne-t-il.

Gratuite et accessible, elle continue de jouer un rôle essentiel dans la vitalité culturelle de la région, attirant des milliers de visiteurs chaque année.